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S’estimant licenciés abusivement, des agents des autoroutes à péage Ila Touba et Aibd-Mbour réclament un audit de leur ancienne société, tout en invitant le ministre des Infrastructures et des transports terrestres, Oumar Youm, à s’autosaisir. Le cabinet Inteliman, qui soutient avoir recruté ces travailleurs, dément le caractère abusif du licenciement et annonce le dépôt d’«une plainte pour vol et abus de confiance».

En conférence de presse, le Collectif des licenciés des autoroutes à péage Ila Touba et Aibd-Mbour avait dénoncé la forfaiture dont ses membres sont victimes depuis quelques mois. Serigne Fallou Fall, porte-parole dudit collectif, déclarait : «Nous étions employés dans les différents postes de l’autoroute à péage Ila Touba et Aibd-Mbour, avant d’être licenciés après  plusieurs mois de travail, car nous n’avions pas de contrats de travail. Et jusqu’au moment où  je vous parle, il n’y a personne qui a un contrat légalement constitué. Ce qui demeure une injustice grave.» M. Fall poursuit pour informer qu’il était prélevé d’importantes sommes «sur (leurs) salaires, disant qu’ils allaient verser ça dans les caisses de la sécurité sociale et de l’Ipres, ce qui est archi faux. Puisque je suis allé vérifier et la société n’est même pas connue au niveau de ces  institutions. Je les ai interpellés sur la question et ils m’ont licencié, ce qui ne peut pas prospérer. C’est  pourquoi nous engageons la bataille pour le rétablissement de nos droits».
C’est sur ces bases que le collectif invite le ministre des Infrastructures et des transports terrestres, Oumar Youm, à s’autosaisir «contre ces mauvaises pratiques qui aujourd’hui secouent  les autoroutes à péage. Nous interpellons le chef de l’Etat à commanditer un audit de la gestion des autoroutes».

Le cabinet Inteliman dément
Le cabinet Inteliman, qui soutient avoir recruté ces travailleurs qui revendiquent leurs droits, annonce qu’«une plainte pour vol et abus de confiance a été déposée dans cette affaire. Cette plainte suit son cours devant le procureur de la République». A propos de leurs accusations, le cabinet dément à travers un communiqué. «Faux, les ex-employés ont été licenciés pour vol, faux et usage de faux, abus de confiance et pillage organisé des deniers publics. En effet, le cabinet Inteliman, qui a recruté ces ressources humaines, les a mises à la disposition de la Crbc (Société chinoise de travaux publics) pour l’exploitation des autoroutes. Ce qui signifie que Crbc, qui est le donneur d’ordre, est le seul responsable opérationnel, habilité à demander une promotion ou une sanction négative dans le cadre de l’exploitation», informe le communiqué du cabinet Inteliman. Le cabinet de poursuivre dans le même document : «Contrairement à ce que ces ex-employés, peu vertueux, veulent faire croire, Inteliman ne peut en aucune façon, agir dans la gestion opérationnelle ou licencier sans la demande motivée et justifier de son client. Notre seule prérogative est de veiller à ce que ces licenciements fassent l’objet de rapports détaillés avec des preuves filmés transmis par les auditeurs de notre client Crbc.» «De ce fait, Inteliman garantit que toute la procédure de licenciement a été scrupuleusement respectée et tous les droits au solde de tout compte ont été versés. Seulement, ne souhaitant briser la carrière de ces employés pris en flagrant délit de vol, Inteliman n’a pas souhaité porter plainte pour vol et afficher les photos des coupables dans les médias et dans les différentes gares où ces forfaitures se sont produites. Uniquement pour leur donner la possibilité de tenter leur chance dans d’autres entreprises», ajoutent les responsables du cabinet.
«Par ailleurs, Inteliman dément catégoriquement les allégations non fondées sur le montant que ces individus déclarent qu’on leur a prélevé sur leurs salaires et nous demanderons à qui le souhaite de disposer des bulletins de ces 13 personnes pour avoir la vérité sur ces montants. Ainsi, vous comprendrez jusqu’où va la malhonnêteté de ces personnes qui ont bénéficié de prêts du cabinet et qui ont présenté à la presse un bulletin où la part du prêt retirée, venait gonfler le montant des charges», indique encore la structure représentant la société Ageroute.
Toujours dans son communiqué, Inteliman mentionne : «Nous rassurons tous nos employés que toutes les attestations de Sécu, d’Ipres et même de quitus fiscal sont disponibles dans nos locaux et leur seront présentées au moment opportun. Ceci leur prouvera jusqu’où peuvent aller ces individus pour se venger du cabinet qui n’a fait qu’appliquer le Code du travail devant la faute grave que constitue le vol.» A noter que le dossier a atterri au niveau du Tribunal où les deux parties vont devoir se retrouver devant le juge pour s’expliquer.

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