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Le Magal est un grand moment de retrouvailles, de chaleur et d’étreintes. Eloignées de leurs époux pendant plusieurs mois, les femmes affichent leur désir de toujours taper dans l’œil de l’élu de leur cœur. Ces belles dames avenantes à souhait rivalisent d’élégance, allant jusqu’à changer de garde-robes pour le plaisir de leur homme. Une belle façon de bien soigner leur apparence durant toute la présence de leur mari à leurs côtés. Le Magal de Touba, ce plus grand évènement religieux de la confrérie mouride, qui voit le retour au bercail de milliers d’émigrés, est le prétexte pour leurs épouses d’afficher et d’affirmer davantage leur «féminité». Ce jour-là, aucun détail n’est négligé : le changement des intérieurs est priorisé, l’achat de bijoux neufs et onéreux assuré. Rien que pour réserver un séjour exceptionnel et inoubliable à leurs chers époux le temps de leurs vacances pour agrémenter leur séjour. Trouvée au marché, une jeune mariée, trentenaire s’éternise devant un étal rempli de dessous féminins et toutes sortes d’accessoires. Elle dit avec le sourire : «C’est l’occasion de faire plaisir aux époux qui sont restés longtemps loin de leurs dames. Le devoir de la femme est de satisfaire et de faire plaisir à son homme, surtout quand ce dernier a fait plusieurs mois hors du pays. Je suis là pour acheter quelques dessous, car c’est aussi de notre devoir, après avoir sacrifié aux rituels religieux et renouveler notre allégeance à Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul, de penser aussi à nos époux.» Très souriante, elle ajoute : «Si je suis ici, c’est pour que mon homme puisse oublier, le temps de ce Magal, tout le calvaire qu’il a eu à endurer pendant une année entière à l’étranger.» Evidemment !
Quid des interdits décrétés par le khalife ? «Cette décision est juste valable dans les lieux publics, mais à l’intérieur des chambres tout est permis pour le plaisir de son Cheikh. J’avais plus de 200 mille F Cfa dans mon portefeuille, rien que pour me ravitailler en dessous féminins et tout ce qui doit aller avec», relate une autre dame, pressée de retrouver la chaleur de son domicile. En écho, Aminata Thiam, vendeuse de produits de femmes, se frotte les mains en cette période de gros achats. Elle dit : «Non seulement les femmes viennent en nombre, mais aussi elles achètent en quantité. Nous n’avons que ça en ce bas monde : notre religion, nos marabouts et nos époux.» C’est dit…

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