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Demain samedi, sauf changement de dernière minute, quelque 300 militants de l’Apr du département de Matam seront reçus par Macky Sall au palais de la République. L’audience aurait pour but de porter les doléances des populations des dix communes du département. Chacune sera représentée par trente personnes et aura au moins trois orateurs face au chef de l’Etat.

Mais que vont-ils dire au Président ? En tout cas les «maux» ne manquent pas !
En effet, la tournée départementale, initiée par les leaders politiques de Matam du 27 au 29 juillet dernier sous la houlette du député et maire des Agnam, Farba Ngom, a permis de mettre à jour plusieurs problèmes dans les communes de Matam. Même si les maires des différentes localités ont salué des efforts de l’Etat pour les réalisations constatées dans certains domaines, tels que l’Agriculture, l’accès à l’eau, les infrastructures routières et le désenclavement de certains villages dans le Diéri et du Dandé Mayo, il n’en demeure pas moins, qu’il reste encore beaucoup à faire. Le principal défi est celui de la lutte contre le chômage des jeunes, dont un grand nombre plonge dans la désespérance. Mais il s’agit également de trouver des financements aux entrepreneures femmes engagées dans la culture maraichère, la transformation des produits agricoles, à travers des Groupements d’intérêt économique (Gie) et des Groupe­ment de promotion féminine (Gpf).
Ce sont toutes ces préoccupations que les heureux élus des différentes communes devraient exprimer devant le chef de l’Etat qui, d’ailleurs, par ses origines, est un fils du terroir. D’ailleurs, tous les départements de la région de Matam auront leurs représentants à cette rencontre de demain.
Dans la plupart des communes, ce sont les édiles eux-mêmes qui ont exprimé les doléances.
Dans la commune de Ogo, le maire ainsi que les responsables politiques qui lui ont succédé dans la prise de parole, ont soulevé la question de l’électrification des villages de Galoyabé, Hamarabé, Hombo, Belly Naybé, Garly, mais aussi celles du financement des femmes et de l’emploi des jeunes.
Pour ce qui est d’ailleurs de ces deux dernières revendications, l’appel a été réitéré partout où la caravane s’est rendue. De Ogo à Nguidjilone en passant par Ourossogui, Matam, Nabadji Civol, Dabia, Thilogne… Les populations souhaitent des conditions de vie meilleures, et les jeunes en âge de travailler veulent de l’emploi.
A Dabia, dont le maire est le ministre Yaya Abdoul Kane, c’est ce dernier en personne, ministre de la Gouvernance territoriale, du développement et de l’aménagement du territoire, qui a sollicité l’appui du chef de l’Etat pour qu’il puisse éponger les prêts des paysans de sa commune, dont les récoltes de l’année dernière n’ont pas produit les quantités escom­ptées.

50 millions pour une tournée de 72 heures

Il faut signaler que cette tournée des responsables politiques de Matam, qui s’est déroulée la semaine dernière, a été diversement appréciée par les populations dont certaines auraient souhaité que la somme de 50 millions de francs Cfa, dont il est dit partout qu’elle aurait été mobilisée et dépensée en ces quelques jours, puisse servir à la construction d’un poste de santé, ou à venir en aide aux démunis qui vivent les affres de la malnutrition. Récemment, Matam a été tristement mise au-devant de l’actualité nationale car le département, et même une bonne partie de la région, a été citée parmi les zones exposées au risque de l’insécurité alimentaire. Les chiffres indiquaient quelque 750 000 personnes en besoin d’assistance durant la période de soudure.

A Nabadji Civol, la commune d’origine de Macky Sall, les jeunes se sentent abandonnés
Le jeune Mbossé Keïta de la commune de Nabadji Civol, n’a pu cacher son amertume face aux leaders politiques de Matam.
Devant la résidence du Prési­dent Macky Sall, construite entre les deux villages jumeaux de Dembé et Founébé, les militants venus répondre à l’appel de leur maire, Abdoulaye Sally Sall, ont déversé leur bile.
Pour Mbossé Keïta, Nabadji Civol est abandonnée au profit d’autres communes du département de Matam. Dans cette circonscription dirigée par le maire et ministre-conseiller du chef de l’Etat, les populations manque de tout, si l’on en croit le jeune Keïta. Il estime que cela est inadmissible, et par conséquent, devrait prendre fin. «C’est la seule commune dans laquelle on ne retrouve même pas un stade municipal fonctionnel pour les activités sportives de la jeunesse durant les navétanes», s’est-il désolé. Poursuivant, il a ajouté que le chômage endémique des jeunes menace les équilibres de la société, et qu’il y a une absence d’initiatives pour répondre aux préoccupations des populations.
d.dem@lequotidien.sn

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