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La Société nationale de recouvrement (Snr) vient de boucler un quart de siècle d’existence avec des résultats très conséquents. Mais des changements intervenus dans les règlementations juridiques nationales et régionales poussent la structure à se refonder et à réfléchir à de nouvelles missions.

La Société nationale de recouvrement (Snr) vient de boucler un quart de siècle d’existence. Selon son directeur général, Me Babacar Diallo, «la Snr présente des résultats très conséquents. Nous avons recouvré sur le portefeuille originel qui provient des banques comprises dans la restructuration du secteur bancaire 62 milliards de francs Cfa. Une partie en espèce, une autre en nature, mais aussi une partie en compensation. Et nous avons remboursé en termes de dépôt 38 milliards de francs Cfa», a indiqué Me Diallo. Seulement, les règles juridiques qui régissaient le fonctionnement de la structure ont changé à la faveur de la révision du Code général des impôts et des dispositions communautaires de l’Ohada. «L’un dans l’autre font que la Snr a presque perdu son immunité d’exécution», a noté le ministre du Budget, Birima Mangara, qui a précisé que la Snr est très importante dans le dispositif financier du Sénégal. «Et on pense qu’elle peut accomplir d’autres missions», dit-il.
C’est pour définir ces nouvelles missions que la Snr est en conclave depuis hier. «On voudrait maintenir ces missions de recouvrement des créances bancaires, mais étendre nos missions à d’autres activités. On s’est rendu compte qu’il y a d’autres créances publiques qui sont en souffrance dans le pays. Il y a des sociétés nationales et des établissements publics qui peinent à recouvrer leurs créances. Ce sont des pertes de ressources pour l’Etat alors que la loi 91-21 qui a créé l’entreprise prévoit qu’à terme, elle pourrait servir d’instrument de recouvrement de l’Etat pour les entreprises publiques, les sociétés nationales», a argué le directeur. Selon les explications de Me Diallo, ces nouvelles missions intègrent le recouvrement de toutes les créances non fiscales comme les amendes des tribunaux, les avoirs visés dans la traque des biens mal acquis ou les créances des sociétés publiques.
De plus, informe Me Diallo, «on s’est rendu compte qu’il y a un problème même au niveau des banques privées de la place qui ont des problèmes de créances. Elles sont obligées de provisionner des sommes énormes en termes de créances non recouvrées. Ces différentes structures ont fait le déplacement pour venir discuter avec la Snr de la possibilité de nous confier ce portefeuille. Le fait de recevoir ces nouveaux portefeuilles du secteur bancaire privé contribuerait à assainir davantage le secteur et même l’environnement des affaires», a assuré Me Diallo.
La création de la Snr en 1991 entre dans le cadre du programme d’assainissement du secteur bancaire. Dans ce cadre, la société a reçu des portefeuilles de créances hérités de 7 banques dont la Banque nationale de développement du Sénégal (Bnds), la Sonabanque ou la Banque sénégalo-koweitienne (Bsk). A ces mandats se sont ajoutés des portefeuilles confiés de l’Union européenne et de la Banque ouest africaine de développement (Boad). «La société continue à exécuter ses missions originelles. On continue à recouvrer le portefeuille originel, mais aussi d’autres créances qui nous ont été confiées par la suite par l’Etat. Et récemment, nous avons reçu les portefeuilles de la Banque régionale de solidarité (Brs) de la sous-région et qu’on est en train de recouvrer dans 8 pays de l’Uemoa. Et aussi un portefeuille de créances de 50 milliards de francs Cfa de la Caisse nationale de crédit agricole (Cncas) qui nous a été transféré par l’Etat du Sénégal pour recouvrement et on a déjà démarré», informe Me Diallo.
mamewoury@lequotidien.sn

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