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L’Ordre national des médecins du Sénégal (Onms) est contre l’organisation des élections de renouvellement de ses organes par la tutelle. Le président de l’Onms appelle ses confrères à ne déposer aucune liste encore moins d’aller voter le 25 décembre prochain au ministère, comme le veut la tutelle. «Et cette position n’est pas négociable», préviennent-ils. Dr Alpha Boubacar Sy sert ainsi la réplique au ministre de la Santé et de l’action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr. En effet, dans un communiqué, le ministre fait part de l’organisation de ces élections par ses services. Ce que les médecins ne veulent pas entendre parler. «Il s’agit de la remise en cause de la sécurité sanitaire du Sénégal sans qu’il ne soit utile de rappeler que celle-ci s’intègre dans la sécurité publique. Nous demandons ainsi au ministre de la Santé et de l’action sociale d’arrêter l’instrumentalisation des hautes personnalités judiciaires, militaires et administratives dans son entreprise de déstabilisation de l’Ordre des médecins pour des intérêts inavoués», a laissé entendre hier le président du Conseil de l’ordre.
Le décret qui a mis en place la Commission chargée de l’organisation affirme, selon eux, que l’Ordre n’existe pratiquement plus. Et les médecins se réservent ainsi le droit de faire un recours auprès de la justice contre de tels propos. Face à la presse hier, à son siège sis à Mermoz, le président s’est expliqué sur le retard noté dans le renouvellement des instances. D’emblée, il a tenu à préciser que deux tentatives d’organisation des élections de renouvellement partiel ont échoué. Parce que, dit-il, la faute aux «comportements manœuvriers» du ministre pour montrer que l’administration de l’Ordre ne marche pas. Ce qui, de son avis, est contraire à la situation actuelle de l’organisme. Toujours selon le président de l’Onms, il s’agit «de la remise en cause de l’indépendance professionnelle des médecins que l’ordre ne saurait accepter».
Par ailleurs, il reconnaît que ce retard est dû quelque part aux périodes difficiles que le Conseil a traversées en 2013. Des problèmes, rappelle-t-il, qui avaient conduit à un audit de la gestion, mais aussi à une refonte du fichier de l’Ordre. Cependant, Dr Alpha Boubacar Sy rassure que les élections seront organisées peut-être au mois de mars 2020. Il signale qu’un chronogramme a déjà été établi. Dr Sy et ses confrères ont révélé que l’Etat a proposé un montant de 9 millions de francs Cfa pour ces élections. Mais ils ont fait comprendre qu’ils sont capables d’organiser l’élection avec leur propre budget qui est évalué à 300 mille francs Cfa, car ils ne veulent pas participer à la «dilapidation» des deniers publics.
Le Conseil de l’ordre des médecins est, selon son président, un organisme strictement professionnel, administratif et juridictionnel de défense et de régulation de la profession médicale qui a une fonction fédératrice. La structure comprend la section A, composée des médecins du public et parapublic, et la section B qui regroupe ceux du privé.

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