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Dans le cadre de la mise en œuvre de la loi relative au Partenariat public privé (Ppp), il est prévu la création d’une unité nationale d’appui à toutes les autorités contractantes, d’après le ministre de l’Econo­mie, du plan et de la coopération, Monsieur Amadou Hott, qui était l’invité du «Grand jury» de la Rfm.

Le projet de loi de réforme des partenariats publics-privés (Ppp) sur lequel travaille le ministre de l’Economie, du plan et de la coopération, M. Amadou Hott, depuis son avènement au gouvernement en avril 2019, est presque finalisé. Il sera très prochainement présenté en Conseil des ministres pour son adoption, avant d’être présenté aux députés pour son examen, selon le ministre Hott qui était hier l’invité du «Grand jury» de la Radio futurs médias (Rfm).
Dans le cadre de cette nouvelle loi dont «les décrets d’application sont pratiquement terminés», il est prévu une batterie de mesures phare. «Nous allons créer une unité nationale d’appui au Ppp qui va appuyer toutes les autorités contractantes, que ce soit l’Etat, les entités publiques et les collectivités territoriales qui pourront désormais faire plus de Ppp. Cette unité composée d’experts financiers, de juristes, d’ingénieurs va appuyer tout le monde dans la négociation, la préparation, la conception des projets et même dans la structuration du financement pour que le privé puisse investir», explique Amadou Hott.

Série d’innovations
Le Sénégal est un pionnier des Ppp en Afrique francophone avec plusieurs réalisations en cours depuis de nombreuses années, à l’instar de l’autoroute Dakar-Diamniadio, construite avec le groupe français Eiffage. Autre Ppp, celui de la concession pour vingt-cinq ans du Port autonome de Dakar au groupe émirati Dp world.
Ce partenaire, selon le ministre de l’Economie, doit déménager au port de Ndayane qui est un projet de plus de 800 millions de dollars.
A ce propos, précise M. Hott, «nous allons finaliser les négociations très prochainement. C’est un Ppp, mais la majorité des financements, c’est le partenaire qui va l’apporter. Et le Sénégal sera un actionnaire important de ce port, alors qu’aujourd’hui nous n’avons que 10% via le Port autonome de Dakar (Pad). L’instruction du président de la République c’est d’aller jusqu’à 40% pour qu’on puisse bénéficier davantage des retombées de ce port qui sera stratégique dans notre pays. A part cela, nous avons deux autoroutes à péage, notamment l’autoroute Thiès-Tivaouane-Saint-Louis qui sera en Ppp. Ce sera sur 177 km pratiquement. C’était la Côtière, mais on l’a déplacée un peu». Le ministre explique que cette emprise se trouve dans la zone des Niayes, une zone humide, où il y a beaucoup d’agriculture et le gouvernement ne veut pas déranger cette économie agricole, parce qu’une autoroute à péage aura un impact sur les terres. «On l’a déplacée pour éviter les Niayes, mais l’innovation c’est de faire un Ppp. Avant, on devait s’endetter pour faire le projet. Comme c’est un projet qui peut être rentable, on a décidé de le faire en Ppp avec le secteur privé», ajoute M. Hott.
Au-delà de ces routes, il y a le chemin de fer Dakar-Bamako qui est une priorité pour le gouvernement. «Nous allons réhabiliter le chemin de fer au moins jusqu’à Tamba et après y faire un port sec pour que les camions qui devaient venir du Mali jusqu’à Dakar ou Ndayane s’arrêtent à Tamba. Ça va nous permettre de polariser l’économie dans cette partie sud-est du Sénégal en tenant compte de la Guinée Conakry, de la Guinée Bissau et du Mali aussi. C’est un projet intégré phare auquel la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement (Bei), l’Union européenne (Ue) entre autres partenaires, s’intéressent. Les financements sont sécurisés, mais il faut juste finaliser les études de faisabilité, après faire les appels d’offres pour recruter les constructeurs», indique-t-il.
La réduction du montant minimal pour faire des offres spontanées va aussi constituer une nouveauté. Aujourd’hui, assure M. Hott, «on parle de 50 milliards de francs Cfa, mais nous allons réduire drastiquement». La dernière mesure phare, c’est la possibilité pour les collectivités territoriales de faire des Ppp et de se constituer en groupements de collectivités pour soumettre des projets d’un volume un peu plus important, permettant d’attirer plus d’investisseurs.
L’Etat proposera également aux députés la mise en place d’un fonds de préparation et de structuration de maturation de projets qui sera en majorité abondé par les partenaires au développement en dons. Et le ministre d’argumenter : «Si on n’a pas la possibilité de bien préparer les projets, de faire toutes les études, la structuration, on ne pourra pas inciter nos privé national à investir et on ne pourra pas non plus inciter le privé international. Pour appuyer le privé national, il est aussi prévu la mutualisation de tous les instruments de soutien à la Pme, à l’entreprise. Le travail a été amorcé et on verra les résultats très bientôt.»

Le Pres exécuté à 80%
Interpellé sur l’exécution du Programme de résilience économique et sociale (Pres), Amadou Hott affiche un taux d’exécution de 80%. «Il y a encore quelques dépenses à finaliser. Le président de la République nous a donné l’instruction de clôturer très prochainement toutes les actions du Pres», dit-il.
Sur le Train express régional (Ter), le ministre de l’Economie, du plan et de la coopération réaffirme le démarrage de la rotation pour 2021. «Avec le Covid-19, beaucoup d’experts qui devaient venir au Sénégal finaliser certains travaux n’ont pas pu faire le déplacement. C’est maintenant seulement qu’ils sont en train de revenir. C’est un projet majeur, une technologie de pointe, et le Sénégal seul ne pouvait pas faire le projet», précise-t-il.

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