PARTAGER

La levée du mot d’ordre de grève est désormais suspendue aux lèvres des syndicats du G6. Ils ont rencontré le khalife général des Tidianes, Serigne Mbaye Sy Mansour, hier, durant 3 tours d’horloge, et promis de revenir à Tivaouane après avoir rendu compte à leurs bases respectives. Le khalife, de son côté, devrait prendre contact avec le gouvernement, notamment le chef de l’Etat. En clair, pas de sortie de crise avant une semaine.

La décrispation de la crise scolaire qui secoue le pays depuis quelque temps pourrait intervenir dans quelques jours. Les syndicats d’enseignants ont promis de revenir, dans une semaine, dans la capitale de la Tidiania pour rencontrer à nouveau le khalife général des Tidianes, Serigne Mbaye Sy Mansour, pour lui apporter une réponse ponctuelle à sa demande. Et ils espèrent revenir accorder une suite favorable à la sollicitation du religieux. Lequel leur a garanti de faire toutes les démarches auprès de l’Etat pour le respect des engagements pris par l’autorité gouvernementale. Il a promis de faire le suivi nécessaire du dossier jusqu’à l’obtention de gain de cause. Les enseignants ont pour leur part salué la rencontre qui intervient dans un contexte très particulier. Saourou Sène, secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire (Saems), rappelle que «le khalife, après la ziarra de la semaine dernière des enseignants, avait souhaité les rencontrer pour avoir le maximum d’informations liées à la crise. Comme tous les Sénégalais, nous avons répondu promptement à l’appel du khalife où nous avons partagé avec lui sur nos préoccupations, à savoir ce que le gouvernement a fait et ce que nous attendions de l’Etat. Serigne Mbaye Sy Mansour nous avait demandé d’aller dans le sens de suspendre ou même de lever le mot d’ordre de grève, le temps de lui permettre d’échanger avec le gouvernement du Sénégal. Nous lui avons dit aussi, avec beaucoup de discipline et de déférence, que ce mot d’ordre, il ne nous appartenait pas, nous, à partir de la capitale de la Tidiania, de le suspendre ou de le lever. Pour la bonne et simple raison que pendant que la rencontre avec le chef de l’Etat intervenait, pendant que lui-même souhaitait nous rencontrer, nous n’avions pas encore partagé avec nos bases». M. Sène rappelle d’ailleurs que ce samedi 7 avril, pour le compte du Saems, «nous nous sommes réunis en commission administrative pour partager le procès-verbal qui a sanctionné les travaux avec nos responsables départementaux. Et c’est à partir des Assemblées générales du mercredi prochain que tous ces responsables partageront avec les bases». Il pense que «les gens devront aisément comprendre que nous étions et sommes encore dans une situation qui ne nous permettait pas de pouvoir parler au nom des enseignants alors que ces derniers n’avaient pas encore pris connaissance de la quintessence du document qui a été retenu à l’issue des travaux avec le gouvernement». C’est «ce que nous avons aussi dit au Khalife et il l’a très bien compris. Il a compris quand même que nous n’étions que des envoyés. Il avait considéré que nous avions déjà partagé avec nos bases alors que cela n’a pas été fait, parce que nous sommes encore en vacances, lesquelles se terminent ce dimanche 8 avril à 00 heure». Et de se réjouir de la démarche de Serigne Mbaye Sy Mansour, qui a même sollicité, après le partage avec leurs bases, que ces responsables syndicaux puissent encore revenir à Tivaouane. «Nous le ferons, s’il plaît au bon Dieu, et étant donné que les Assemblées générales sont prévues à partir du mercredi, bien sûr, dans la semaine, nous aurons tous les éléments de procès-verbaux d’évaluation de nos bases et nous reviendrons», rassure M. Saourou Sène.

Deuxième round à fixer
Auparavant, l’attitude adoptée par les six syndicats les plus représentatifs du secteur de l’éducation, à savoir le Snelas/Fc, le Saems, le Cusems, l’Uden, le Sels/A et le Sels, consistant à refuser d’être reçus par le khalife général des Tidianes, Serigne Mbaye Sy Mansour, en même temps que la Fédération des enseignants du Sénégal (Feder) et l’Intercadre conduits respectivement par Dame Ndoye et Amadou Diaouné, démontre à suffisance que les enseignants constituent le corps le plus divisé du pays. Une attitude fustigée par Amadou Bamba Ndoye, secrétaire général adjoint du Sels originel. Selon le syndicaliste, «il fallait dans le cadre des concertations regrouper l’ensemble des syndicats. Mais aujourd’hui, le Groupe des 6 a jugé d’aller seul pour discuter avec le marabout. Après, c’est au tour de la Feder et de l’Intercadre. Nous leur concédons ça». Mais, dira-t-il, «rencontrer l’ensemble des syndicats serait l’idéal, parce qu’aujourd’hui l’école souffre et aucun syndicat ne va suspendre le mot d’ordre seul. Il faut que l’Etat soit conscient de ça. Donc nous, nous leur laissons la place pour après discuter avec le marabout, tout en sachant qu’une issue heureuse pour cette crise serait la synergie de toutes les forces, à chacun donc d’assumer sa responsabilité».
Le khalife général des Tidianes, secoué par la crise scolaire, s’était offusqué dimanche dernier, au cours de la 26e édition de la ziarra annuelle du «Dahira» de la Fédération nationale des enseignants du Sénégal, de la «persistance du non-respect des engagements de l’Etat». Il trouvait que le secteur de l’éducation concerne tout le Sénégal, parce qu’étant un domaine qui, s’il a des difficultés, affecte tous les secteurs de la vie nationale, avant de rappeler que «l’avenir du Sénégal est entre les mains des enseignants». Aussi, il dit qu’«il y a trop de bavardage autour de la question ; ce qui n’est pas pour faciliter les négociations». Sans manquer d’inviter l’Etat à voir comment «s’efforcer de respecter progressivement les accords déjà signés et de lever les sanctions».
nfniang@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here