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Ababacar Sadikh Bèye, Dg de l’Ansd.

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) va remettre de l’ordre dans le système statistique national. Son directeur Ababacar Sadikh Bèye a annoncé que le nouveau système sera basé sur une dizaine de structures au lieu de 119.

Le Sénégal a fait de grandes avancées en modernisant son Système statistique national (Ssn). Mais selon le ministre de l’Economie, des finances et du plan, Amadou Ba, «beaucoup reste à faire». Et pour remettre de l’ordre dans le secteur, les autorités ont décidé de rationaliser le système de collecte et de production des données statistiques. C’est là une des mesures fortes adoptée par la 3e session ordinaire du Conseil national de la statistique qui s’est tenu hier. «Nous avions un système statistique à deux vitesses», informe le directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) Ababacar Sadikh Bèye. «Les statistiques nous provenant des sectoriels n’avaient pas toujours la qualité attendue. Et cela est principalement dû au fait que 119 structures, c’est beaucoup. Mais ces structures ne sont pas dotées de moyens financiers ni de ressources humaines qualifiées», explique M. Bèye. Ainsi, le Ssn va passer de 119 à une dizaine de structures. «Une centralisation de la production avec une phase pilote qui va concerner un certain nombre de pôles, notamment le pôle agriculture, le tourisme etc.», précise M. Bèye qui souligne que l’option retenue est de créer des directions d’analyse, de prospective et d’études approfondies comme la Direction de la planification et des études économiques (Dpee). Il s’agit également, dit-il, «de délester les ministères sectoriels de la lourdeur de la production statistique et de leur fournir toutes les données dont ils ont besoin pour définir les politiques». Cette mesure va ainsi permettre de centraliser et de rationaliser le système statistique du pays. Ce, à un moment où l’Ansd doit faire face à de grands défis. Selon M. Bèye, le Ssn doit relever le défi de renseigner les indicateurs du Plan Sénégal émergent (Pse), ceux de la décentralisation, des Objectifs de développement durable (Odd) où seuls 31% des indicateurs sont renseignés, de l’Agenda 2063, mais aussi dans la perspective de l’adhésion du Sénégal à la Norme spéciale de diffusion des données du Fonds monétaire international (Fmi). Des défis qui ne pourront être relevés qu’avec la mise en place prochaine du fonds de développement de la statistique, assure M. Bèye.
Autre mesure sur laquelle les acteurs se sont accordés, c’est de mettre en œuvre toutes les conditions nécessaires à la réalisation du Recensement général de l’élevage dont le coût global est estimé à 6 milliards de francs Cfa. Un recensement qui s’impose, selon le ministre de l’Elevage, Mme Aminata Mbengue Ndiaye, qui informe que depuis les indépendances, son département travaille sur des estimations. La tenue de ce 3e Conseil national de la statistique démarre la deuxième phase de réforme du Ssn. Pour le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne, cela obéit à des impératifs de transparence dans les politiques publiques, mais aussi de modernisation. «Les pratiques statistiques ont évolué, les opérations sont plus nombreuses avec plus de précisions et moins de temps», constate le Premier ministre.

mamewoury@lequotidien.sn

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