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L’Union des magistrats du Sénégal (Ums) continue de toujours décrier la réforme du système judiciaire. Hier matin avant le passage du ministre de la Justice Sidiki Kaba à l’Assemblée nationale, elle a mis les députés devant le sens de la responsabilité sur une réforme qui ne fait pas con­sensus. Magatte Diop et Cie étaient en point de presse ce lundi au Palais de justice Lat-Dior de Dakar.

Hier après-midi, le ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba, était à l’Assemblée nationale pour le vote du projet de loi portant réforme de la magistrature. Auparavant, l’Union des magistrats du Sénégal (Ums) a fait face à la presse pour interpeller les députés. La cause, l’Ums conteste certains points du projet de loi organique sur le Conseil supérieur de la magistrature (Csm) et celui relatif au statut des magistrats. Sur cette réforme judiciaire, Magatte Diop et Cie ont exhorté les parlementaires «à ne pas endosser cette responsabilité consistant à avaliser une ré­for­me foncièrement injuste». L’Ums continue de dénoncer «avec fermeté le caractère discriminatoire d’une telle mesure».
Dans cette réforme en son article 65, l’âge de la retraite du Premier président de la Cour suprême, du Procureur général de ladite Cour, des présidents de Chambre de ladite Cour et des Premiers présidents des Cours d’appel et des Procureurs généraux près lesdites Cours a été augmenté. Pour l’Ums, les modifications apportées dans le texte «sans aucune consultation au préalable» et qui ne concernent que 18 magistrats sur 500 environs risquent de diviser la magistrature en deux blocs. «Attention ! Vous êtes en train de vous immiscer dans un pouvoir, parce que pour moi le simple fait de vouloir imposer une réforme aux acteurs de la Justice peut être analysé comme une intrusion manifeste», dixit Magatte Diop à l’endroit de l’Etat. Pour lui, les magistrats sont conscients de leur rôle et l’assument.
Et par conséquent, ici «il ne s’agit pas d’une loi sur le bail à usage d’habitation, d’une loi sur le vol de bétail, d’une réglementation sur le prix du pain. Mais il s’agit des textes qui vont fondamentalement changer l’état de la magistrature», dit-il.
Pour rappel, le projet de loi organique qui fait débat entre le pouvoir exécutif et celui judiciaire a été adopté le 2 novembre dernier lors de la réunion du Conseil des ministres.  Dès lors, le Premier président de la Cour suprême, Mamadou Badio Camara, et certains de ses collègues hauts magistrats bénéficient d’une dérogation. L’âge de la retraite pour leur cas est de 68 ans au lieu de 65 pour les autres.

Conséquences du bras de fer Etat-magistrats : L’Ums saisit l’Uim sur la candidature sénégalaise
Le bras de fer entre magistrats et Etat du Sénégal risque de faire perdre à notre pays certains privilèges au niveau africain. C’est le cas de la candidature du Sénégal pour l’organisation de la réunion du groupe régional africain qui regroupe tous les magistrats africains, un démembrement de l’Union internationale des magistrats (Uim). Après avoir plaidé la candidature sénégalaise, le bureau exécutif de l’Ums indique : «Dans ce contexte, nous avons pris la ferme décision de renoncer à l’organisation de cette rencontre.» Une correspondance «imminente» est adressée au secrétaire général de l’Union internationale des magistrats au sujet de cette décision.

msakine@lequotidien.sn

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