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Mme le proviseur et des éléves dans la cour du Lycée Seydou Nourou Tall.

A Dakar, la plupart des élèves étaient au rendez-vous à la reprise des cours hier pour les classes d’examen. Mais le respect des gestes barrières demeure un autre défi pour éviter que l’école ne se transforme en foyer de propagation du Covid-19.

Mme Annie Coly est furax. La proviseure du lycée Thierno Seydou Nourou Tall s’est départie de sa mine joviale et diplomatique devant l’inspectrice d’Académie de Dakar, Khadiatou Diallo, pour rappeler à l’ordre des élèves de 3ème. Il est 12h : Après 4h de cours, un groupe quitte l’établissement dans l’insouciance. «Respectez la distanciation physique ! Mettez-vous en rang !», intime Mme Coly d’une voix autoritaire. Les élèves s’exécutent.
Droite dans ses bottes, la proviseure suit la procession méticuleusement. Certains récalcitrants du groupe sont appelés pour être sévèrement réprimandés. La queue est illico-presto formée avec deux mètres de distance entre les candidats au Brevet de fin d’études moyennes (Bfem). L’autre condition avant de prendre congé de l’école constitue le lavage des mains exigé à l’entrée comme à la sortie.
La proviseure le sait : une bonne reprise des cours passe par le respect des mesures préventives dans ce contexte de propagation du Covid-19. «On ne badine pas avec le respect des mesures barrières», précise Mme Coly qui fait quelques tours de temps en temps dans les classes pour s’assurer du bon déroulement des cours.
A l’entrée du Lycée Thierno Saïdou Nourou Tall, les lave-mains rappellent le contexte particulier de cette reprise partielle des cours après plus de 3 mois d’arrêt du fait de la pandémie du Covid-19. Tout entrant doit décliner son identité avant de se laver les mains avec du savon et du gel hydro-alcoolique. Des volontaires de la Ville de Dakar, armés de thermo flashs, sont chargés de vérifier la température des entrants.
Dans la cour, les porteurs d’uniforme beige-marron essaiment par groupe. Ce ne sont pas des militants de l’Apr comme le voudrait l’illusion optique mais des élèves extasiés de revenir dans un lieu habituel où ils sont absents depuis le 14 mars 2020. Tous masqués, ils discutent du débat en vogue : la propagation du Covid-19. D’autres font cours dans des salles de classe à moitié pleines : 20 par salle. «Je vois que mes classes sont pleines malgré quelques absents», se félicite la proviseure Coly qui note «très peu d’absents». De quoi rassurer les parents d’élèves, qui rechignent encore à laisser leurs enfants prendre le chemin de l’école.
Dans ce lycée qui jouxte la Fastef, ex-Ecole normale, la reprise des cours n’est pas une chimère voire un vœu. Une situation loin d’être gagnée d’avance il y a quelques jours à cause d’un manque d’eau. «L’eau coule à flots avec une pression extraordinaire», se réjouit Annie Coly précisant que moins de 400 élèves sont concernés par cette reprise.
Mme Coly explique le procédé du retour du liquide précieux dans l’établissement : «C’est un jour de reprise que nous appréhendions beaucoup. Mais depuis hier les forces de l’Etat se sont liguées pour nous approvisionner correctement en eau, nous sommes très heureux de pouvoir démarrer ces cours en même temps que tous les candidats aux examens du Sénégal. Nous ne pouvions pas entamer la reprise en même temps que toutes les autres écoles parce que le week-end dernier, nous avions constaté une baisse du débit d’eau et un arrêt total de l’approvisionnement en eau. Ce que nous vivons depuis quelques années dans ce lycée. Grâce à l’entregent de l’inspectrice d’Académie de Dakar, M. le Gouverneur de Dakar, nous avons pu démarcher la Sen Eau qui a diligenté ses équipes. Le Service du Coud a été également mis à contribution et nous permettra de nous brancher à la Fastef. En cas de rupture, on peut avoir de l’eau à partir de notre branchement avec la Fastef.»

Insuffisance de masques dans le privé
Elève en Terminale S au Lycée Saïdou Nourou Tall, Moustapha se dit rassuré après quelques appréhensions. Cependant, l’écolier recommande la vigilance. «Le virus est toujours là. Au Sénégal, on a tendance à respecter les mesures dès le début. Mais après, on a se relâche comme c’est le cas actuellement dans le respect des gestes barrières contre le coronavirus», dit-il les mains collés au menton.
Au Lycée Sergent Malamine Camara, le constat est le même. Même dispositif. Les emplois du temps sont affichés devant les salles de classe. Dans ces salles de classe, les profs expliquent au préalable la dangerosité du coronavirus et l’importance de respecter les gestes barrières. «Ce n’est pas facile de gérer les enfants. On fait de notre mieux pour respecter et faire respecter le protocole sanitaire. Pour ce premier jour, ils se regroupent parce que ça fait longtemps qu’ils ne se sont pas vus. Mais on va continuer à faire la police. Ce sera le plus difficile», explique Mme Aïssatou Souané, censeur du Lycée Sergent Malamine Camara, ex-Lymodak qui compte 822 potaches dont 5 classes de 3ème, 4 de Tle S et 10 de Tle L.
Au Lycée Ousmane Sembène de Yoff, Mademba Samba, surveillant général, indique que 350 élèves sont appelés à passer les examens cette année. Dans cet ex-Cem transformé en lycée en 2015, les opérations pédagogiques se déroulent normalement sous la supervision de la proviseure Awa Ndiaye Sarr. Cependant, il n’en est pas de même dans une des écoles privées de la commune.
Aux Cours privés Seydina Mandione Laye de Yoff, premier lycée privé de Yoff, des élèves déplorent l’insuffisance de masques. «On ne nous a pas distribués de masques, contrairement aux écoles publiques. On achète nos masques et on ne sait même pas s’ils sont homologués. Le lavage des mains à l’entrée est la seule chose qu’on nous exige», regrette un élève de 3ème.
Pourtant, dans les établissements publics visités, il est distribué 3 masques à chaque élève et 4 pour tout enseignant. L’Etat est appelé à généraliser les dons en kits sanitaires pour éviter que l’école ne soit un foyer de contamination du virus.

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