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Awa Marie Coll Seck, présidente du Cn-Itie.

De 126,7 milliards en 2017, les revenus générés par les industries extractives ont chuté à 122,2 milliards de francs Cfa en 2018. Soit un fléchissement de 4,5 milliards de francs Cfa, lié, d’après le rapport 2018 du Comité national Itie du Sénégal rendu public hier, par «la baisse des contributions du secteur pétrolier qui passent de 19,3 milliards à 8,7 milliards de francs Cfa».

Les secteurs des mines, du pétrole et du gaz ont généré des revenus estimés à 122,2 milliards de francs Cfa pour l’année 2018, contre 126,7 milliards en 2017, soit un léger fléchissement. «Cela est dû notamment à la baisse des contributions du secteur pétrolier qui passent de 19,3 milliards à 8,7 milliards de francs Cfa. Ledit secteur avait enregistré  des paiements exceptionnels en 2017 avec la signature des contrats de Total, notamment le bonus de signature et financement de l’Inpg», explique-t-on dans le rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives du Sénégal (Itie) 2018 rendu public hier. Le document, qui a fait l’objet de partage, révèle qu’au même moment, les revenus du secteur minier sont en hausse passant de 106 milliards en 2017 à 113,5 milliards de francs Cfa en 2018. «Cela s’explique par la hausse des productions d’or, de minéraux lourds et des cours mondiaux de ces produits miniers», mentionne le document du Cn-Itie.
La part du secteur minier est estimée à 113,5 milliards et celle des hydrocarbures à 8,7 milliards de francs Cfa. Selon le rapport, les entreprises emploient 8013 personnes, soit 0,3% du total de la population active dont 7636 personnes de nationalité sénégalaise, soit encore 95% des effectifs des entreprises extractives en 2018. Les femmes représentent environ 9% de l’effectif global des employés, 674 plus exactement de femmes travaillent de façon directe dans le secteur.
Le rapport couvre l’ensemble des revenus provenant de toutes les entreprises extractives détentrices d’un titre actif au 31 décembre 2018. Il s’agit des entreprises dont le total des paiements est supérieur à 200 millions de francs Cfa ainsi que les sociétés impliquées dans les transactions de troc ou dans des cessions de titre minier. Le Comité national de l’Itie a retenu 25 entreprises dans le périmètre de réconciliation du rapport dont 17 entreprises publiques et privées en production et en exploitation inscrites au cadastre minier et 8 entreprises publiques et privées en production et en exploitation inscrites au répertoire pétrolier.

999 milliards payés aux fournisseurs
La contribution globale des entreprises extractives au budget national est évaluée à 110,1 milliards Cfa pour 2018. Dans cette somme, le montant total payé aux fournisseurs locaux et étrangers s’élève à 999 milliards dont 445 milliards aux fournisseurs locaux. Les nationaux sont au nombre de 4040 dans le secteur extractif sur un total de 5825 fournisseurs contractés par les entreprises minières et pétrolières en 2018. Les paiements sociaux au profit des communautés est de 2 milliards. Le rapport met en évidence une contribution du secteur extractif dans les exportations évaluée à 41,7% en 2018, et dans le Pib, 2,2%.
En termes de dépenses sociales, les sociétés extractives ont déboursé 2 milliards 23 millions 79 mille 174 francs Cfa, dont 1 milliard 86 millions, 538 mille 691 francs Cfa en paiements sociaux obligatoires.
S’agissant des effectifs des employés du secteur extractif, le rapport fait état de 8013 personnes en 2018 dont 95% sont des nationaux.

Recommandations
Le rapport de l’année fiscale 2018 a formulé des recommandations au Comité national de l’Itie, au ministère des Mines et de la géologie et au ministère des Finances. Au Comité national de l’Itie, le rapport invite à entreprendre des actions nécessaires pour sensibiliser les parties prenantes à divulguer des informations. Le rapport recommande au ministère des Mines d’élaborer et de rendre public un manuel de procédure relatif à l’octroi des titres et permis, au suivi des opérations et au recouvrement des recettes. Quant au ministère des Finance, il est appelé à élaborer un guide pour la mise en place d’un modèle de calcul des coûts en amont de la phase d’exploitation.
D’après la présidente du Cn-Itie, «certaines recommandations sont en cours de mise en œuvre par les différents services concernés, notamment la mise en place d’un système de télé-déclaration et d’une base de données du secteur extractif pour une meilleure traçabilité des revenus», entre autres. Mais affirme Awa Marie Coll Seck, «d’autres recommandations requièrent des efforts supplémentaires. C’est le cas de l’opérationnalisation du Fonds d’appui et de péréquation qui permettra de rassurer davantage les communautés de base».

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