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Face à une faible mobilisation de l’opposition, la police a dicté sa loi hier au centre-ville. Finalement, à la place d’un sit-in, l’opposition compte une vingtaine d’arrestations.

Le pari était risqué. Dans une atmosphère électrique, Mamadou Diop Decroix, Madické Niang, Oumar Sarr, El Hadji Amadou Sall, Toussaint Manga, à la tête d’un groupe de militants, décident de braver l’interdit du préfet. Pour eux, le sit-in devant la Place Washington aura lieu. Regroupés au rond-point de Sandaga, les opposants empruntent le bitume de la rue Peytavin. Fermes sur leurs gardes, les Forces de l’ordre déroulent leur impressionnant arsenal. Posté devant la rue qui relie le ministère des Mines à la Place Washington, le sous-préfet de Dakar-Plateau, tel un maestro devant un orchestre, est escorté d’une foule de flics. La fouille d’identification ne faiblit pas. La circulation est à l’arrêt. Certaines voies, notamment celles qui mènent vers le ministère de l’Intérieur, sont barricadées. Un silence d’inquiétude prévaut chez des boutiquiers qui, faute de voir des acheteurs, observent impuissants le spectacle.
D’un air respectueux, le sous-préfet tente de dissuader les manifestants. Son appel va tomber dans l’oreille d’un sourd. «C’est la Constitution qui nous autorise de manifester pacifiquement», lance Decroix d’un ton téméraire. Les conciliabules n’ayant pas abouti, la police entre dans la danse. Les grenades lacrymogènes dispersent la petite foule. C’est le sauve-qui-peut. «Woye sama ndey», crie-t-on. Une fumée épaisse se propage dans l’atmosphère et rend la respiration délicate. Un spectacle que tente de déplorer Mamadou Diop Decroix et Oumar Sarr devant la presse. Le leader d’Aj/Pads est ceinturé à la gorge par un flic. Tentant de riposter, il sera maîtrisé par d’autres policiers venus à la rescousse. Oumar Sarr qui l’a suivi dans le panier à salade a été vite relâché.

Decroix et une vingtaine de manifestants arrêtés puis relâchés
Pendant ce temps, Madické Niang et El Hadji Amadou Sall sont introuvables. Si le premier a trouvé refuge au ministère des Mines, le second a fait montre d’un «talent» d’athlète dans les rues du centre-ville. Sommé de s’éloigner par des hommes en tenue qui le suivaient, Me Sall réplique : «Que je sache, il n’est pas interdit d’être debout.» Finalement, il s’exécute. Dans cette ambiance débarquent les députées libérales Woré Sarr et Marie Sow Ndiaye. Cette dernière, arborant une écharpe aux couleurs nationales, essaie de réussir l’exploit de visiter la Place Washington. Invitée à rebrousser chemin par les Forces de l’ordre, la responsable de la commission féminine de l’Ujtl crie : «On est plus en démocratie, mais en ‘’dolécratie’’ (force). Macky Sall est un dictateur.» C’en est trop ! Elle est brutalement maîtrisée par la police. Woré Sarr, par solidarité à sa sœur de parti, s’interpose : «Si vous l’arrêtez, il faut aussi m’arrêter», défie la présidente des femmes du Pds.
En somme, d’autres responsables comme Mamadou Lamine Massaly, Cheikh Gadiaga de Rewmi seront interpellés. Finalement, vers 12h 30, la police aura parfaitement maîtrisé les manifestants. Au total, elle aura interpellé une vingtaine de manifestants dont Mamadou Diop Decroix et Marie Sow Ndiaye. Ils ont tous été libérés dans la soirée.

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