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La restitution du stade Assane Diouf aux populations tarde toujours à se concrétiser. Plus d’un an après la déclaration publique du président de la République, les choses trainent toujours concernant la réhabilitation de cette infrastructure. Le Quotidien est retourné sur le terrain.

En juillet 2016, le président de la République, Macky Sall, à la sortie du Conseil des ministres décentralisé de Pikine, avait fait une annonce importante : «Je décide de retourner le stade Assane Diouf de Dakar à la jeunesse. Il y sera érigé un nouveau stade de 20 milliards. Cela va mettre un terme au conflit avec la jeunesse.» Avant d’ajouter : «Et nous verrons comment, avec les acteurs, mettre en œuvre cette décision importante.»
Une décision salutaire car considérée par les contestataires d’alors comme étant à la fois la réparation d’une injustice, l’aboutissement d’un combat mené depuis douze ans, une revanche sur l’histoire et la matérialisation d’une promesse électorale de Macky Sall, candidat à l’élection présidentielle de 2012.
Le «collectif René Sanchez pour la sauvegarde du stade Assane Diouf», créé à Rebeuss en 2004 par Lamine Diack et Cie avait finalement eu raison sur les promoteurs du projet «Kawsa­ra».
L’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme amateur (Iaaf), par ailleurs président d’honneur de l’Asc Khandalou de Rebeuss, quartier abritant le stade Assane Diouf, avait, en son temps, jugé «inopportune» la démolition du stade estimant que cela «est tout simplement une hérésie». Lamine Diack avait aussi regretté les conditions de la démolition du stade qui, à son avis, «résulte d’une boulimie foncière…». Pour M. Diack, «il suffisait de demander aux investisseurs de construire une nouvelle prison ultramoderne de 5 à 6 000 places et de raser la prison civile qui est une horreur à l’intérieur du Plateau, en sus du jardin de la prison pour y construire leurs immeubles et le stade serait sauvé», avait ajouté le natif du quartier de Rebeuss.

12 ans de combat
Après donc après 12 ans de combat sans relâche, le collectif feu René Sanchez pour la sauvegarde du stade Assane Diouf a enfin obtenu gain de cause. Ce, grâce au Président Macky Sall. En guise de reconnaissance au chef de l’Etat, tout le mouvement sportif de Rebeuss, sous la houlette du doyen Ass Diack, frère du président Lamine Diack, avait tenu à organiser une cérémonie apolitique dénommée Sargal Macky Sall.
«Pour ce geste noble pour la jeunesse dakaroise mais aussi pour son engagement à construire le stade avec un coût de 20 milliards Cfa», avait souligné le coordinateur du collectif d’alors, Pape Cheikh Niang.
Présent à cette manifestation, Ibrahima Ndao, directeur de Cabinet du ministre des Sports, Matar Bâ, avait assuré «l’entame des procédures pour démarrer le plus rapidement possible les travaux au grand bonheur de la jeunesse dakaroise».
Mais plus d’un an après, les choses ne bougent pas. Le Quotidien est retourné sur le terrain, pour ne pas dire le chantier.
Sur le site, la présence de toute personne étrangère, de surcroit un journaliste, n’est pas souhaitable par les gardiens qui veillent sur ce qui reste du «projet Kawsara». Ils sont sur place de jour comme de nuit.
Nous avons eu un aperçu sur le périmètre grâce à la complicité d’un habitant qui nous a autorisés à monter sur la terrasse de sa maison pour voir. Résultat : des tonnes de fer rouillé à cause de l’usure du temps, des engins et autres matériaux abandonnés, du béton sont aujourd’hui prisonniers de l’herbe et des plantes qui ont poussé sur le site. Les eaux de pluie stagnent dans certains endroits. Mais d’après des informations, confirmées par le président du collectif, «les promoteurs du projet ont commencé depuis un certain temps à sortir le matériel vers une destination que nous ignorons». Cependant une source assure que l’opération peut encore prendre 6 mois ou plus. Comme quoi ce n’est demain que les Rebeussois vont revoir leur stade-fétiche.

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