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Awa Marie Coll Seck.

Le secteur de la santé n’a pas connu de répit en 2016. Il a été marqué par des séries de grève tout le long de l’année. Des syndicalistes en colère contre un gouvernement pas respectueux de ses accords ont multiplié les mouvements d’humeur, paralysant ainsi tout un secteur au grand dam des populations.

Il est admis aux urgences. Le secteur de la santé a commencé à faire face à des soucis au premier trimestre de l’année 2016. Le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas) ouvre les hostilités avec des mots d’ordre de grève à répétition. Il réclamait le respect des accords signés avec le gouvernement, notamment le fameux point portant sur le statut du personnel des établissements de santé publics qui avait mobilisé tous les acteurs de la santé pendant plus de 16 ans de lutte. Cette étape de la lutte à peine franchie avec la signature du décret n° 2016/404, par le Président Macky Sall occasionnant la levée du mot d’ordre de grève par son secrétaire général, Mballo Dia Thiam, que quatre autres organisations du secteur démarrent une lutte acharnée contre les autorités. Il s’agit du Syndicat autonome des médecins du Sénégal (Sames), du Syndicat national des travailleurs de la santé (Syntras), du Syndicat unique et démocratique des travailleurs municipaux (Sudtm) et Syndicat national des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Snts/As). Au début, c’est seulement le Syntras, le Sudtm et le Snts/As), regroupés autour de la Fédération des syndicats de la santé dirigée par Souleymane Joseph Mané qui mènent la lutte. À la même période, le Sames se bat de son côté pour exiger du gouvernement le respect des accords signés depuis 2013. Chaque syndicat luttant de son côté en décrétant des mouvements d’humeur pendant des mois sans obtenir gain de cause. Une stratégie qui a produit peu d’effets. Les quatre organisations syndicales décident alors d’unir leurs forces et de créer un cadre nommé les Syndicats de la santé unitaire dans l’action (2Sau).
Les membres des 2Sau multiplient les plans d’action. Au plan médiatique, ils occupent la presse, vilipendent le gouvernement et dénoncent sa «mauvaise foi». Ils s’offusquent de l’absence de mise en place des commissions techniques censées mettre en œuvre l’application des accords. «Au­cune de ces commissions n’a été mise en place», dénonçait le secrétaire général du Sames, Boly Diop, dans une conférence de presse.
Les membres des 2Sau qui sont à leur énième plan d’action interpellent aujourd’hui le chef de l’Etat qui, à leurs yeux, est la seule autorité apte à régler leurs problèmes. Une lettre ouverte a été adressée au président de la République pour solliciter son arbitrage. Auparavant, les syndicalistes ont rencontré la tutelle, le ministre de la Fonction publique, et même le Premier ministre. Des rencontres qui n’ont produit aucune avancée dans leur plateforme. Récem­ment, les syndicalistes ont même marché à Dakar, de la Place de l’Obélisque au rond-point de la Rts, pour encore alerter le gouvernement des prochains actes qui, certainement, vont faire souffrir les populations.
Le secteur risque donc de s’embraser en 2017. Une grève générale est annoncée. Et cette fois-ci, les blouses blanches promettent de bouder les urgences, jusque-là assurées. Une situation qui serait lourde de conséquences pour les malades.
En plus des revendications qui fusent de toutes parts et d’un secteur en plein dans une crise, les effets de l’Acte 3 de la décentralisation sont venus en rajouter une couche. Ils ont privé certains travailleurs municipaux dans les centres de santé de couverture maladie. Certaines structures sanitaires peinent à payer les salaires, des retraités courent après leurs indemnités. Une situation qui a fini de plonger la santé municipale dans une crise sans précédent.
ndieng@lequotidien.sn

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