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L’ex-secrétaire d’État, Souleymane Jules Diop.

Mais non M. le ministre vous ne pouvez pas impudemment dédouaner l’Etat et incriminer de manière unilatérale les populations qui elles, seraient influencées par des religieux inconscients, des activistes fanatisés pour ainsi reprendre vos propos ! Dans une tribune publiée récemment par plusieurs sites internet, à rebours du reste de la majorité qui s’en tient aux éléments de langage officiel, à l’unique mot d’ordre : respect des gestes barrières ; un ex-ministre de Macky Sall, Souleymane Jules Diop, pour ne pas le nommer, avec une désinvolture sans fard, s’en prend aux populations qui seraient manipulées par des religieux et activistes sans scrupules. Comble de cynisme et d’hypocrisie infernale ! Voici les deux phrases qui ont retenu notre attention dans la tribune du ministre: 1. L’Etat a fait tout ce qu’il avait à faire et qui relève de ses missions régaliennes. 2. Des hordes de populations se sont levées, sous l’instigation d’activistes fanatisés, ont exigé la réouverture des lieux de culte ; La tribune peut être consultée en suivant ce lien : https://www.leral.net/Des-innocents-sont-en-train-de-mourir-contamines-par-des-inconscients_a279577.html. Dans ce texte, l’ex-ministre, lui-même ex-activiste fanatisé et outrancier, a impertinemment utilisé le mot «Horde», pour qualifier les populations révoltées, excédées par le dilettantisme, le snobisme, les ruades hasardeuses, la faiblesse et la démagogie de l’Etat. Bref la communication désastreuse de l’Etat, dans la gestion de la pandémie Covid-19. Ce terme méprisant et péjoratif, n’est pas du tout approprié pour qualifier des populations qui ne faisaient qu’exercer leur droit constitutionnel de manifester leur colère ou leur désapprobation vis-à-vis d’une politique de l’Etat. Peut-être que l’ex-ministre, ou pour remonter au déluge, l’ex-contempteur vibrionnant et virulent du régime de Abdoulaye Wade, est un brin nostalgique du bon vieux temps où il pouvait dire impudemment et impunément, du tout et n’importe quoi, dans son émission hebdomadaire Deug-Deug, diffusée sur internet. L’ex-trublion, à l’hubris honteuse, passait le plus clair de son temps, dans son exil canadien, à descendre en flamme le défunt régime libéral. Il prenait malin plaisir à insulter, de hauts dignitaires des principales confréries de notre pays, des autorités coutumières et traditionnelles ou de simples citoyens qu’il ne kiffait pas. Jamais nous n’oserons rapporter ici, les calembredaines sanglantes et inadmissibles qu’il a tenues sur deux défunts Khalifes généraux, mouride et Tidjane. En revanche, les propos injurieux qu’il a tenus sur Macky Sall, son nouveau bienfaiteur qui a osé l’assimiler, seront transcrits ici fidèlement, pour mettre en exergue le degré de crédibilité d’un tel personnage qui depuis sa planque juteuse de l’Unesco, encore octroyée par Macky Sall, tente d’incriminer les populations lessivées par le dilettantisme des véritables gestionnaires de cette crise sanitaire. Nous voulons parler des politiques. Zéro faute, en revanche, aux techniciens de santé ! Le contempteur intraitable du régime de Abdoulaye Wade, la plume trempée dans du vitriol, a fini par faire affaire avec le régime de Macky Sall. Il a troqué la plume pour le plumeau. Et désormais, il brosse les monarques dans le sens du poil, multiplie minauderies et danse du ventre pour rester dans les petits papiers du prince. Voici ce que disait ce trouble personnage sur Macky Sall, en 2011 seulement : «Abdoulaye Wade est un abîme de perversité et Macky Sall se réclame fils de Abdoulaye Wade. Quelqu’un qui se réclame fils de Abdoulaye Wade ne peut pas être un homme bon.»
«Macky Sall n’avait l’ambition de devenir qu’un simple chef de service d’une entreprise. Si aujourd’hui, il a un parti politique et ambitionne de devenir président de la République, c’est qu’au Sénégal, il y a un problème.»
«Macky Sall est un incapable, c’est Abdoulaye Wade qui l’a fabriqué de toutes pièces.»
«Macky Sall est un redoutable comploteur qui, par ses grenouillages fétides, a miné le Pds, et a contribué à liquider tous les dignitaires de ce parti qui pouvaient politiquement lui faire ombrage.»
«Elire Macky Sall, c’est ipso facto élire Marième Faye.»
«Macky Sall est un dangereux ethniciste. Quand il fut Premier ministre il a failli Haalpulariser le Conseil des ministres où le pulaar était devenu la langue de communication de certains ministres.»
«Comment un misérable qui était plus pauvre qu’un rat d’église en 2002, et qui louait un appartement de 50 000 FCfa à Derklé, a pu acheter un appartement et aux Usa et en France en 2006 ? Sans nul doute, c’est parce qu’il est un voleur au cœur sec et à la conscience réifiée.»
