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Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) boude les amphithéâtres. Tant que les salaires de décembre ne sont pas payés, il n’y aura pas de cours à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Les syndicalistes s’insurgent contre le retard récurrent des salaires du personnel. Il dénonce un budget incohérent, qui ne couvre pas les 12 mois de fonctionnement du personnel de l’Université.

Ce sera un débrayage tous les jours jusqu’au paiement effectif des salaires de décembre pour tout le personnel de l’Université Cheikh Anta Diop. Les enseignants membres du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) décrètent ainsi leur mot d’ordre de grève. Ils n’envisagent pas de reprendre les enseignements tant que les salaires de décembre ne sont pas payés. Ibrahima Daly Diop, coordonnateur du Saes de Dakar, parle de «sabotage» de la part des autorités et s’insurge contre le retard récurrent du paiement des salaires des enseignants de l’Ucad. «On ne peut avoir un budget qui avoisine les 30 milliards et vouloir voter un autre qui est en dessous de cette somme», fustige-t-il.
Pour le syndicaliste, rien que les salaires, c’est 2,3 milliards voire 2,4 milliards par mois. Le minimum, selon le responsable syndical, «c’est de prendre un budget qui couvre les 12 mois de salaire, mais on constate qu’à l’université chaque année, on nous vote un budget qui ne couvre pas ni les 12 mois de salaire ni les frais de fonctionnement».
Rejetant la responsabilité sur le gouvernement, il accuse le ministre de l’Economie, des finances et du plan qui, selon lui, se fait représenter à l’Assemblée de l’Université, qui adopte le budget. «Juste pour dire non, il faut nous aider en ne votant pas les 12 mois de salaire. Et malheureusement, le recteur ne veille pas à ce qu’il y ait un budget de vérité. Il faut arrêter avec cette mascarade. Parce que c’est juste de la comédie», tonne le coordonnateur du Saes qui promet de continuer la lutte avec ses collègues pour que le budget de 2018, qui n’est pas encore voté au niveau de l’Université, puisse intégrer toutes les sommes dues au titre du personnel, mais également au titre de tout ce qui est fonctionnement. Les enseignants du supérieur alertent également l’opinion sur le fait que les présidents de jury du Baccalauréat soient toujours dans l’attente des indemnités qu’on leur doit. Et aussi du fait que les avancements depuis 2015 ne soient pas payés.

Les syndicalistes exigent un audit des contrats de performance
Les syndicalistes se sont prononcés sur un autre sujet tout aussi important, à savoir les Contrats de performance (Cdp). Le Saes exige un audit des Cdp à l’Université Cheikh Anta Diop. Pour les syndicalistes, «cela fait deux ans que nous attendons du matériel de laboratoire, de travaux pratiques qui n’est pas encore livré et qui devrait être fait», expliquent-ils. D’après le coordonnateur du Cdp, Ibrahima Daly Diouf, «le matériel est au port depuis deux ans». «Si le matériel est au port, qu’est-ce qu‘il attend pour être livré», s’interroge le syndicaliste qui ajoute que «beaucoup de milliards ont été investis par le Cdp. Il faudrait qu’on sache où est-ce que ces milliards sont passés. En tout cas, au niveau de l’université, en tant qu’acteurs, nous ne l’avons pas vu», s’indigne-t-il.
L’Université renoue ainsi avec les perturbations, mais elles pourraient connaître le pire si rien n’est fait puisqu’en plus de ce mouvement d’humeur du personnel, il y a un préavis de grève qui couvre toutes universités déposé depuis le 20 décembre. Un préavis qui vise deux points, à savoir l’âge de la retraite à 65 ans et l’application de la réforme des titres au niveau de l’université et de tout le personnel. Les enseignants dénoncent une absence de volonté de la part des autorités et préviennent des risques de troubles qui, selon eux, doivent être imputés exclusivement aux autorités.

Ibrahima Daly Diouf, coordonnateur du Saes de Dakar : «Il ne faut pas s’étonner du taux d’échec à l’université»
«Le taux d’échec à l’Université Cheikh Anta Diop est corrélé au plateau technique. Si vous travaillez dans de mauvaises conditions, n’espérez pas de bons résultats. Et le Cdp, c’était pour mettre les gens dans de bonnes conditions de travail. Malheureusement, tel n’a pas été le cas. Nous n’avons pas vu jusque-là le matériel. D’ailleurs, nous nous étonnons que le recteur soit étonné qu’ils aient ces si mauvais résultats, car au niveau de l’Ucad, il n’y a pas de bonnes conditions de travail aussi bien sur le plan infrastructurel qu’humain. Allez voir les chapiteaux, des abris provisoires, d’après le recteur, il y a deux ans sont en train de devenir des abris définitifs.»
ndieng@lequotidien.sn

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