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Très attendu, le réquisitoire du procureur n’a pas été tendre pour Khalifa Sall et ses coaccusés. Serigne Bassirou Guèye demande au Tribunal de condamner le maire de Dakar à 7 ans de prison ferme et à une amende de plus de 5 milliards.

Yeux embués de larmes, une sympathisante déboussolée, le visage à demain, quitte la salle 4 du Palais de justice. Silence radio. La jeune dame ne peut plus supporter le douloureux spectacle qu’offre le procureur depuis près de 2 heures. La cause ? 7 ans de prison ferme et une amende de 5 milliards 490 millions F Cfa requis contre Khalifa Ababacar Sall et Mbaye Touré. 5 ans contre Yaya Bodian, Ibrahima Yatma Diaw et Amadou Moctar Diop et 2 ans dont un an ferme à la trésorière de la mairie de Dakar, Fatou Traoré. Quant aux deux percepteurs, Mamadou Oumar Bocoum et Ibrahima Touré, Serigne Bassirou Guèye a sollicité leur relaxe pour «insuffisance d’éléments prouvant leur culpabilité».
Un réquisitoire qui a mis bouche bée les spectateurs. D’ailleurs, avant la levée de la séance, les amis et proches du député-maire de Dakar, abattus, désertent le Temple de Thémis. Khalifa Sall, lui, comme souvent, observe indifféremment le procureur de la République qui a balayé d’un revers de la main ses arguments. Et pour se livrer à cet exercice, le parquetier a parfois joué avec les émotions du public. Dans une plaidoirie comique, truffée d’apostrophes à l’endroit des accusés, Serigne Bassirou Guèye épingle d’emblée Fatou Traoré, trésorière de la mairie de Dakar. «L’infraction de faux sur écriture de commerce est établie à partir du moment où le riz n’a jamais été livré. L’article 135 du Code pénal, pour cette seule infraction, vous condamne. La complicité de faux dans un document administratif vaut entre 6 mois et 3 ans», déduit-il sous la désapprobation générale.
Pour Yaya Bodian, Ibrahima Yatma Diaw et Amadou Moctar Diop, le procureur fait recours aux articles 153 et 379 du Code pénal relatifs à l’escroquerie sur les fonds publics. «Même si c’est pour construire des mosquées, des routes, l’escroquerie sur des deniers publics est réelle», rappelle le procureur qui précise que la loi prévoit un emprisonnement de 5 à 10 ans. S’agissant de Khalifa Sall et Mbaye Touré, le Parquet estime que les infractions sont constituées, quelle que soit la nature des fonds. «Les fonds ne sont pas politiques, ce sont des détournements de deniers publics. A supposé que ce sont des fonds politiques, l’escroquerie portant sur des deniers publics et faux et usage de faux en écriture de commerce peuvent leur valoir 5 à 10 ans de prison», souligne-t-il.
Et le procureur estime à l’endroit du Tribunal qu’à part Fatou Traoré, les autres prévenus ne peuvent pas bénéficier de sursis pour leur condamnation. La défense qui boucle les plaidoiries lundi aura 3 jours pour déjouer les offensives du Parquet et de l’Etat.
bgdiop@lequotidien.sn

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