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Le Front de résistance nationale qui a rendu visite hier à l’Union européenne attend de celle-ci une implication dans l’organisation transparente de la Présidentielle de 2019 à la dimension de celle de 2012.

Macky Sall mobilise ses troupes en direction de la Prési­dentielle, l’opposition, elle, sillonne le pays pour exposer les «dérives» de l’actuel chef de l’Etat. Après le khalife des Mourides et Mgr Benjamin Ndiaye, des membres du Front de résistance nationale, sociale et démocratique (Frn) ont rendu visite hier à la délégation de l’Union européenne à Dakar. Devant la représentation diplomatique, Mamadou Diop Decroix, Habib Sy, Oumar Sarr, Mamadou Lamine Diallo, Bira Kane Ndiaye, Babacar Thioye Ba, Mamadou Lamine Massaly, entre autres, ont résumé en plusieurs points les «péchés» du Président Sall et de son régime à 6 mois et demi de l’élection présidentielle du 24 février 2019.
A la sortie de la rencontre tenue à huis clos, Habib Sy, porte-parole du jour, a rapporté : «La première phase de leur stratégie de fraude, c’est la modification unilatérale de la Constitution par le biais d’une majorité mécanique à l’Assem­blée nationale et sans débats. La deuxième phase, c’est la modification du Code électoral en essayant d’empêcher des candidats de se présenter à l’élection présidentielle. La troisième phase, c’est l’opacité du processus électoral. Ils sont les seuls à disposer des éléments du fichier. La quatrième phase, c’est l’instrumentalisation d’une certaine justice qui condamne de façon injuste des candidats potentiels. La cinquième phase, c’est l’instauration du parrainage parce qu’ils savent qu’il y a une impossibilité d’appliquer ce système. La sixième phase, c’est que, contre vents et marées, Macky Sall veut maintenir son ministre de l’Intérieur comme étant chargé d’organiser les élections. La septième phase, c’est que le pouvoir est en train de procéder à des financements avec le budget du Sénégal à travers la Der (Délégation à l’entreprenariat rapide) pour des objectifs électoralistes.»

Le Frn veut un comité de veille avec l’Ue comme en 2012
Au finish, le Frn s’est dit «compris» et «entendu» par l’Ue qui, rappelle-t-il, en 2012, «s’est bien impliquée dans le processus électoral en mettant en place un comité de veille». Dernier directeur de Cabinet de Me Abdoulaye Wade, Habib Sy «ne s’attend pas à moins que cela de la part de l’Union européenne». D’ailleurs, l’opposition «ne cracherait pas sur un comité de veille dans lequel il y aura toutes les parties prenantes» pour superviser la Présidentielle. En attendant, les actions du régime constituent un «danger» pour le Sénégal, aux yeux du Frn qui constate que le pays est «menacé». M. Sy de conclure : «La marmite est en train de bouillir compte tenu de toutes ces difficultés et tentatives. On ne sait pas à quel moment le couvercle va sauter. Personne n’y a intérêt. (Mais) ce sera de la responsabilité de Macky Sall et son pouvoir.»
bgdiop@lequotidien.sn

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