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Karim Wade jouit de ses droits civiques et politiques. C’est la conviction de ses avocats qui brandissent l’arrêt de la Crei.

Tout coup donné recevra une réplique. Regard noir fixant l’assistance, Me El Hadji Amadou Sall, connu pour sa fougue, annonce le début de la bataille pour l’acceptation de l’inscription de Karim Wade sur les listes électorales. Cette fois, ce n’est pas le Pds mais le Collectif des avocats de Karim Meïssa Wade qui peaufine une stratégie pour permettre à leur client de candidater à la Présidentielle du 24 février 2019. Face à la presse hier, Mes Ciré Clédor Ly, Demba Ciré Bathily, Seydou Diagne, El Hadji Amadou Sall et Madické Niang ont démonté les arguments servis par la Direction générale des élections (Dge) pour prononcer le rejet de l’inscription de Karim Wade sur les listes électorales.
Ces avocats ont brandi l’arrêt de la Crei pour dénoncer ce «complot d’Etat». «La jouissance des droits civiques et politiques ne peut être perdue que par une sanction pénale explicitement prononcée par la juridiction de condamnation comme peine accessoire aux termes de l’article 34 du Code pénal comme l’a affirmé dans une conférence de presse, l’ancien ministre de la Justice, Sidiki Kaba», déclare Me Ciré Clédor Ly survolant des extraits de l’arrêt de la Crei rendu le 23 mars 2015. Par conséquent, Me Seydou Diagne trouve «impertinent» l’argument de l’article L.31 du Code électoral invoqué par la Dge puisque, dit-il, cette question a été réglée par la Crei. «Le ministère de l’Intérieur n’est ni un Tribunal ni un juge, c’est une administration qui doit être régie par le principe de neutralité. S’ils ont un contentieux sur l’inscription, ils n’ont qu’à saisir les juridictions», rectifie Me Diagne. Qui en déduit : «Aucune juridiction nationale ou internationale n’a prononcé l’interdiction des droits civiques et politiques de Karim Wade. Il s’est inscrit et doit figurer sur les listes électorales.»
Me Demba Ciré Bathily, lui, considère que l’Etat du Sénégal «excelle» dans la violation des droits. «Pourquoi l’Etat ne gagne jamais sur l’international ?», s’interroge-t-il, faisant allusion à la décision de la Cour de justice de la Cedeao sur l’affaire Khalifa Sall.
bgdiop@lequotidien.sn

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