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Depuis quelques années, le cinéma sénégalais est confronté à des problèmes qui l’empêchent de retrouver sa place de pionnier. Hier, autour d’un débat sur les «politiques culturelles du Sénégal», les acteurs du 7eme art ont exposé leurs maux sans langue de bois.

Le Ciné-mal sénégalais, est un film qui résume la situation peu reluisante de la cinématographie au Sénégal. Hier, à l’occasion d’une rencontre sur les «politiques culturelles du Sénégal», il a été projeté au musée Théodore Monod, sis à la place Soweto. Les acteurs culturels n’ont à cette occasion, pas mâché leurs mots pour décrire les maux du secteur. Cinéma pionnier et précurseur en Afrique subsaharienne, le 7eme art sénégalais baigne, ces dernières années, dans une certaine morosité. Bien qu’il y ait eu des avancées notables, aujourd’hui, les salles de cinéma pour une grande partie servent à autres choses. Avec un «manque de volonté politique», le secteur est en hibernation, malgré la présence de «talentueux cinéastes». Sans compter la mission colossale accomplie par des grands noms comme Ousmane Sembène ou Djibril Diop Mambéty.  Paradoxe, ironise un acteur : «Le Sénégal, pays de cinéastes est sans cinéma».
Les difficultés qui subsistent ont pour noms : le problème dans la création, l’écriture, le manque de formation. Dans la distribution et l’exploitation, acteurs et autorités reconnaissent qu’il existe un problème. Plus grave et inquiétant, selon certains, les subventions destinées aux cinéastes sont parfois détournées à des fins politiques. Une situation qui plonge certains acteurs dans une précarité au vu et au su des autorités étatiques. Conscient de ces problèmes cités ci dessus, le directeur de la Cinématographie a dévoilé le plan de l’Etat pour une meilleure prise en charge de ces préoccupations. Hugues Diaz a indiqué que «la stratégie, c’est de sécuriser la création, ce sont tous les dispositifs que l’Etat pourrait mettre pour assurer la lutte contre la piraterie. Je veux parler des droits d’auteur et des droits voisins où le monde du cinéma du Sénégal a été vraiment lésé. Beaucoup de cinéastes n’ont jamais perçu de droit.» regrette t-il.
Selon toujours M. Diaz, «On n’a rien à reprocher au talent des cinéastes sénégalais». «Aujourd’hui ce qui manque, c’est un cadre économique, le marché comme on le dit, pour qu’ils puissent tirer profit de toute cette énergie sur le plan artistique et technique.» explique-t-il. Hugues Diaz  avoue par ailleurs que sur le plan de l’environnement économique, le problème de la fiscalité et le régime douanier ont un impact sur la dynamique du secteur. Aussi, les cinéastes et réalisateurs demandent-ils le renforcement des moyens du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra). Pour eux, l’Etat doit veiller aussi sur le respect des cahiers des charges signés avec les patrons de télévision qui préfèrent acheter un téléfilm étranger, les télénovelas que de payer des droits de diffusion pour une production locale. Dans le même sillage, ils ont réclamé la création d’un centre national de la cinématographie, une directive de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa).
msakine@lequotidien.sn

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