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La célébration de la Journée des droits des femmes se prolonge avec l’Association sénégalaise des critiques de cinéma (Ascc) qui, dans le cadre du «Mois du cinéma au féminin», a organisé ce samedi un panel sur le thème : «Représentation de la femme dans le cinéma sénégalais».

La Journée internationale des droits des femmes a été célébrée le 8 mars. Mais l’Association sénégalaise des critiques de cinéma (Ascc) prolonge la célébration sur tout le mois de mars. C’est ainsi qu’elle a initié le concept de «Mois du cinéma au féminin». Pour sa deuxième séance, l’Ascc a axé la réflexion sur la «Représentation de la femme dans le cinéma sénégalais». Le thème a été développé par deux panelistes à savoir le Pr Magueye Kassé, critique de cinéma et Professeur à l’Université Cheikh Anta Diop et le journaliste et critique Baba Diop. Pour Magueye Kassé, si l’on ne peut pas parler «d’un cinéma féminin en tant que tel qui privilégie le genre», l’œuvre d’Ousmane Sembène, de par son orientation marxiste, pose dans les rapports de genre, une intention de transformation sociale évidente. «Parler de la cause de la femme, c’est parler des conditions de libération de la femme», souligne le Pr Kassé en s’appuyant sur les exemples des films «Fat Kiné» et «Moolade» du défunt réalisateur Sembène Ousmane.
Baba Diop abonde dans le même sens en se référant au cinéma de Safi Faye, pionnière du cinéma sénégalais et dont les films «Mossane» et «Lettre paysanne», sont porteurs de revendication. Baba Diop explique ainsi que la représentation de la femme dans le cinéma sénégalais suit les parcours de la société elle-même. Ainsi, de Paulin Soumanou Vieyra dont les films montrent une image de la femme synonyme d’acculturation et d’aliénation, l’on est passé à Sembène qui, dans «Borom Saret» change la donne et permet à son personnage féminin «de prendre les choses en main». Le Pr Kassé souligne également le rôle transgressif que Sembène donne à son héroïne Dior dans «Ceddo» ou cette dernière tue un imam. Ce processus atteint son paroxysme avec «La Noire de…» ou le suicide de l’héroïne s’assimile à un «harakiri» pour arracher une indépendance économique. C’est cette indépendance que l’on retrouve par la suite avec «Fat Kiné» et «Molaade» ou Sembène présente des femmes fortes. C’est également le cas de la «Madame Brouette» de Moussa Séne Absa qui prend les traits d’une entrepreneuse et d’une héroïne du quotidien qui brise la représentation de la femme africaine traditionnelle murée dans le silence et empêtrée dans des pesanteurs à la fois religieuses et sociétales. Pour Baba Diop, ce tournant dans le cinéma sénégalais est atteint quand Ousmane William Mbaye et Diabou Bessane témoignent respectivement  dans «Mère Bi»  et «les Mamans de l’Indépendance» de l’existence de femmes engagées dans la lutte pour l’indépendance.
Chez la jeune génération de cinéastes sénégalais, le Pr Magueye Kassé met en exergue les productions de Fatou Touré avec «La promesse» ou Pape Seck avec «Sagar». Des films qui s’appesantissent sur les pesanteurs sociales de la société sénégalaise. Pour le public venu assister à la conférence, les exemples cités sont certes pertinents, mais l’on a par moment regretté la place faite par les panelistes aux premières générations et le choix des panelistes de s’appesantir sur un genre. Des  jeunes cinéastes qui selon Baba Diop, pèchent par l’absence de thématiques dans leurs productions.

mamewoury@lequotidien.sn

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