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Une nouvelle version en arabe de Une si longue lettre de Mariama Bâ a vu le jour samedi. L’in­terprète-traducteur, Saliou Bamar Ndiaye, ancien commissaire ad­joint au pèlerinage, a soutenu une thèse sur la version arabe éditée dans un premier temps par la romancière marocaine Fatima Jamaï Lahbabi du célèbre classique de Mariama Bâ. «C’est une thèse qui portait sur la sociolinguistique et la traduction de madame Lahbabi sur le roman de Mariama Bâ, une œuvre assez complexe et  il fallait prendre en compte dans la traduction un certain nombre d’aspects que la traductrice n’a pas relevés. Il fallait donc que nous revisitions tous ces aspects-là pour apporter  des propositions», a expliqué samedi M. Ndiaye au sortir de sa confrontation avec le jury à la Faculté des lettres. «L’œuvre regroupe un ensemble d’aspects culturels et cultuels de notre pays et ce sont ces aspects-là non pris en compte par la traductrice (dans son livre) que nous avons tenté de relever dans nos recherches», a poursuivi l’imam de la grande mosquée de Rufisque pour légitimer ses travaux. «Rien que le travail que j’ai fait peut constituer un livre. La retraduction est ainsi envisagée et on va voir dans quelle mesure on pourra le faire», a-t-il émis en termes de perspective. Bamar Ndiaye a souligné que le passage des œuvres d’une langue à une autre a une importance non négli­gea­ble. «L’humanité est une et indivisible. Nous sommes issus de la même famille et ce sont ces relations qu’il faut tisser, qu’il faut développer et je crois que la traduction joue un rôle capital dans ce processus», a-t-il fait savoir en ce sens tout en exhortant ses pairs à forer cette voie. «De la même manière que Fatima Lakhbabi a traduit l’œuvre de Mariama Bâ, nous aussi avons la lourde responsabilité de traduire des œuvres marocaines ou d’autres pays arabes pour permettre à notre pays de connaitre la réelle face de la société arabe parce qu’il y a beaucoup de choses que nous ignorons d’eux et quand vous ignorez quelqu’un, il est difficile de tisser des relations avec lui», a-t-il exhorté se désolant que dans notre pays les seules tentatives de traduction de l’arabe restent «le coran et les hadiths du prophète (Psl)». Sous un autre rapport, le thésard considère ces travaux comme un appel à la persévérance lancé  à l’endroit des jeunes. «Ce qui m’a le plus intéressé c’est l’exemple que l’on devait donner à la jeunesse (…)  Il ne faut jamais abdiquer.  Je suis un peu avancé en âge et cela ne m’a pas empêché d’effectuer des recherches, de pouvoir les poursuivre jusqu’à leur aboutissement», a prodigué le sexagénaire avouant ayant consacré cinq ans à ces travaux fruits de la soutenance.
abndiaye@lequotidien.sn

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