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Son mandat prend fin en août 2021. Mais déjà, le médiateur de la République a hâte de retourner à la politique. Alioune Badara Cissé l’a annoncé au chef de l’Etat et président de l’Apr, lors de sa rencontre avec ses camarades de parti samedi.

«Quand je finis mon mandat, je retourne à la politique»
La rencontre entre le Président Macky Sall et les responsables de la première heure de son parti n’a pas dévoilé tous ses secrets. Il a été question, comme l’ont écrit les journaux L’As et L’Observateur dans leurs éditions d’hier, de recoller les morceaux. Et pour un jour de «cleaning day», de nettoyer les relations salies par des suspicions, accusations, prétentions ou ambitions des uns et des autres. Seulement, il y avait un détail très important qui, semble-t-il, a changé l’ambiance pourtant jugée «bon enfant» et de «souvenirs des moments difficiles de la conquête du pouvoir». A tour de rôle, les hôtes de Macky Sall se sont exprimés et, selon L’As, d’aucuns n’ont pu retenir leurs émotions comme Diène Farba Sarr qui aurait versé des «larmes». Parmi les invités de ce samedi, il y avait Alioune Badara Cissé. Le médiateur de la République n’a pu cacher sa nostalgie de reprendre sa robe politique. Et il a saisi l’occasion de ce repas pour le faire savoir président de la République. «Oui, c’est vrai, je lui ai dit que je compte retourner dans la politique. Bien entendu, après mon mandat à la Médiature. Je ne peux pas m’éloigner de la politique, ça c’est clair. Quand je finis mon mandat, j’y retourne», confirme ABC par téléphone.

«Je resterai à l’Apr bien sûr parce que quand même je l’ai créée»
Mais dans un contexte de débat autour de la succession de Macky Sall qui fait en principe son dernier mandat, les commentaires n’ont pas manqué de pleuvoir aussitôt après la réunion des retrouvailles. Certains Apéristes ayant pris part à ce rendez-vous soupçonnent l’ancien numéro 2 de l’Apr de vouloir «surfer dans l’ambiance de fin de règne» et, ainsi, participer à cette bataille de succession. Et d’autres vont plus loin en pariant que ABC entend «se dresser contre tout autre candidat du parti désigné par Macky Sall». Mais le premier ministre des Affaires étrangères de Macky Sall, «le géniteur de l’Apr» comme il le revendique lui-même, n’entend pas quitter le parti présidentiel. «Je resterai à l’Apr bien sûr. Quand même, je l’ai créée et vous voulez que j’aille ailleurs. Je ne vois pas de raison d’aller ailleurs», insiste-t-il. Alors au plus haut sommet, ce futur retour politique de ABC est vite interprété comme le sifflement d’un autre «dauphin» dans la mer agitée de l’Apr. Et il ne se fera pas beaucoup d’amis puisqu’il y a encore peu de temps, certains de ses camarades les plus influents réclamaient sa démission de ses fonctions de médiateur à cause de ses sorties «incompatibles avec ses charges». Le chef de l’Etat lui-même a dû, un temps, faire lancer une allusion dans ce sens en constatant que «de plus en plus, le devoir de réserve tend à disparaître». Sans doute, si ce n’était pas son mandat de 6 ans irrévocable, Alioune Badara Cissé aurait subi un autre sort. On se rappelle encore le communiqué de Seydou Guèye qui, implicitement, invitait le chef de l’Etat à relever le médiateur de ses fonctions. Ou alors, au chef de l’Apr de l’exclure du parti. «Si Monsieur Cissé (ABC) veut retrouver le terrain politique de la contestation, il devrait se décharger de ses fonctions de médiateur de la République. A défaut, le Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République demande au président de la République d’en tirer toutes les conséquences et de mettre un terme à cette confusion de rôles», avait écrit le porte-parole de l’Apr. Qui voyait dans ses sorties «récurrentes» du médiateur un «positionnement politique militant, incompatible avec son statut». Entre-temps, ABC et Macky Sall ont dû accorder leurs violons, surtout à quelques mois de la Prési­dentielle du 24 février 2019.

Cissé Lô «prétexte» d’un voyage au Maroc, Moustapha Diakhaté pas invité
A cette rencontre, il y a aussi les absences remarquées de Moustapha Cissé Lô et Moustapha Diakhaté. Le premier vice-président de l’Assemblée nationale a été bel et bien invité à ces retrouvailles, mais il n’y a pas été. «Il a prétexté d’un voyage au Maroc pour ne pas y être», affirment des sources apéristes qui n’y voient ni plus ni moins qu’un «un pied de nez» et «un manque de respect notoire» à l’endroit du chef de l’Etat. Alors, Moustapha Diakhaté, lui, a-t-il été zappé ? Apparemment, le chef de l’Etat n’a pas encore digéré ses sorties qui «sortent de la ligne de l’Apr et de Bby» et qui lui ont coûté d’ailleurs son poste de ministre auprès du président de la République. «J’étais à Touba le samedi. Je n’étais pas au courant de cette réunion et je n’ai pas reçu d’invitation en tout cas», a dit l’ancien président du groupe parlementaire de Bby joint par téléphone.

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