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Le Secrétaire général du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur soutient que la reprise des cours dans les universités «doit passer inéluctablement par les instances pédagogiques qui sont seules habilitées à prendre des décisions pédagogiques». Malick Fall, qui souligne que ces dernières sont chargées de réfléchir sur tous les scénarios possibles, estime toutefois que le plus important c’est d’abord d’endiguer la maladie.

Recommandation a été faite aux académies au niveau des universités de voir les modalités de reprise des cours, selon-vous est-ce que les conditions sont remplies pour espérer une réouverture le 2 ou le 14 juin prochain ?
Nous pensons que cette recherche de solution doit passer inéluctablement par les instances pédagogiques qui sont seules habilitées à prendre des décisions pédagogiques. Il nous faut laisser à ces différentes structures le soin de regarder ce qui est possible de faire et en raison des spécificités des établissements, et en fonction également de leur niveau d’avancement dans les enseignements. Nous avons arrêté les enseignements en mi-mars et il y avait certaines universités qui avaient fini le premier semestre et qui avaient même entamé les examens. D’autres l’avaient terminé et avaient entamé les cours du second semestre. Alors que d’autres étaient dans des situations beaucoup plus compliquées. Donc on ne peut pas prendre la décision de façon unilatérale de dire : «Voilà la direction que nous allons prendre.» Il faut laisser le soin aux différents établissements de faire l’inventaire, et de dire à partir de cette situation voilà ce que nous envisageons de faire. Tout cela est sous-tendu par les avis des structures qui sont chargées sur le plan sanitaire de donner des orientations. Si on devait aujourd’hui par exemple ouvrir l’Ucad, c’est 100 mille étudiants qui vont venir et de toutes les contrées où le virus est présent. Est-ce que nous avons les possibilités de gérer cela ? 100 mille étudiants à Dakar, où nous avons des amphithéâtres qui sont bondés, des étudiants qui vont se retrouver ensemble dans les restaurants, qui vont se retrouver pour boire du thé. Il suffit d’avoir un seul cas et c’est le Sénégal qui va… Donc c’est extrêmement important d’avoir l’avis des techniciens de la Santé pour pouvoir dire voilà l’orientation.

Il y a la question de l’enseignement à distance qui est soulevée…
Nous avons parlé de l’enseignement à distance, nous avons parlé de plateformes. Il ne faut pas improviser des choses. Dans la vie il faut être le plus réaliste possible, le réalisme nous commande d’être prudents. Parce que nous ne pouvons pas aussi sacrifier la vie des étudiants ni sur le plan sanitaire ni sur le plan scolaire et universitaire. Des étudiants sont aujourd’hui dans des contrées les plus reculées du Sénégal où l’accès à l’électricité et à l’internet pose problème. Il ne faut pas penser que tout le monde a les mêmes moyens d’accès à des tablettes, à des ordinateurs. Notre devoir, c’est de faire en sorte que nous ayons l’équité. Que tous ceux qui sont concernés puissent être traités de la même façon pour qu’il n’y ait pas un poids deux mesures. Ce sont ces éléments qu’il faut analyser au niveau de ces instances pédagogiques et voir quel est le scénario le plus plausible de reprise des cours, ou bien le scénario le plus adéquat pour pouvoir mettre à la disposition des étudiants les enseignements en ligne ou sous quelque format que ce soit. Il est important de laisser à ces structures le soin d’analyser et de faire des propositions. Ces propositions doivent être sous-tendues par les avis des experts médicaux. Et il faudra ensuite un accompagnement de la part de l’Etat.

Vous en tant que syndicat, vu les limites objectives que vous venez de soulever, qu’est-ce que vous proposez ?
Nous évitons de dire en tant que syndicat voilà les propositions, parce que nous serions en porte-à-faux avec nos principes. Parce que nous avons défendu le principe de laisser le soin aux instances pédagogiques de se réunir et de décider. Si nous décidons à leur place c’est comme si c’était le ministère de l’Enseignement supérieur qui décidait à leur place. Nous voulons être cohérents avec nous-mêmes, la cohérence nous dicte d’avoir une attitude de respect vis-à-vis des instances pédagogiques. Nous allons laisser à ces instances le soin de pouvoir se réunir et de faire des propositions. Ce sont nos militants qui sont dans ces instances, ils vont analyser froidement les choses et dire voilà la position de ces instances.

Au regard de toutes les contraintes énumérées tantôt, pensez-vous que la reprise des cours sera possible au mois de juin ?
Pour moi ce n’est pas important de savoir si c’est le 2 juin ou le 14 juin. Ce qui est important, c’est de réunir les conditions optimales ou minimales de reprise. Ces conditions minimales de reprise, il faut analyser la situation. Aujourd’hui ce qui est important c’est d’abord de faire en sorte que la maladie soit endiguée. Toute notre énergie nous devons la concentrer sur comment endiguer la maladie. Comment faire avec cette politique de sensibilisation pour que les chaînes de transmission soient rompues. Une fois que cela est fait, le Saes, les enseignants sont prêts à consentir tous les sacrifices qu’il faut. Parce que c’est notre pays, ce sont nos enfants. Donc on ne peut pas aimer le pays plus que nous. Travaillons d’abord à endiguer la maladie, à rompre la chaîne de transmission et ensuite nous allons nous mettre autour d’une table et voir quelles sont les conditions optimales de reprise.

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