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Chef-Projet-SIGIF

Après avoir internalisé toutes les six directives de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, le Sénégal avait cinq ans pour appliquer leur mise en œuvre. Mais compte tenu de quelques imperfections qu’il fallait corriger, ce délai a été différé à 2020. Aujourd’hui, les conditions requises pour la mise en œuvre de cette réforme semblent réunies. Selon le chef de l’équipe du Système intégré de gestion des informations financières (Sigif), le Sénégal est maintenant prêt. Tout de même, précise Ibrahima Faye, «cette réforme des finances publiques cache une réorganisation en profondeur de l’Administration. De nouveaux acteurs doivent porter la performance. On parle de déconcentration de l’ordonnancement, c’est-à-dire les ministres vont être des ordonnateurs principaux de leurs dépenses. Ils doivent déléguer cette gestion à des responsables de programme qui, eux-mêmes, doivent s’assurer des résultats à atteindre. Donc, il y a un nouvel acteur qui est là, qui est le responsable de programme». L’expert en Sigif estime ainsi que ces responsables de programme doivent être bien identifiés, outillés, afin de pouvoir opérationnaliser ce qu’on appelle la Gestion axée sur les résultats (Gar). «Dans chaque ministère, il y a des acteurs qui connaissent l’historique du ministère, qui ont les compétences requises. C’est ceux-là qu’il faut responsabiliser, choisir pour qu’ils portent les résultats des ministères», suggère M. Faye. Il intervenait hier, lors d’un atelier d’échange avec la presse économique sur le Sigif.
Un outil qui a pour objectif de mettre à la disposition des acteurs des finances publiques un système intégré permettant de construire l’ensemble des documents budgétaires, de gérer le budget en mode programme. «Le Sigif permet de mettre en œuvre l’ensemble des six directives de l’Uemoa qui ont été internalisées dans le droit positif sénégalais depuis 2012», indique M. Faye.
Sur lesdites directives, l’expert rappelle que la première est relative au Code de transparence qui insuffle la transparence dans la gestion des finances publiques. La directive n°2 est relative à la Loi organique relative à la Loi de finances (Lf), qui institue une nouvelle façon de voir le budget. La troisième directive concerne le Règlement général sur la comptabilité publique (Rgcp). Ensuite, il y a la nouvelle Nomenclature budgétaire de l’Etat (Nbe). Et à côté, il y a le Plan comptable de l’Etat (Pce) qui permet de définir le plan comptable de l’Etat et la directive du Tableau des opérations financières (Tof).
Cet arsenal de six directives, qui constitue le nouveau cadre harmonisé des finances du Sénégal, sera mis en application à partir de 2020, soutient l’expert. Et d’ajouter que le Sigif va rendre toutes ces directives opérationnelles. Par ricochet, cela donnera une meil­leure transparence dans la gestion des deniers publics.
dialigue@lequotidien.sn

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