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Les autorités sénégalaises n’envisagent ouvrir les frontières aériennes aux vols internationaux qu’à partir du 15 juillet 2020. Suffisant pour que l’ambassadrice de l’Union européenne à Dakar soutienne que techniquement, le Sénégal n’est pas pour le moment, concerné par la proposition de l’Ue relative à une liste de pays dont les résidents pourraient être autorisés à voyager dans l’espace Schengen. Dans cet entretien, Irène Mingasson revient largement sur la mesure.

L’Union européenne a décidé de refuser l’entrée dans l’espace Schengen aux ressortissants de certains pays dont le Sénégal au motif de propagation du Covid-19. Qu’en est-il exactement ?
Ce dont on parle, c’est une recommandation qui a été formulée par l’Union européenne et plus précisément, par l’intermédiaire de la Commission européenne qui est l’institution en charge de l’exécutif, pour encourager les Etats membres concernés à avoir une approche bien coordonnée, transparente sur la question de la réouverture de l’espace aérien en particulier.
L’Union européenne ce sont 27 pays. Certains d’entre eux sont organisés autour de ce qu’on appelle l’espace Schengen avec une libre circulation qui fait partie des principes constructeurs de cet ensemble de pays. La question de la réouverture de l’espace aérien s’applique sur cette zone-là et doit se faire de manière coordonnée. Le contrôle des frontières, l’ouverture ou non sont une question qui relève éminemment de la souveraineté de chaque Etat. Donc, il est tout à fait normal que ce principe de réciprocité entre en ligne de compte, ça fait vraiment partie de la souveraineté de chaque Etat de décider de la réouverture ou non de ses frontières. Et la réouverture d’une frontière concerne forcément toujours les deux parties.

Et l’application du principe de la réciprocité qui est agitée, qu’en pensez-vous ?
Je ne suis pas étonnée par cette question de la réciprocité. Je voudrais quand même noter que le Sénégal n’est pas concerné par cette recommandation, parce que d’après l’annonce présidentielle il y a quelques jours, le Sénégal n’envisage d’ouvrir son espace aérien qu’à partir du 15 juillet. Donc techniquement, il n’est pas concerné tout de suite. La recommandation de l’Union européenne concerne la période qui s’étend du 1er au 15 juillet 2020.
Je crois qu’il y a un malentendu sur la perception de tout cet exercice qui, j’ai dû le constater dans les médias, dans les commentaires, est perçu largement comme un exercice de fermeture. En fait, ce n’est pas ça. C’est un exercice d’ouverture, de levée graduelle des restrictions qui existent à cause de la pandémie du Covid-19, depuis des mois et qui ont été prolongées mois après mois. Et ça a été le cas ici au Sénégal, avec la prolongation de l’Etat d’urgence et des mesures au niveau national. Il s’agit maintenant de voir comment de manière graduelle, on va réussir à lever ces restrictions, ce qu’on appelle les voyages non essentiels à l’intérieur de l’Europe et entre l’Europe et le reste du monde. C’est la même chose que fait le Sénégal, qui a envisagé d’abord au niveau sous régional la réouverture de l’espace, ensuite au niveau continental et on va plus loin.
Un certain nombre de pays ont d’ores et déjà été considérés comme remplissant les critères. Et cette liste va être revue de manière tout à fait régulière.
En parallèlement, il y a des voyageurs qui sont autorisés à entrer dans l’espace européen. Cela concerne par exemple les diplomates, les hommes d’affaires qui doivent se rendre en Europe, les étudiants. La situation actuelle ne change pas par rapport à celle que nous avons connue au cours des dernières semaines ou derniers mois. Au contraire pour ce qui concerne les individus, c’est plutôt assoupli.
La liste des pays va être révisée tous les quinze jours. Donc, elle le sera au 15 juillet. Je ne suis pas dans les secrets des discussions qui se tiennent entre les Etats membres de l’Union européenne pour définir qui entre et à quel moment sur cette liste. Mais je crois que sur la base de ce que l’on sait, des critères pour y être, il faut continuer à travailler pour informer sur la situation au Sénégal, rapporter sur ce qui est mis en place et ainsi viser d’être le plus rapidement possible sur cette liste.
Il y a de beaucoup de commentaires ces derniers jours, mais techniquement, le Sénégal n’est pas concerné tout de suite. C’est la vérité. Le Sénégal n’a pas encore ouvert son espace aérien non plus. D’ici le 15 juillet, les discussions entre les Etats membres vont continuer pour évaluer la situation. Il faut travailler à ce que le Sénégal se trouve rapidement sur cette liste. C’est dans l’intérêt de tout le monde. Un retour aux échanges normaux, à la mobilité normale, à la réouverture de l’espace. Mais c’est dans notre intérêt à tous, de tenir en compte les problèmes de la situation sanitaire globale. On a tous intérêt à éviter une reprise de la pandémie. C’est strictement dans cette perspective qu’il faut voir les choses. Et c’est une perspective qui est partagée par les autorités du Sénégal qui sont très soucieuses d’éviter le risque sanitaire.

Quels sont les critères sur lesquels l’Union européenne se base ?
En ce qui concerne la situation épidémiologique, ce qui est pris en considération, c’est le nombre de nouveaux cas de Covid-19, le ratio par 100 mille habitants au cours des 15 jours précédents. On regarde si la tendance est à la hausse, à la baisse ou si elle est stable. Et puis ça prend en compte la réaction globale face à la pandémie et les mesures qui sont prises au niveau des pays sur la base d’un certain nombre d’informations qui sont disponibles comme les tests, le traçage des contacts, les traitements, la communication et la prévention de la pandémie. C’est une évaluation assez globale sur la base d’éléments chiffrés qui sont disponibles publiquement. Et là, le Sénégal est un des pays où beaucoup d’efforts sont faits y compris la mise à disposition des chiffres.
Il y a un malentendu autour de cet exercice. L’objectif, c’est la levée des restrictions qui existent et que nous voyons dans l’intérêt de tout le monde. La levée des restrictions de mouvements c’est une clé pour un retour à l’activité économique. Tout le monde est d’accord sur cet objectif.
C’est important d’avoir un exercice d’explication, de communication pour qu’on se comprenne bien, qu’il n’y ait pas de malentendu qui perdure. C’est pour cela d’ailleurs que les représentants des Etats membres de l’Union européenne et moi-même auront des discussions avec les autorités dans les jours qui viennent pour continuer à s’expliquer, à échanger sur ce processus qui, bien sûr, nous concerne tous.

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