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Hier, le Parquet a requis de lourdes peines contre la majorité des co-accusés de l’imam Alioune Badara Ndao. Le procureur Aly Ciré Ndiaye a demandé à la chambre criminelle la perpétuité contre les accusés Matar Diokhané, Lamine Coulibaly, Cheikh Ibrahima Ba, Oumar Yaffa, Ibrahima Diallo, Abdoul Aziz Dia, Abou Diallo, Mohamed Lamine Mballo, Latyr Niang, Ibrahima Mballo, Abdou Akim Mbacké Bao. Le maître des poursuites a sollicité aussi des juges la condamnation à 30 ans de travaux forcés pour imam Ndao, 20 ans de travaux forcés contre Moustapha Diatta et Saliou Ndiaye. Pape Kibili Coulibaly, Ibrahima Ndiaye, El Hadji Mamadou Ba, eux, risquent 15 ans de travaux forcés derrière les barreaux. Et pour Coumba Niang, le ministère public a sollicité qu’il soit retenu contre elle les chefs d’accusation de financement du terrorisme et blanchiment de capitaux. Pour la peine, il a suggéré 5 ans de prison ferme pour blanchiment et 10 ans pour financement du terrorisme. Sa coépouse, Amy Sall, et Alioune Badara Sall passeront 5 ans en prison, si le Tribunal suit le Parquet. Pour les autres membres du groupe, le parquetier a requis l’acquittement pur et simple.

Les travaux forcés à la perpétuité constituent la plus lourde peine retenue par le procureur dans le procès des supposés terroristes. Le parquetier Aly Ciré Ndiaye a sollicité cette peine à l’encontre des accusés Matar Diokhané, Lamine Coulibaly, Cheikh Ibra­hima Ba, Oumar Yaffa, Ibrahima Diallo, Abdoul Aziz Dia, Abou Diallo, Mohamed Lamine Mballo, Latyr Niang, Ibrahima Mballo, Abdou Akim Mbacké Bao.
Pour imam Alioune Badara Ndao, il a requis 30 ans de travaux forcés pour les crimes d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, apologie du terrorisme, blanchiment de capitaux, financement du terrorisme, détention d’arme et de munitions sans autorisation administrative.
Pour ce qui est de Moustapha Diatta et de Saliou Ndiaye, le maître des poursuites a demandé une condamnation à 20 ans de travaux forcés. Pape Kibili Coulibaly, Ibrahima Ndiaye, El Hadji Mamadou Ba, eux, risquent 15 ans de travaux forcés derrière les barreaux. Et pour Coumba Niang, Aly Ciré Ndiaye a requis qu’il soit retenu contre elle les chefs d’accusation de financement du terrorisme et blanchiment de capitaux. Pour la peine, il a suggéré 5 ans de prison ferme pour blanchiment et 10 ans pour financement du terrorisme. Sa coépouse, Amy Sall, et Alioune Badara Sall resteront en prison pour 5 ans, si le Tribunal suit le Parquet.

Acquittement requis pour 8 co-accusés
Par ailleurs, le ministère public a requis l’acquittement pur et simple des nommés Mariame Sow, Ibrahima Hann, Alpha Diallo, Oumar Keïta, Mor Mbaye Dème, Mamadou Moustapha Mbaye, Boubacar Decoll Ndiaye et Daouda Dieng. Le procureur a avancé l’absence de preuves contre toutes ces 8 personnes quant à leur responsabilité dans cette affaire.
Dans son réquisitoire, le procureur s’est d’emblée attardé sur les commentaires des citoyens sénégalais, après l’arrestation des différentes personnes citées dans cette affaire. «Les plus sceptiques disaient que leur arrestation n’était que pour justifier des fonds reçus de l’étranger pour la lutte contre le terrorisme», commente-t-il. Mais pour lui, il s’agit là d’une «illusion dangereuse parce qu’elle nous conduira à négliger les efforts colossaux qui doivent être déployés pour le combat contre le terrorisme qui ne passe pas seulement par les armes, le judiciaire, mais un service de renseignement efficace», dit-il.

