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«Cafouillage», «fiasco» sont les mots utilisés par le secrétaire général du Sadef pour désigner le report de la reprise des cours pour les classes d’examen qui était prévue hier. Mbaye Sarr et Saourou Sène du Saems, qui déplorent cette situation, demandent au ministre de l’Education d’en tirer toutes les conséquences.

C’est une addition de mots qui racontent la colère des enseignants : «Cafouillage», «fiasco». Pour certains syndicats d’enseignants qui avaient trouvé la date de reprise des cours précipitée, la volte-face d’hier n’est point une surprise. Mbaye Sarr, secrétaire général du Syndicat autonome pour le développement de l’éducation et de la formation (Sadef), soutient avoir dit et répété que «les conditions ne pouvaient pas permettre une bonne reprise». Selon lui, vu la manière avec laquelle les enseignants ont été convoyés, on a l’impression que «le gouvernement pensait que seuls les enseignants de Dakar qui servent à l’intérieur du pays étaient concernés pour ce déplacement». Alors que, analyse-t-il, «dans toutes les localités du pays, il y avait des enseignants et des élèves qui devaient rejoindre d’autres lieux de service». Pour le syndicaliste, «dans un tel contexte, la reprise ne pouvait qu’être un fiasco». Le secrétaire général du Sadef qui dénonce le cafouillage du gouvernement demande au ministre de l’Educa­tion nationale de tirer toutes les conséquences de cette situation.
C’est aussi l’avis de Saourou Sène. D’après le secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire (Saems), il n’est pas acceptable «que les enseignants soient mis dans des conditions qui les exposent et par conséquent il faut corriger ce qu’il faut l’être». Sur la question de sauver l’année scolaire avec le retard de 3 mois accusé, Saourou Sène estime que «cela va être extrêmement difficile parce que le dispositif en termes de mesures sanitaires doit être pris au sérieux par l’Etat et les collectivités locales». Mais, déplore-t-il, «ce que nous avons vu sur le terrain ne rassure pas». Toutefois, le syndicaliste garde un espoir pour trouver une solution pour sauver l’année scolaire. «Il y a toujours une possibilité de développer l’approche par académie. Les régions du Sénégal ne présentent pas la même situation. Les régions comme Dakar et Diourbel dans une moindre mesure, parce que ce n’est pas toute la région qui est concernée, on peut les isoler et permettre aux autres de reprendre progressivement», a-t-il proposé. Dans cette dynamique, le secrétaire général du Saems pense qu’il faudra le faire de manière inclusive. «Je crois que si on se retrouve entre acteurs, on peut trouver une solution qui permet de sauver l’année. Il faut que tous les acteurs se retrouvent et qu’on puisse partager son input à la réflexion et qu’on trouve les meilleures formules possibles pour arriver à sauver l’année. Parce qu’une fois de plus, ce serait dommage si on arrive à une année blanche parce qu’un virus nous l’aura indiquée», a-t-il déclaré.
Moins optimiste que Saourou Sène, le secrétaire général du Sadef fait savoir que «l’année scolaire, dans les conditions actuelles, est techniquement irrécupérable». D’après lui, «le président de la République doit prendre son courage à deux mains pour assumer une année blanche et prendre un décret pour la matérialiser». Précisant sa pensée, Mbaye Sarr estime que «cela va permettre aux uns et aux autres de se focaliser sur la pandémie et de trouver les voies et moyens de se débarrasser d’elle». A son avis, «on ne peut pas atteindre plusieurs objectifs à la fois». Et le syndicaliste d’ajouter : «Le gouvernement veut sauver l’année coûte que coûte alors que les conditions ne le permettent pas. On fait face à une crise sanitaire où il est question de sauver des vies. Et entre sauver des vies et sauver une année scolaire, le choix est vite fait parce que cette pandémie est grave.»

Assurer la sécurité des enseignants
Quid des enseignants ayant rejoint leur lieu de service ? Le secrétaire général du Sadef demande au ministère de l’Education de déployer les moyens comme ceux ayant permis de les convoyer «pour les ramener vers leurs familles respectives». A en croire M. Sarr, ils sont en train «de vivre le martyre», car «stigmatisés», «chassés de là où ils habitaient». Et le syndicaliste de mettre la tutelle devant ses responsabilités : «Ils se trouvent dans des difficultés. Si on n’y prend garde, le pire risque de se produire. Si un enseignant est violenté, le ministre de l’Education sera l’unique responsable.» Quant au secrétaire général du Saems, il demande d’éviter la stigmatisation envers les enseignants. «Si les informations que nous avons reçues sont plausibles, il faut retenir que par endroits les enseignants sont stigmatisés parce que les populations sont en train de se méfier d’eux. Nous interpellons les autorités pour assurer à tous les enseignants du Sénégal la sécurité requise dans ces moments extrêmement difficiles», a-t-il dit.

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