Tout cela dans la bouche d’un expert insulteur, finalement recyclé, réhabilité, adoubé et nommé par Macky Sall ! Au nez et à la barbe de ceux qui se sont saignés aux quatre veines pour le faire élire ! Quel affront ! Quelle injure pour les compagnons de Macky Sall pendant les heures difficiles ! Alors que le chevalier errant exilé par le régime de Wade, avait appelé ouvertement à voter Moustapha Niasse en 2012. Aujourd’hui, il est devenu flagorneur insurpassable, spin doctor enflammé du régime de Macky Sall, et pire, au détriment du Peuple qu’il était censé défendre dans ses réquisitoires et philippiques violents contre le défunt régime libéral. Macky Sall nourrit un mépris sans bornes pour ses compagnons des premières heures et les anonymes qui l’ont soutenu.
Ceux-là mêmes qui ont consenti d’immenses sacrifices pour le faire passer au 1er tour en 2012. En revanche, ce jeune président a un faible notoire et incompréhensible pour les politicards vieillots et déliquescents, pour les célébrités, les répugnants traitres qui l’ont déjà trahi de manière cruelle dans un passé récent, les ex-contempteurs ou insulteurs qui ont tourné casaque. Avec ce régime snobinard il ne fallait même pas intégrer l’Apr. Il aurait été beaucoup plus judicieux de rester en dehors des structures du parti et bien porter ses oripeaux d’expert insulteur ou de contempteur virulent. Un exemple parlant d’une telle extravagance est celui d’un autre ancien ministre qui naguère seulement a été contempteur virulent du régime de Macky Sall. Il avait poussé la caricature jusqu’à théoriser «La Dynastie Fayçal ou plutôt Faye-Sall».
Les populations qui manifestaient contre les rigueurs de l’Etat ne comprenaient pas la bêtise discriminatoire d’autoriser certaines mosquées à prier et de fermer d’autres lieux de culte.
Nous l’a-t-on assez seriné, il ne fallait pas acheter des vivres dont une grande partie allait, de toutes les façons, se retrouver entre les mains de prédateurs politiciens qui vont le détourner avant de le redistribuer à leur clientèle politique, plutôt qu’aux nécessiteux. On aurait pu identifier et cibler des populations sévèrement impactées par la pandémie et les transférer dans leur téléphone la somme d’argent correspondant à la quantité de vivres à distribuer. Libre à elles de s’acheter ce qu’elles souhaitent ! Les systèmes de transfert d’argent sont légion au Sénégal. Le gouvernement s’est entêté à acheter des vivres, comme si quelque part, il y avait une volonté obsédante d’enrichir davantage toute une kyrielle d’oligarques, de ploutocrates, de transporteurs et de commerçants à la ramasse. Des sacs de riz distribués dans le cadre du plan de résilience, sont aujourd’hui en souffrance dans les concessions. La plupart des populations qui les ont reçus n’en veulent pas. Quel immense gâchis !
Les têtes brûlées et risque-tout qui ont emprunté les back-way pour se déplacer durant l’Etat d’urgence, l’ont fait parfois, hélas, avec la complicité de certains éléments des forces de sécurité. Nous avons même vu un élément des forces de police accompagner, escorter, des fils de….. dans leur tournée des grands ducs, en pleine période de couvre-feu. Une de leurs orgies clandestines a malencontreusement débouché sur la mort d’une jeune dame à la fleur de l’âge. La pandémie du Covid-19 a été assurément, un éclatant révélateur des faiblesses d’un Etat qui a des inclinations populistes et démagogues. Quelques manifestations sporadiques, des pneus brûlés çà et là, et le gouvernement frileux craignant un spill over, s’empresse de lever l’Etat d’urgence et toutes les mesures restrictives qui vont avec. Les conséquences désastreuses de ce geste de panique, n’ont pas tardé à se faire ressentir sur le nombre de contaminés et le décompte macabre quotidien. Le rétropédalage, la reculade spectaculaire, la faiblesse dans les prises de décisions difficiles, ne doivent pas être des procédés ou des instruments de gestion de crise d’un Etat fort de sa légitimité démocratique. Un Etat qui ne parvient plus à remplir ses fonctions régaliennes essentielles en matière d’ordre public, de police, de justice et qui ne parvient pas à s’opposer aux troubles domestiques, aux crises politiques pouvant aller jusqu’au déclenchement de guerres civiles, est un Etat défaillant et dangereux. Nous souscrivons absolument à une maxime très répandue qui veut que si l’Etat est fort, il nous écrase, mais si l’Etat est faible nous périssons tous. Et l’Etat doit disposer ainsi de la «compétence de sa compétence» selon la brillante formule du juriste Jelinek Georg.
Ass Malick NDOYE
Responsable politique Apr
Fass-Gueule Tapée-Colobane

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