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Aminata Mbengue Ndiaye, ministre de l’Élevage...

Ce sera d’abord un projet expérimental de restauration des sols et du pâturage dans le ranch de Dolly qui va être déroulé sur une période de 3 à 5 ans avant son passage à l’échelle. Le ministère de l’Elevage, en partenariat avec Heifer international et l’institut Savory, spécialisé dans la lutte contre la désertification, veut changer le visage du ranch et lui faire jouer un rôle économique dans la zone sylvo-pastorale.

Le ministère de l’Elevage et des productions animales veut mettre en œuvre un projet expérimental sur la restauration des sols et du pâturage dans le ranch de Dolly. En partenariat avec Heifer, une organisation internationale qui œuvre dans l’élimination de la pauvreté et de la faim, et l’institut Savory dont la mission principale est la lutte contre la désertification et la restauration des sols, le ministère, à travers un atelier d’élaboration, va définir les contours de ce partenariat pour la mise en marche de ce projet. Récemment, le directeur de l’Institut Savory avait effectué une visite d’une semaine dans le ranch. Cette visite avait permis de rencontrer les responsables des organisations locales et de visiter les différentes parties du ranch. Un diagnostic avait été fait sur l’état des sols et du couvert végétal, souligne Daouda Ndao, directeur des Programmes de Heifer international/Sénégal.
Cet atelier vient donc compléter la série de rencontres initiées en amont. Il regroupe des chercheurs sénégalais et de l’institut Savory, des représentants d’associations d’éleveurs. Durant 5 jours, les participants vont réfléchir sur un type de management et d’exploitation pour réhabiliter le ranch et appuyer l’élevage dans cette zone. A l’issue de ces concertations, il sera mis en place un projet expérimental de x hectares sur 3 à 5 ans.
«Si toutefois les résultats sont positifs, nous allons passer à l’échelle et toucher les 87 mille hectares du ranch», informe Daouda Ndao qui affiche son optimisme. «L’institut Savory a mené de nombreuses recherches presque partout dans le monde pour lutter contre la désertification. Il prône une gestion holistique du pâturage afin d’augmenter la rétention en eau des sols grâce au piétinenent des animaux. Avec cet institut, on arrivera à atteindre nos objectifs», clame-t-il.
Il faut admettre que le ranch de Dolly a une vocation pastorale, mais il ne joue pas vraiment le rôle qui est attendu. «Le site est marqué par une forte déforestation et une dégradation avancée des sols. La conséquence est que ceux-ci sont devenus pauvres et le pâturage presque inexistant», constate Khadim Guèye, conseiller technique au ministère de l’Elevage et des productions animales. Or, «on ne peut pas parler de développement de l’élevage au Sénégal en mettant de côté le ranch de Dolly», souligne le directeur des Programmes de Heifer.
Pourtant, le ranch a pu bénéficier d’une réhabilitation. Il a été construit un mur de 120 km de longueur avec 14 portes équipées de logement de gardiens et kit solaire pour l’éclairage. Un forage à gros débit de 230 m3/heure, un des plus gros, selon Khadim Guèye, un château d’eau de 100 m3 et un réseau d’addiction d’eau de 110 km répartis dans les 4 secteurs du ranch, selon les explications de M. Guèye.
Des réalisations qui visent à sécuriser le ranch et lui permettre de jouer son rôle économique dans la zone sylvo-pastorale et le développement de l’élevage au Sénégal. Outre les réalisations, la restauration des pâturages du ranch est, selon Khadim Guèye, capitale, car «la restauration de ce site touche un problème majeur de notre système d’élevage : l’alimentation dont le cheptel dépend largement. Il nous faut gérer ces pâturages au risque d’exposer nos bétails dans une insécurité alimentaire», prévient-il.
ndieng@lequotidien.sn

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