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Birima Mangara, ministre délégué chargé du Budget.

Dans le cadre de sa 10ème réunion annuelle consacrée aux questions économiques, l’A­fri­que a été appelée à relever le défi de la croi­s­­sance de développement.

En Afrique, les progrès dans les chiffres relatifs à la croissance ne se reflètent souvent pas sur le niveau de vie des populations. Depuis hier et ce jusqu’à mardi, s’est ouverte la 10ème réunion annuelle conjointe du Comité technique spécialisé de l’Union africaine sur les finances, les affaires monétaires, la planification économique et l’intégration et de la Conférence des ministres africains des Finances, de la planification et du développement économique de la Commission économique pour l’Afrique. Ces assises permettront de trouver des voies et moyens d’améliorer la qualité de vie des populations africaines en particulier, faciliter l’emploi des jeunes, élargir l’accès aux services sociaux essentiels et offrir à la jeunesse africaine davantage de possibilités nouvelles et meilleures. «Trop de gens se sentent laissés en rade et se demandent si l’économie a quelque chose à leur offrir. Dans certains pays avancés, un populisme grandissant menace de basculer vers le rejet de l’ouverture économique», a alerté Birima Mangara, ministre délégué chargé du Budget à l’ouverture de ce sommet placé sous le thème «Croissance, inégalités et chômage».
Les résultats d’une étude du Fonds monétaire international (Fmi) datant de 2015 ont démontré qu’une augmentation de 1 point de Produit intérieur brut (Pib) du revenu des pauvres et des classes moyennes se traduit par une progression de la croissance pouvant aller jusqu’à 0,38 point de Pib sur cinq ans. Par contre, une augmentation de 1 point de Pib du revenu des riches se traduit par une baisse de 0,08 point de Pib.
Pourtant d’après Giovanie Biha, secrétaire exécutive adjointe de la Commission économique pour l’Afrique, chargée de la diffusion du savoir, le continent a les moyens de se doter d’une croissance de développement transformatrice des conditions de vie de ses populations. «L’ur­banisation rapide du continent et sa classe moyenne en pleine expansion sont des tendances majeures qui, si elles sont bien gérées, ont un véritable potentiel transformateur. L’Afrique, étant la région du monde qui s’urbanise le plus rapidement, devrait voir plus de la moitié de sa population vivre et travailler dans les zones urbaines d’ici à 2025, ce qui en ferait un continent majoritairement urbain», préconise-t-elle.
Pour avoir une croissance plus durable, rappelle Birima Man­gara, il est «indispensable» qu’elle soit «équitable». «Les sociétés les plus solidaires connaissent généralement une croissance plus accélérée et dans la durée. De la même manière, si les inégalités en Afrique subsaharienne pouvaient être réduites aux niveaux observés en Asie du sud-est, la croissance pourrait être systématiquement plus élevée», soutient le ministre invitant les Etats à investir dans la protection sociale, l’éducation et la formation des jeunes et des femmes «laissés pour compte».
bgdiop@lequotidien.sn

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