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Tous les doigts des présumés terroristes semblent pointés vers Makhtar Diokhané. L’accusé Boubacar Decoll Ndiaye niant avoir connu imam Ndao, déclare que Diokhané lui a confirmé son appartenance à Boko haram.

Makhtar Diokhané, ce nom revient comme un leitmotiv dans la bouche des accusés. Nombreux sont les présumés djihadistes qui se sont réclamés de son amitié ou qui disent l’avoir connu. Certains l’ont même dépeint comme un djihadiste. C’est le cas de Boubacar Decoll Ndiaye, selon qui Makhtar Diokhané, est un membre de Boko haram. «J’avais entendu des rumeurs selon lesquelles Makhtar Diokhané était dans le fief de Boko haram. Je suis allé le voir pour lui demander si de telles rumeurs étaient avérées. Makhtar Dio­khané m’avait effectivement confirmé qu’il est membre actif de Boko haram. C’est lui également qui m’avait informé de la mort de mes amis (Abdallah Dièye et Abdallah Ndiaye) au Nigeria», a révélé l’accusé devant la chambre. Avant d’ajouter : «J’ai été très déçu d’apprendre de telles affirmations.» Mais pour attester de sa bonne foi, ce professeur de maths en Mauritanie affirme que Diokha­né n’a jamais tenté de le recruter ou de lui remettre un quelconque montant dans le cadre du terrorisme.
A propos de l’imam Alioune Ndao, Boubacar Decoll Ndiaye dira que tout est parti d’une sortie de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, qui avait révélé en 2015, la présence de jihadistes sénégalais dans les camps libyens, qui parlaient wolof et qui étaient dans les zones de combat. Ainsi, il a déclaré s’être entretenu avec l’imam Ndao pour lui demander si les propos tenus par Gadio sont avérés ou ce n’était qu’un piège. Pour l’accusé, l’imam qu’il ne connaissait pas au préalable, était censé connaître la géopolitique et tout ce qui se passe dans le monde.
En outre, Boubacar Decoll Ndiaye prétend avoir «entendu dans ce Tribunal, qu’en 2012, le Sénégal avait reçu un message qui menaçait de tuer le président de la République, les confréries».
Devant cette remarque, le procureur s’empresse de rétablir la vérité. «Depuis le début du procès, la seule menace que j’ai entendue faisait allusion à celle qui a été dirigée contre le Président Macky Sall», a-t-il précisé en demandant à l’accusé d’être plus explicite. Mais Boubacar Decoll Ndiaye avouera s’être trompé. A propos du sens du jihad, il déclare qu’il consiste à travailler pour entretenir sa famille.

«Il y a une politique de diabolisation des musulmans en parlant de jihad»
A l’enquête, il avait indiqué qu’«on ne doit pas considérer les membres du groupe Boko haram comme des non-musulmans. La terre appartient à Dieu et sa loi doit y être appliquée. Et on doit avoir le courage de le dire à tous les niveaux. Si on n’a pas le courage de faire connaître cette vérité à tout le monde, on ne peut pas passer à l’étape supérieure qui consiste à faire le jihad».
A la suite de ces propos qu’il a confirmés à la barre, le Parquet lui a aussi demandé comment il voyait la pratique de l’islam au Sénégal. «Au Sénégal, les gens aiment la religion musulmane, mais ils manquent de connaissances en la matière», a-t-il répondu en soutenant qu’il n’était pas au courant de l’installation d’une cellule jihadiste au Sénégal dans le but d’imposer la Charia dans le pays. Pour lui, «il y a une politique de diabolisation qu’on veut faire contre les musulmans, en disant que le jihad c’est tuer des personnes, piller les mosquées, entre autres, alors que dans sa définition, ‘’le jihad, c’est faire un effort sur tout ce qui est bon, sur la religion, sur le travail et sur soi’’».
Répondant à une question d’un avocat de la défense, Ndiaye se dit aussi surpris des questions qui tournent autour de l’imam Ndao. «J’ai comme l’impression qu’imam les intéresse», constate-t-il. Avant de préciser que l’imam le décourageait de se rendre dans les zones de conflits.
Boubacar Decoll Ndiaye, qui dit n’avoir jamais reçu de fonds destinés au financement du terroriste, se dit révolté de voir les attentats commis dans les mosquées.
Entendu aussi hier, Omar Keïta a nié les faits en déclarant n’avoir pas connu Makhtar Diokhané qu’il aurait rencontré une seule fois à l’occasion d’un baptême.
justin@lequotidien.sn

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