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L’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) ambitionne de mettre en place un Ordre des spécialistes en passation des marchés publics. Ce, afin de mieux valoriser la compétence des spécialistes du secteur.

L’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) envisage de mettre en place un Ordre des spécialistes en passation des marchés publics. L’annonce a été faite hier, par le directeur général de cet organe. «On est en train de réfléchir à la mise en place d’un Ordre des spécialistes en passation des marchés publics. On est en train de préparer tout cela en essayant de valoriser la compétence des spécialistes intervenant dans le secteur. Il y en a beaucoup avec une bonne compétence, une bonne compréhension, mais cela n’a pas été reconnu ou valoriser à travers un diplôme», a expliqué Saër Niang à l’occasion de la cérémonie de remise de diplômes d’accréditation en manager spécialiste de passation des marchés et de master en management et régulation des marchés publics. Pour pallier ce manquement, les acteurs du secteur s’orientent vers des formations pointues et spécifiques qui reconnaissent et valorisent les connaissances et les compétences des uns et des autres. C’est en ce sens que s’inscrit la mise en place d’un master en passation de marchés publics et la formation en accréditation des spécialistes en passation de marchés publics dont les récipiendaires au nombre de 139 ont reçu hier leur parchemin des mains du ministre de la Formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’artisanat, Mamadou Talla. «Nous sommes en train d’avoir un vivier assez consistant de spécialistes qui permettra demain de bâtir un Ordre des spécialistes», a soutenu Saër Niang.

 La commande publique estimée à plus de 1 900 milliards en 2016
Revenant sur l’importance des formations, le Dg de l’Armp indique que la commande publi­que a changé de vocation. Dans le passé, souligne-t-il, «c’était un instrument administratif qui gérait des procédures, des con­ten­tieux, des urgences. Au­jour­d’hui, c’est devenu une fonction stra­tégique».  «C’est un instrument, un mécanisme qu’on doit uti­liser pour le développement économique et social de notre pays». En 2007, rappelle-t-il, la commande publique tournait autour de 500 milliards dans l’année alors qu’en fin 2016, elle a été estimée à plus de 1 900 milliards. «Il y a un véritable changement de paradigme. Aujourd’hui on essaie d’intégrer dans le processus d’achat des vocations qui cherchent à résoudre les problèmes de la société, notamment la création d’emploi, les problèmes écologiques», soutient Saër Niang. «On essaie d’inciter les entreprises qui soumissionnent à proposer des produits qui respectent l’environnement, … de manière à ce que l’achat public contribue à résoudre les difficultés auxquelles les sociétés sont confrontées», précise M. Niang. Pour réussir ce passage de la dimension administrative à celle stratégique des  marchés publics, il faut absolument, selon lui, mettre l’accent sur la formation, avoir des spécialistes aguerris ayant une bonne compréhension de la mécanique de passation de marchés, mais également de l’esprit, des objectifs et des options de l’orientation des marchés pu­blics. Le Dg de l’Armp estime que la fonction marché public ne peut plus être abordée simplement sous l’angle de «je vais acheter des ventilateurs ou des grou­pes électrogènes, mais quand j’achète des groupes électrogènes, je regarde les inconvénients que le fonctionnement de la machine peut apporter et qui peut me proposer des produits qui vont juguler l’effet pervers des produits qu’on veut acquérir».
ksonko@lequotidien.sn

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