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La conférence sociale devait permettre de valider les accords passés avec le Saes sur la retraite. Seulement, pour les membres du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes), les conclusions sur cette question montrent que le gouvernement ne va pas respecter l’engagement qu’il avait pris avec eux en mai 2016. Le Saes qui a déterré la hache de guerre demande le respect de cet accord.

Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) joue les prolongations de la conférence sociale tenue les 24 et 25 avril derniers. Se basant sur les conclusions de cette conférence sur la retraite, le Saes dénonce le non-respect des accords signés avec le gouvernement sur cette question. En conférence de presse hier, le secrétaire général du Saes a fait savoir que le gouvernement s’est dédit sur les engagements qu’il avait pris. Expliquant les points de désaccord, Pr Malick Fall informe qu’a l’issue de cette conférence sociale, les autorités ont proposé de «mettre en place une retraite complémentaire en proposant 4% de cotisation, mais indexés au salaire brut». De même qu’une retraite supplémentaire indexée sur le salaire brut en prenant 3% de l’augmentation de l’assiette de cotisation pour les 38%. Ce qui, d’après le syndicaliste, est contraire à l’engagement qu’il avait pris avec eux. «Ils ont commis l’imprudence de dire que c’est pour combler le déficit du Fonds national de retraite (Fnr). Est-ce que c’est nous les travailleurs qui avons commis ce déficit ? Il leur appartient d’avoir une vision prospective et de prévision. Ils ne l’ont pas fait, ils ont laissé le Fnr décliner. Pourquoi faire porter ce pourcentage de 3% aux travailleurs ? Nous avons dit non», a-t-il soutenu. Dans ses explications, Pr Fall souligne que les autorités, lors de cette conférence sociale, «ont fait venir un conférencier qui est l’expert attitré de tout ce qui est retraite complémentaire en Afrique. Il a dit que le taux de 35%, c’est le plus élevé qu’il ait vu dans toute l’Afrique et qu’il serait surpris qu’on aille au-delà». Pour le secrétaire général du Saes, ils sont d’accord pour cotiser plus, mais pas à ce que l’Etat indexe leurs cotisations sur le salaire brut. «Nous avons l’impression que c’est les 300 mille F Cfa qui constituent la prime la plus petite que Abdoulaye Wade nous avait accordée qu’ils veulent prendre. C’est pourquoi ils ont calculé l’indexation sur le salaire brut», a-t-il dénoncé.  Lors de cette rencontre, les syndicalistes du Saes ont rappelé qu’ils n’avaient pas fait de proposition sur le pourcentage de retraite quand ils signaient l’accord avec le gouvernement. «Nous avions juste demandé une retraite décente. Nous avions donné des mécanismes d’amélioration de la pension de retraite. Le gouvernement, après avoir consulté les conseillers techniques du ministère de l’Economie et des finances, après avoir fait toutes les simulations, est sorti pour nous dire que nous avons la possibilité de vous donner 85% de votre dernier salaire. Ce n’est pas un engagement pris par le Saes. C’est son engagement et il doit le respecter», a encore dit le secrétaire général du Saes.
Il faut rappeler qu’avant cette conférence sociale tenue en avril dernier, le Saes avait conclu le 17 mai 2016 avec le gouvernement un accord contenant des propositions d’amélioration de la pension de retraite des enseignants du supérieur. Celles-ci concernaient, entre autres, la mise en place d’une retraite complémentaire, d’une retraite supplémentaire, l’abrogation de la loi du principe de l’écrêtement et d’un nouveau processus de suivi et de pilotage du système de retraite. Pour le Saes, «tout cela devait être validé par la conférence sociale programmée et reportée plusieurs fois». Le Saes déplore ainsi que des rencontres sectorielles ne soient pas tenues avant cette conférence sociale qui devait seulement être une «instance de validation». Pour lui, malgré sa bonne volonté à œuvrer pour l’apaisement de l’espace universitaire, le gouvernement tarde à respecter ses engagements. Selon le secrétaire général de ce syndicat, «le Saes assume pleinement sa détermination à œuvrer pour le respect des engagements pris par le gouvernement». D’après Malick Fall, s’ils doivent aller en grève, ils le feront «sans état d’âme». Mais, souligne-t-il, tout dépend de la disponibilité des autorités à ouvrir des négociations sur cette question.
dkane@lequotidien.sn

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