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Beaucoup des pensionnaires internés chez eux gâtent le mobilier des hôtels et dégradent les réceptifs. Ajouté à cela, la somme modique que l’Etat paie pour le séjour de chaque pensionnaire, les responsables des hôtels s’attendent à de lourds investissements pour remettre leurs propriétés à niveau.

Les propriétaires des réceptifs hôteliers de Dakar ne sont pas contents, même s’ils n’osent pas le crier tout haut. Pour beaucoup qui ont joint Le Quotidien, la situation qu’ils traversent avec la réquisition de leurs hôtels est à la limite du tolérable. A commencer par le «dédommagement» qui leur est accordé.
Ils expliquent : «L’Etat nous paie 50 mille francs Cfa par chambre et par jour, pour les pensionnaires qu’il nous envoie en confinement. Rien que ce montant est dérisoire pour des réceptifs dont le tarif moyen est de plus de 100 mille francs en temps normal.» Néanmoins, contraints et forcés, tous ont été obligés de faire contre mauvaise fortune bon cœur. D’autant plus que leur avis n’était pas sollicité.
Et cela n’est pas le plus terrible. La question tient aux dégâts engendrés par cette situation. L’Etat utilise les hôtels de la place pour interner les personnes suspectes pour avoir été en contact avec des personnes atteintes de Covid-19. Mais il se fait que, pour une bonne part de ces cas suspects, certains n’ont jamais approché un hôtel de près. Ces gens ne savent même pas comment utiliser les commodités mises à leur disposition.
«Nous avons commencé à noter des lits détériorés, certains matériels dans les salles de bain qui sont abîmés, et même des tapis souillés», se plaint un hôtelier. Il souligne même que, laissés à eux-mêmes pour une bonne partie du temps – le personnel de l’hôtel étant réduit au strict minimum, et ceux qui sont présents n’ayant pas le droit d’approcher les pensionnaires – les individus en confinement ne respectent quasiment pas les règles de distanciation sociale.
«Certains invitent leurs voisins à prendre du thé en chambre ; d’autres se commandent le repas de Ramadan du dehors qu’ils consomment dans leurs chambres. Et ils se soucient peu de dégrader le mobilier de l’hôtel…» ; d’où le cri du cœur : «Il est certain que nous serons obligés, une fois la réquisition levée, de réinvestir pour remettre nos hôtels à niveau. Et on ne sait même pas si l’Etat pourra nous dédommager. Et même s’il devait le faire, nul ne peut dire en ce moment quand les fonds viendraient à être débloqués», lâche le responsable de l’un des plus importants réceptifs de Dakar.
Comme quoi, les dégâts économiques du Covid-19 peuvent prendre plusieurs formes.

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