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C’est presque un constat d’échec. Deux ans après l’entrée en vigueur de la loi interdisant la production, l’importation, la détention et la distribution de sachets plastiques de faibles microns, le produit est toujours présent sur le marché. Le ministère de l’Environnement a présenté hier un projet de décret d’application pour le suivi de cette loi. Mais selon les services du Commerce intérieur, le projet d’application comporte beaucoup d’insuffisances. Ils ont plaidé pour une large concertation.

Les sachets plastiques vont encore inonder le marché et envahir l’environnement. Ce, deux ans après l’entrée en vigueur de la loi interdisant la production, l’importation, la détention et la distribution de sachets plastiques de faibles microns. Le ministre de l’Environnement et du développement durable qui procédait hier à la mise en place d’un comité de suivi et d’évaluation de cette loi l’a reconnu devant ses services : «Le changement espéré n’est toujours pas observé», indique-t-il. Le président de l’Association des vendeurs de sachets plastiques parle de responsabilité partagée et indexe les services de la douane, les importateurs et les vendeurs qu’ils sont. Quant au directeur du Commerce intérieur, il souligne des contraintes qui, selon lui, rendent impossible le contrôle. «Sans un appui en moyens, nous ne pouvons pas intervenir», plaide-t-il devant Abdoulaye Bibi Baldé.
Pour lever toutes ces difficultés et permettre une mise en application de la loi, le ministre a convoqué les parties prenantes, notamment les services des douanes, ceux du ministère de l’Environnement et aussi du Commerce intérieur, des acteurs de l’industrie de la plasturgie, des vendeurs de plastiques ainsi que la police et la gendarmerie. Une occasion saisie par le conseiller technique du ministre de l’Environnement pour présenter le projet de décret d’application qui accompagne la mise en application de la loi. Mais là aussi, les choses ne sont pas simples. Puisque les responsables du commerce ont soulevé beaucoup d’insuffisances. Pour Ibrahima Sarr, chef de la Division de la métrologie à la direction du Commerce intérieur, le projet de décret passe sous silence beaucoup de points essentiels pour son application. Il donne l’exemple des laboratoires qui, selon lui, doivent être agréés. «Le décret ne dit pas l’autorité qui va se charger d’agréer ces laboratoires. Aussi, les procédures d’agrément ne sont pas évoquées dans le document présenté», relève-t-il. Le chef de la Division de la métrologie attire l’attention du ministre de l’Environnement sur les tarifs des laboratoires qui doivent être homologués puis­que, indique-t-il, notre pays dispose de trois régimes juridiques de prix. Autre insuffisance, le décret n’évoque pas le sort des lots non conformes à la réglementation. «On ne sait pas s’il s’agit de la saisie, la confiscation ou la destruction. Ce sont là autant de questions qui nous interpellent et qui peuvent plomber l’action des services du contrôle pour lequel nous de­vons avoir des solutions», souligne-t-il.
Le ministre Abdoulaye Bibi Baldé, écoutant les suggestions et critiques, promet de partager le projet de décret qui n’est pas encore adopté. Il souligne aussi que les prochaines rencontres permettront aux membres du comité d’apporter des correctifs afin que la loi puisse être appliquée pour le bien de tous. En attendant, il a distribué 12 micromètres aux services des douanes et du Commerce intérieur pour vérifier le respect de la micronisation.
ndieng@lequotidien.sn

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