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C’est un autre bras de fer qui s’annonce vendredi prochain entre députés libéraux. Abdoulaye Wade a décidé de retirer la présidence du groupe parlementaire Liberté et démocratie à Madické Niang qui a déclaré sa candidature à la Présidentielle. Presque un remake de la dernière législature quand Fada disputait la présidence du groupe des Libéraux et démocrates à Aïda Mbodj.

Par Hamath KANE
La rentrée parlementaire prévue le 12 octobre prochain sera très animée. A l’image de celle de la dernière année de la 12ème législature marquée par la bataille pour le contrôle de la présidence du groupe des Libéraux et démocrates entre Modou Diagne Fada et le camp de Oumar Sarr, Aïda Mbodj et Cie. Alors que l’enfant de Darou Mousty avait créé son courant des réformateurs, Abdoulaye Wade avait entrepris de lui retirer la présidence de son groupe parlementaire. Me Madické Niang aussi devra s’y mettre puisque, dans un communiqué, le «Pape du sopi», qui constate que son désormais ex-hôte de Fann Résidence, a «franchi le Rubicon» en annonçant sa candidature à la Présidentielle, a décidé de «reprendre» la tête du groupe Liberté et démocratie. «Bien que la jurisprudence ne soit jamais démentie sur le traitement à infliger aux députés qui quittent délibérément le parti ou en sont exclus, le Secrétaire général national du Pds va demander au parti de laisser à Madické Niang son poste de député, comme il l’avait fait pour Iba der Thiam parce qu’il était une personnalité, mais qu’on lui retire la présidence du Groupe parlementaire», écrit l’ancien Président.

«Un cas d’indiscipline majeure entraînant la perte de qualité de membre par démission de fait»

 

C’est que pour le Secrétaire général du Pds, le congrès «régulièrement» tenu le 21 mars 2015 et auquel Madické Niang avait «participé pleinement», avait retenu la candidature de Karim Wade. «Dans ces conditions, aucune autre candidature de quelque bord qu’elle provienne, ne saurait ni être soutenue ni engager le Pds. Au demeurant toute candidature en dehors du parti ou tout soutien apporté à un candidat autre que celui régulièrement désigné par les instances du parti constitue un cas d’indiscipline majeure et d’incompatibilité flagrante entraînant la perte de qualité de membre par démission de fait, en application des articles 4 et 5 de ses statuts», souligne-t-il. Après avoir rappelé que le Pds avait pris la décision «irrévocable d’écarter toute candidature alternative ou de substitution», Me Wade s’est voulu clair à propos du choix de Madické Niang : «Ni le Pds ni son Secrétaire général national ne cautionne une candidature solitaire au moment même où les Sénégalais font preuve de détermination pour sauver notre modèle de
démocratie que des mains inexpertes et sans vertu sont en train de transformer en système autoritaire et violent.»

«Les pressions qu’exerce Macky Sall sur Madické Niang sont irrépressibles»

Apparemment, l’ambiance du face-à-face de Doha n’a pas été bonne. Et Wade en fait le récit : «Lorsqu’il est venu me voir récemment avec un compatriote, je lui avais pourtant dit que je me devais de le conseiller pour le protéger de toute mésaventure. Je lui ai exprimé fraternellement mon opposition totale à son projet qui m’apparaissait suicidaire car, la seule chose qui pourrait le sauver, s’il se présente, ce n’est même pas de faire un bon score mais de gagner, ce qui suppose qu’au premier tour et au second, il se place devant Karim Wade, Pape Diop, Khalifa Sall, Mackcy Sall, Mamadou Lamine Diallo, Abdoul Mbaye, Ousmane Sonko, etc., bref devant tout le monde. S’il ne gagne pas, sa candidature de ‘’substitution’’ n’aura été, en fait, qu’une candidature de
diversion destinée à aider Macky Sall en détournant certaines voix acquises au Pds et à Karim Wade. Objectivement, c’est une candidature de collusion, une candidature téléguidée par Macky Sall qui cherche désespérément, et par tous moyens, un second mandat que les Sénégalais ne sont pas disposés à lui accorder. Il faut croire que les pressions qu’exerce Macky Sall sur Madické Niang sont irrépressibles au point que notre ami accepte le suicide politique. Je n’ai pas manqué de lui
demander ce qu’il ferait s’il ne gagnait pas puisqu’il n’avait pas d’autre alternative. Il m’a répondu calmement : ‘’J’aban donnerais la politique’’ !»

Comme quoi, Wade n’avais pas réagi que «spontanément», comme il l’avait indiqué dans sa deuxième lettre. Et que ce «regrettable incident» n’était que le début de la fin entre les deux. L’on verra, vendredi prochain, qui des deux contrôlera le seul groupe parlementaire de l’opposition.

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