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«Gestion des ressources et érosion côtière : quels impacts potentiels des changements climatiques sur les communautés de pêcheurs» : c’est le thème de la journée d’immersion des pots à ponte de poulpe organisé hier par le Conseil local des pêches artisanales de Sindia-Nord. Cette rencontre qui vise à assurer la survie de cette espèce a été un moment important pour les pêcheurs du département de Mbour. Ainsi, lors de cette journée qui s’est tenue au quai de pêche de Saly Coulang, 2 000 pots de ponte à poulpe ont été immergés pour favoriser leur régénération.
Selon le coordonnateur du Clpa de Sindia-Nord, Abdoulaye Ndiaye, sur les 2 000 pots, 1 500 sont financés par le ministère de la Pêche et de l’économie maritime et les 500 autres sur fonds propres par le Clpa, pour un coût de 2,5 millions de francs Cfa, dont 625 mille francs Cfa représentant la contribution de la structure.
A en croire le coordonnateur du Clpa de Sindia-Nord, le poulpe occupe une place très importante dans les débarquements. Dans les six localités du département, les débarquements ont atteint un total de 133 tonnes en 2016 pour une valeur commerciale en moyenne de 332 millions 500 mille francs Cfa.
Sur cette prise, la commune de Saly occupe la première place devant les autres localités du Clpa de Sindia-Nord avec des débarquements de plus de 69 tonnes, soit 52%, pour une valeur commerciale d’environ 175 millions de francs Cfa ; d’où le choix de cette commune pour abriter la cérémonie d’immersion des pots pour les poulpes.
Avec l’érosion côtière, la régénération du poulpe rencontre des difficultés, car la destruction de la façade maritime a perturbé l’écosystème : «Nul n’ignore que les impacts de l’érosion côtière sur les communautés de pêcheurs de Saly et sur la façade maritime avec la destruction des aires de débarquement des pirogues ont beaucoup perturbé l’écosystème côtier avec la disparition d’espèces et d’habitats, ainsi que de zones de reproduction de diverses espèces. D’autres phénomènes pourraient être constatés, si aucune réaction n’est faite pour préserver cet écosystème des risques liés aux changements climatiques, s’est inquiété Abdoulaye Ndiaye.
Pour une bonne gestion de la ressource, il prône de mener des actions de sensibilisation en direction de ces communautés sur tout acte de destruction ou de mauvaises pratiques pouvant contribuer à accentuer ces répercussions sur l’environnement et les communautés ; d‘où l’appel lancé aux maires et à la Sapco «de prévoir dans leurs réserves foncières des zones de recasement pour les populations habitant en face de la mer et qui pourraient se retrouver dans des situations critiques si des solutions idoines ne sont pas trouvées à ces phénomènes d’érosion côtière et de changements climatiques. J’exhor­te la Sapco et les hôteliers à travailler avec les Ong qui s’activent dans la gestion environnementale et à la protection des zones menacées par l’érosion côtière pour trouver des solutions idoines à ces problèmes et contribuer au financement du plan d’adaptation de la pêche face aux changements climatiques à l’horizon 2035».
abciss@lequotidien.sn

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