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Une conférence conjointe entre l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) et l’Université de Caroline du Nord Chapel Hill dénommée «Zikr : Situer la performance soufie», s’est ouverte hier lundi à l’université de Dakar. Sur initiative du ministre conseiller Youssou Ndour, ce colloque qui se déroule sur trois jours vient donner une dimension académique au festival de zikr dénommé «Sa­lam». «Je leur ai soumis mon souhait de donner une dimension académique et intellectuelle au festival. J’étais et je reste convaincu qu’il est besoin de réfléchir sur le thème du soufisme», a fait savoir M. Ndour dans son allocution d’ouverture. «J’adresse mes remerciements pour avoir donné au festival ‘’Salam’’ cette dimension essentielle quand on veut bâtir des consciences et consolider la foi», a poursuivi le ministre con­seiller, s’adressant au universitaires ayant matérialisé son souhait. Carl Ernst de l’Université de Caroline du Nord a salué «le colloque qui vient en appoint au festival ‘’Salam’’», appelant à une plus grande coopération entre universitaires pour mieux cerner ces problèmes dont on ne parle pas souvent dans les sphères universitaires. «En nous ouvrant de ce fait à la société, nous corrigeons une erreur que nous avons commise depuis la naissance de notre université», a soutenu le recteur de l’Uni­versité de Dakar. «Notre enfermement dans la laïcité à la française nous a empêchés de mettre en place un département ou une faculté dédié aux études religieuses», a soutenu Pr Ibrahima Thioub dans son allocution d’ouverture avec la conviction que «le zikr soufi peut être d’une grande contribution pour trouver les solutions sur les incompréhensions sur l’islam». A travers ce propos, M. Thioub a dit reprendre un vieux reproche de l’historien David Robinson, spécialiste de la vie et l’œuvre de El Hadj Oumar Foutiyou, lorsqu’il recevait le titre d’Honoris causa décerné par l’Ucad. Revenant sur l’objet de la rencontre, le recteur de dire : «La communauté universitaire se réjouit de pouvoir porter le regard des sciences sociales et humaines sur une pratique consubstantielle à la mémoire et à la spiritualité des populations de la communauté sous africaine, majoritairement musulmane et soufie : le zikr, une pratique d’une si grande envergure qu’elle se confond avec le patrimoine populaire sous les registres de la musique religieuse, de la danse et bien sûr de la communion collective.» Histoire du soufisme dans la littérature médiévale arabe et persane, le spectacle tunisien El Hadhra, pratiques spirituelles soufies en Asie centrale chinoise, rituel mevlevîyye et d’autres thèmes sur les écrits des guides religieux locaux seront au menu des trois jours du colloque qui, pour la journée d’ouverture, s’est tenu en présence d’un maigre public.
abndiaye@lequotidien.sn

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