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Directeur du Centre des opérations d’urgence sanitaire (Cous), Dr Abdoulaye Bousso dessine le plan de reprise des cours prévue le 2 juin prochain. Dans cet entretien, il fait le bilan de la stratégie mise en place par le gouvernement dont il fait partie des têtes pensantes.

A l’issue du dernier Conseil des ministres, il a été retenu la reprise des enseignements apprentissages le 2 juin prochain. Quel comportement devraient adopter élèves et enseignants ?
Pour le 2 juin, je pense que tout dépendra de la situation épistémologique pendant cette période. On l’espère, nous le souhaitons de tout cœur, qu’arrivé à cette date la situation soit maîtrisée. Cette pandémie va nous faire changer tous nos comportements. Pour les écoles, il faudra aussi adapter. Il faut que les classes aient moins d’élèves, un élève par table. Il faudrait aussi que les élèves comme les enseignants portent un masque, tout ce qu’il y a comme mesures d’hygiène soit disponible. Il faut aussi veiller à ce qu’il n’y ait plus de regroupement dans la cour de l’école jusqu’à ce qu’on n’ait plus de cas dans le pays.

La communauté éducative représente 25% de la population. Les autorités sanitaires ne devraient-elles pas s’appuyer sur elle pour vaincre l’ennemi ?
Pour nous, la communauté scolaire et estudiantine représente une bonne opportunité parce que c’est une population jeune et très active sur les réseaux sociaux et qui peut nous servir de relai pour les messages aussi bien dans leur maison que dans leur quartier, dans leur ville pour faire passer les bonnes informations. Je voudrais aussi magnifier l’initiative Cent mille étudiants contre le Covid-19.
Il faut comprendre que cette lutte c’est nous tous. Le milieu scolaire et universitaire a une très grande part en termes de sensibilisation et de mobilisation. Il n’y a pas de péril en la demeure. Ce n’est pas pour rassurer les gens, mais cette situation est prévisible et normale, donc pas d’inquiétude. Mais il faut que les populations nous aident dans cette lutte.

La pandémie gagne du terrain avec les cas communautaires. L’heure n’est-elle pas grave ?
Les cas communautaires, c’est quelque chose de normal parce que la pandémie est installée dans le pays. Quand vous voyez l’épidémiologie de cette maladie qui est une maladie à voie respiratoire et vous avez également un risque d’avoir des personnes qui ne sont pas très symptomatiques et qui peuvent tomber malades sans le savoir, c’est ce qui fait que les cas communautaires sont prévisibles.
Nous considérons un cas communautaire comme un cas positif. Et le fait de le trouver, c’est important et on doit même applaudir. C’est vrai que ça peut inquiéter parce qu’on ne sait pas où la personne a été contaminée. Si on arrive à les identifier et tous les contacts qui sont autour d’eux, on arrivera à vaincre cette maladie.
Un autre aspect important pour lutter contre ces cas communautaires, c’est de respecter les mesures que nous édictons, à savoir la distanciation sociale, le port du masque et l’hygiène des mains parce que pour vaincre cette pandémie à ce niveau, ce n’est plus des mesures médicales, mais c’est plus la communauté parce qu’à notre niveau, nous prenons en charge les malades, nous soignons dans les centres de traitement.

Ne pensez-vous pas qu’un confinement général règlerait la situation ?
C’est vrai que les gens peuvent être surpris, mais c’est normal. Une épidémie fonctionne toujours comme ça. Elle commence par : 1, 2cas et ça remonte jusqu’à ce qu’on atteigne le pic et ça redescend. C’est vrai que nous sommes effectivement à une phase où il y a beaucoup de cas même si des mesures ont été prises comme la fermeture des frontières, l’interdiction des manifestations publiques, la fermeture des écoles, le port obligatoire du masque. Ce sont des mesures aussi qui peuvent avoir un impact. Donc il faut prendre le temps de voir leur effet. Le confinement c’est le stade ultime et ce n’est pas évident dans notre contexte aujourd’hui. Ce n’est pas, comme beaucoup le pensent, la solution miracle parce que quand on voit beaucoup de pays comme la France ou l’Angleterre, ils sont en train de réfléchir sur comment «déconfiner». Pour vous dire que le déconfinement devient même un problème. Il y a beaucoup d’autres pays qui sont en train de gérer la pandémie sans passer au confinement.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face ?
Pour la prise en charge, il n’y a pas de difficultés. Peut-être que la seule contrainte que nous commençons à avoir, c’est le nombre de patients et la disponibilité des lits. Ce qui fait qu’il y a une réflexion qui est en train d’être menée et nous sommes en train de mettre dans les structures de santé des lits supplémentaires. La seule difficulté que nous savons tous est que les gens continuent à circuler, ce qui est anormal.

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