«Il existe des preuves accablantes contre les accusés»
Toujours d’après Aly Ciré Ndiaye, «nous sommes concernés parce que nous sommes sous le coup de la menace. Vous avez devant vous à juger des faits commis par des Sénégalais à l’étranger en relation avec une entreprise terroriste. Il existe des preuves accablantes contre les accusés. Nous devons nous estimer heureux d’avoir des personnes qui répondent des crimes de terrorisme parce que la volonté du terroriste est de mourir et ne jamais faire face à ses responsabilités pénales». Alors, à l’enquête préliminaire tout comme devant le juge d’instruction et à la barre, Matar Dio­khané avait soutenu avoir assisté des compatriotes à sortir du fief de Boko haram au Nigeria. Hier, le procureur a indiqué que l’accusé avait déclaré à l’enquête prélimi­naire que «ses enseignements avaient permis aux combattants de Boko haram d’avoir une vision beaucoup plus concise dans leur lutte». Et d’ajouter : «Il nous fait croire qu’il n’a aucun rapport avec Boko haram alors qu’il s’était entretenu avec Abubacar Shekau, chef terroriste, de 9h à 17h, pour obtenir l’autorisation de sortie de Séné­galais. Mais il n’a pas dit la véritable raison pour laquelle Shekau a cédé.» En acceptant de recevoir les 6 millions de nairas de Shekau, dit le parquetier, Diokhané avait pour intention de venir exécuter une mission qui constituait à perpétrer des attaques au Sénégal.

«La volonté d’en découdre avec les confréries n’a jamais quitté Matar»
Le représentant du ministère public a également soutenu que depuis les évènements de Diourbel entre 2011-2012 au cours desquels la mosquée de l’imam Abdou Karim Ndour a été attaquée, «cette flamme de vengeance, cette volonté d’en découdre avec les confréries n’a jamais quitté Matar. Il n’a jamais perdu de vue son projet de s’attaquer aux confréries, un projet ficelé qui a été bien structuré».
En outre, M. Ndiaye est revenu sur le fameux document dans lequel il a été révélé que les terroristes projettent d’installer un Etat islamique au Sénégal, dans les deux Guinées et en Gambie. Et dans ce document transmis à Matar Diokhané, il est mentionné que les cibles prioritaires étaient les Français et les attentats-suicides, la destruction d’installations militaires, de banques, de bâtiments administratifs, l’occupation du terrain étaient aussi au menu. Mais Aly Ciré Ndiaye s’est interrogé : «Qui est Diokhané pour recevoir ce projet ? Pourquoi il a eu à recevoir un tel projet ? La réalité sur les véritables intentions avouées ou inavouées étaient claire.»
«Imam Ndao a adhéré au projet de Diokhané, il était prêt à diriger les actions»
A propos de l’imam Alioune Badara Ndao, le procureur dira que «c’est quelqu’un qui a adhéré au projet de Diokhané, qui était prêt à diriger les actions. C’est constant, ajouté à son plan de développement local. Il a reconnu avoir reçu 9 millions de Ibrahima Diallo qui lui avait déjà dit avoir été dans des zones de combat au Nigeria et qui lui avait également dit de faire de lui leur sage».
Cependant, lors des auditions à la barre de la Chambre criminelle, les avocats du guide spirituel avaient présenté une enveloppe dans laquelle il y aurait ledit montant. Et pour le Parquet, cela constitue «la preuve irréfutable».
Parlant du crime d’apologie du jihad, le procureur Ndiaye a déclaré qu’imam Ndao a reconnu avoir animé une conférence au Lac Rose dont le thème porté sur les mouvements jihadistes. «Une telle conférence n’était destinée qu’à faire l’éloge des organisations terroristes. Et par des discours, l’imam Ndao a fait l’éloge des groupements terroristes», soutient-il.
msakine@lequotidien.sn

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