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Amadou BA

Le Sénégal doit passer au budget programme en 2020. Mais dès cette année, certains ministères vont expérimenter la déconcentration de l’ordonnancement budgétaire.

Conformément aux directives de l’Union économique et monétaire ouest africain (Uemoa), le Sénégal va migrer en 2020 vers un nouveau système de gestion des finances publiques. Il s’agira à cette date de mettre en œuvre la déconcentration de l’ordonnancement budgétaire. Pour bien préparer cette échéance, quelques ministères ont été choisis pour tester ce nouveau système dès cette année, informe M. Malick Cissé, chef du Bureau coordination et suivi de la Cellule d’évaluation de performance (Cep) du Ministère de l’économie, des finances et du plan (Mefp). Selon M. Cissé qui s’exprimait à l’occasion de l’atelier de validation du rapport de la revue annuelle 2018 du Mefp, il s’agit des ministères des Finances, de l’Education, de la Santé, de la Justice et de l’Environnement. «Nous sommes à deux années de l’application de la directive de l’Uemoa portant sur les budgets programmes. Il nous faudrait tester le dispositif pour pouvoir déceler les contraintes avant de basculer dans l’application», indique-t-il.

Encours de la dette
En 2017, l’encours de la dette était de 5 848,5 milliards contre 5 312,1 pour l’année précédente. Durant cette même période, il a progressé de 10% et représente aujourd’hui 61,24% du Produit intérieur brut (Pib). «Le Sénégal gère de manière prudente sa dette publique même si nous constatons une évolution par rapport à l’année 2016», indique M. Cissé en précisant que l’analyse de viabilité effectuée par le Fonds monétaire international (Fmi) et le Sénégal montre que le pays garde un profil de pays à surendettement faible. «Les statistiques montrent que nous sommes toujours en dessous du critère de l’Uemoa qui est de 70%», souligne M. Cissé qui ajoute que la dette du pays est constituée à 78% par la dette extérieure. En 2018, la croissance du Sénégal est attendue à 7%. «L’activité économique de­vrait rester dynamique avec une croissance projetée à 7%, une inflation à 2,2% et un déficit budgétaire de 3,5%», souligne M. Cissé. En 2017, ce déficit était de 362,2 milliards pour des recettes de 2 376,6 milliards et des dépenses de 2 738,8 milliards de francs Cfa.

Elargissement assiette fiscale
La revue sectorielle est un exercice instauré pour l’ensemble des départements ministériels. Mais au Mefp, elle permet «de rendre compte de l’état d’avancement de la mise en œuvre de la politique économique et budgétaire», souligne le secrétaire général du Mefp, M. Bassirou Niasse. «La présente session va nous permettre également de mettre en exergue les progrès réalisés en 2017 en matière de gestion des finances publiques et de gouvernance économique, d’identifier les principales contraintes rencontrées dans la mise en œuvre de la politique sectorielle, d’explorer les tendances générales pour l’année 2018 et de formuler des recommandations pertinentes à même d’améliorer l’efficacité de nos interventions», souligne M. Niasse. C’est ainsi qu’il exhorte ses collègues à œuvrer en faveur d’une meilleure mobilisation des ressources internes par le biais de l’élargissement de l’assiette fiscale. En effet, le recensement général des entreprises, réalisé par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), a montré que 97% des entreprises sont informelles. Ces chiffres laissent entrevoir toute les possibilités existantes pour l’élargissement de l’assiette fiscale. «Des efforts devraient être faits en ce sens pour les rendre d’abord formelles et ensuite renforcer leurs capacités techniques et financières pour qu’elles puissent contribuer aux recettes fiscales», souligne M. Cissé.
mamewoury@lequotidien.sn

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