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Fanta Gueye Ndiaye, présidente de l’Ajs.

Un atelier de renforcement des capacités sur les procédures de justice juvénile se tient depuis hier à Dakar. L’objectif fixé à travers son organisation est d’assurer la protection des enfants surtout en conflit avec la loi selon l’Association des juristes sénégalaises (Ajs) qui en est l’initiatrice.

La procédure de justice juvénile a besoin d’être vulgarisée pour être mieux connue  du grand public. C’est ce qui motive l’organisation d’un atelier de deux jours  sur la question. Orga­nisée  par l’Association des juristes sénégalaises (Ajs), la rencontre a démarré  hier aux Résidences Mamoune.  La présidente de l’Ajs revient sur l’importance que revêt cette procédure de justice juvénile qui assure le confort aux enfants. «Elle est adéquate, c’est une procédure méconnue. C’est tout l’intérêt de cet atelier. Le premier module que nous allons faire porte sur cette procédure juvénile. Cette procédure existe pour la protection des enfants. Nous allons échanger avec les acteurs. Nous avons la police ou la gendarmerie qui interviennent en premier lieu.  Nous voulons la vulgariser pour que ça soit plus connu», a indiqué la présidente de l’Ajs, Madame Fanta Guèye Ndiaye, lors de l’ouverture de cet atelier présidé par le ministère de la Justice.
Visant  à renforcer les capacités de l’ensemble des  acteurs intervenant dans le domaine de la protection des enfants en conflit avec la loi, à savoir ceux des ministères de la Justice, de l’Intérieur, de la Société civile et des centres de réinsertion, cet atelier a pour finalité d’améliorer les conditions d’incarcération des enfants sur la base de recommandations issues de cette rencontre.
Jugeant très élevé le nombre d’enfants contenu dans le rapport 2014 de  l’administration pénitentiaire faisant état de 1 781 enfants incarcérés à la prison du Fort B dont 48 filles, Madame Fanta Guèye Ndiaye soutient que les enfants en situation de rue ne seront pas en reste car l’atelier se  penchera sur leur cas. Dans la mesure où ces derniers, souligne-t-elle, «sont de potentiels enfants en conflit avec la loi parce que livrés à eux-mêmes et subissant souvent des violences dans la rue». Malgré la volonté politique de l’Etat d’assurer aux enfants la garantie du respect de leurs droits en ratifiant la plupart des conventions comme la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (Cde), la Charte africaine des droits et bien-être de l’enfant (Cadbe) et la mise en place de plusieurs dispositions juridiques dont la Constitution du 22 janvier 2001, la présidente de l’Ajs constate que «les résultats sont encore loin de donner pleinement le niveau de satisfaction dans le cadre de la protection de l’enfance».  «Le problème des enfants en situation de rue est un véritable phénomène de société au Sénégal et entièrement lié à celui des enfants mendiants. En 2014, le rapport sur la traite des personnes du département d’Etat américain indiquait que 32 000 enfants étaient forcés à mendier  dans les rues de Dakar. Sachant que les estimations iraient jusqu’à 70 mille enfants victimes de ce phénomène»,  lit-on dans le document de presse.
Selon toujours le document, «l’article 20 de la Constitution stipule que les parents ont le droit naturel et le devoir d’élever leurs enfants. Ils sont soutenus, dans cette tâche, par l’Etat et les collectivités publiques. La jeunesse est protégée par l’Etat et les collectivités locales contre l’exploitation, la drogue, les stupéfiants, l’abandon moral et la délinquance».
Une des animatrices de cet atelier, la présidente au Tribunal d’instance de Pikine, Madame Aïssétou Kanté Faye, présidente de la commission du droit des enfants à l’Ajs, a indiqué que cette rencontre vient à son heure, dans la mesure où l’atelier va aider à baisser le nombre d’enfants incarcérés. Le juge, selon elle, «ne cherche pas à condamner l’enfant mais à le réinsérer car l’enfant est l’avenir du pays».

Face à  la violence au Sénégal : «La peine de mort n’est pas la solution», selon la présidente de  l’Ajs

La présidente d’Ajs soutient mordicus que la peine de mort ne constitue pas un moyen pour combattre «la violence» notée ces temps-ci au Sénégal sur fond d’une série de meurtres dont celui ayant valu la perte de Fatoumata Makhtar Ndiaye, 5e vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese). «Nous sommes contre la peine de mort en tant que organisation des droits humains parce que la peine de mort pour nous n’est pas une solution», a tranché net Mme Fanta Guèye Ndiaye.
Poursuivant sa plaidoirie, la présidente de l’Ajs sert ceci : «La peine de mort peut ressembler à de la vengeance. Parce que quand un acte grave est commis, les gens sont gagnés par l’émotion. C’est peut-être parce qu’ils sont animés par l’esprit de vengeance.» La démarche la plus indiquée pour faire face à la violence est de sensibiliser les populations par rapport aux conséquences que peut engendrer «cet acte barbare». «Il faut agir sur le mental des populations, sur l’éducation», a-t-elle préconisé pour prendre le contre-pied de ceux qui réclament que la peine de mort soit remise au goût du jour, après la décision prise en 2014 par le Président Wade de la faire abolir au Sénégal. La présidente de l’Ajs demande de  s’en remettre à l’arsenal juridique dont dispose le Sénégal pour venir à bout de cette montée  de la violence au Sénégal. Avant de soutenir que sa structure a toujours alerté contre la recrudescence de ce phénomène dont souvent sont victimes les femmes et les enfants.
ambodji@lequotidien.sn

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