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Dans quel pays sommes-nous ? Comment expliquer qu’une Fédération, celle de handball, s’entête à aller en Ag élective avec ses anciens textes, contrairement aux directives du ministère des Sports ? Le ministre Matar Ba, qui reste sourd aux complaintes de la famille du hand, doit ramener à la raison l’équipe du président Seydou Diouf.

Ce qui se passe actuellement au sein de la famille du handball sénégalais a de quoi inquiéter. Voilà une Fédération qui tient vaille que vaille à aller en Assemblée générale élective avec ses anciens textes, contrairement aux directives du ministère des Sports qui tient à ce que les clubs soient à la base de toute élection au sein des instances fédérales.
Et ce qui est encore plus grave, le président de la Fédération sénégalaise de handball a publiquement marqué son désaccord par rapport aux nouveaux textes, en déclarant tout de go chez nos confrères de Stades : «Je ne crois pas à des Fédérations élues par des clubs.» Et jusqu’à présent, aucune réaction du ministère des Sports par rapport à ce défi de taille que leur a lancé le patron du hand sénégalais.
Pourtant depuis 2016, la tutelle a demandé aux Fédé­rations d’harmoniser leurs textes par rapport à ceux des services ministériels et les acteurs du sport qui ont élaboré un nouveau cadre normatif pour de nouvelles règles dans la gouvernance du sport, avec comme point focal : le club qui doit être la base de tout. C’est ainsi que des Fédérations comme, entre autres, le football, le basket et tout dernièrement le volley ont respecté ces directives en privilégiant le vote des clubs et non des Ligues.
Alors la question qui revient au galop est de savoir pourquoi la Fédé de handball refuse d’aller en Ag avec les nouveaux textes. Pourquoi elle refuse de suivre l’exemple de ses homologues du foot, basket, volley ?

La Fédé a eu trois ans pour préparer ses nouveaux textes
Pourtant, l’instance dirigeante de la «petite balle» avait tout le temps pour peaufiner ses nouveaux textes. En fin de mandat depuis 2017, le président Seydou Diouf et son équipe ont eu trois bonnes années pour y arriver. Invité du «Forum de l’Anps» en juin dernier, il avait pourtant déclaré n’avoir pas de préférence sur les nouveaux ou anciens textes. « Faut-il aller vers la refonte des textes du handball ou repartir avec l’ancienne formule ? Personnellement, je n’ai pas de préférence», avait-il répondu.

Création de clubs fictifs pour contrôler les deux Ligues, Dakar et Thiès.
Mais aujourd’hui le discours a changé de ton. L’honorable député ne veut pas entendre le mot «nouveaux textes». Qu’est-ce qui a changé entre-temps ? Candidat à sa propre succession, Seydou Diouf craint-il une sanction venant des clubs ?
La tension est en tout cas vive entre acteurs du hand. En témoigne ce qui s’est passé mercredi à Thiès avec la non-tenue de l’Ag de la Ligue régionale. L’inspectrice des Sports ayant décidé le report des assises suite à la présence de «8 clubs fictifs» dénoncée par le bureau sortant.
En fait, la stratégie des Fédéraux est de neutraliser en vue des élections les deux Ligues les plus représentatives, Dakar et Thiès, qui exigent la tenue de l’Ag élective avec de nouveaux textes. Conséquences : ces deux Ligues n’ont toujours pas tenu leur Ag.

La seule alternative : tenir une Ag extraordinaire pour les nouveaux textes
En tout cas, pour rassurer l’opinion de son impartialité, le ministre Matar Ba doit siffler la fin de la récréation. En quoi faisant ? Reporter l’Ag élective du 16 janvier (ce qui sera d’ailleurs le cas suite à l’arrêté du ministre de l’Intérieur). Et puis demander à son Daps, Mama­dou Fall, de convoquer la Fédé et les clubs pour fixer les modalités d’une mise en place des nouveaux textes par la tenue d’une Ag extraordinaire. Toute démarche contraire donnerait raison à ceux qui avancent que Matar Ba roule pour Seydou Diouf.

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