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Au Sénégal, on a l’habitude et la tradition de lancer des slogans gratuits, de se vanter des vertus et des mérites pour notre Etat et pour notre Administration héritée du colonisateur : On fait toujours l’éloge de notre savoir-faire et notre main-d’œuvre compétente et qualifiée. C’est ainsi que depuis belle lurette on nous parle de la modernisation de l’Etat et du  professionnalisme de notre Administration ; c’est-à-dire qu’on a une Ad­ministration efficace, efficiente, homogène et compétente, apte et habilitée à prendre en charge de manière prompte et efficace l’ensemble des besoins des usagers.
Mais loin de cette euphorie utopique non justifiable, on s’interroge souvent ainsi : Comment peut-on prouver que notre Ad­ministration en mesure de donner satisfaction aux administrés ? En quoi est-elle supposée pouvoir s’acquitter de sa mission régalienne de manière efficiente ? Comment peut-on cautionner qu’un agent de l’Etat ayant rendu d’énormes services durant quarante ou trente ans puisse attendre, après sa retraite, des mois ou des années pour accéder à sa pension ? Dans quelle mesure peut-on croire qu’un dossier d’un agent est égaré ou perdu dans les circuits d’une Ad­ministration dite moderne ? Est-il acceptable qu’un fonctionnaire de l’Etat, après avoir rendu de loyaux services, voie son dossier de retraite accuser un retard de plus de trois ou douze mois sans être diligenté ? Comment justifie-t-on qu’un agent, étant décédé, laisse derrière lui une ou plusieurs veuves et des orphelins vulnérables et que ses héritiers attendent des années pour voir la couleur de leur argent ?
Ces errements et insuffisances notoires ne riment pas d’ailleurs avec l’émergence dont on se glorifie partout. Ainsi donc, pour combler son déficit criard en conscience professionnelle, en efficacité et en homogénéité, notre Administration doit obligatoirement faire son introspection et se remettre en cause pour pouvoir redorer son blason afin de mériter la confiance et la mission de service public qui lui sont assignés. Il urge effectivement pour l’A­dministration sénégalaise de se rendre compte consciemment que sa raison d’être n’est rien d’autre que la satisfaction totale de la sollicitation des administrés, sans détour et sans état d’âme. Il faut qu’elle bannisse ses vieilles carences consistant à jouer par des lenteurs, des tracasseries et des blocages, parfois pour des velléités tendant à des tentatives de corruption. En fait, notre Administration doit être consciente d’une logique convaincante, à savoir qu’elle est jugée de par ses prestations loyales au profit des usagers ; d’où son obligation d’être au service exclusif du public. Une bonne Ad­ministration doit avoir une parfaite maîtrise de tous les dossiers la liant à ses administrés de manière pérenne et rationnelle.
En conclusion, je lance un appel patriotique aux syndicalistes, «droits de l’hommistes» et à la société civile pour œuvrer en parfaite synergie de sorte que les droits et les intérêts des agents du public et du privé soient sauvegardés pour que ceux parmi eux qui sont à la retraite et ceux qui sont décédés bénéficient d’un traitement particulier et d’un privilège spécial bien légitimes, leur permettant d’accéder facilement à leurs dus. C’est la meilleure manière de leur rendre la monnaie qu’ils méritent. Soutenir ces victimes innocentes est un combat à mener avec abnégation et détermination, car c’est l’une des causes les plus nobles qu’il faut défendre avec rigueur et lucidité.Vive la lutte pour que justice soit rendue !

Cheikh Mbacké DIENG
Iee/Option arabe

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