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Quelques notes discordantes émises dans l’élaboration de la Revue annuelle conjointe 2017 (Rac) de la politique économique et sociale. Sur pas mal de secteurs les collectivités locales, la santé, l’emploi des jeunes, des acteurs ont exprimé des désaccords. Pour les collectivités locales, les indicateurs présentés dans la revue, ne prennent pas en compte leur problème. Le représentant de la Bad relève pour sa part des «d’erreurs» et un «déphasage» entre les informations relayées concernant le (Papej) et le projet du parc de technologie numérique dans la revue et la réalité. Le Secrétaire général du ministère a promis de revenir sur ses remarques avec ses services.

L’atelier de validation technique de  la Revue annuelle conjointe 2017 (Rac) de la politique économique et sociale tenu hier a été l’occasion pour les acteurs d’émettre des notes discordantes sur les performances de la politique économique et sociale. Le représentant des collectivités locales, Adama Diallo, président du Conseil départemental de Gossas, n’a pas pris de gants pour commenter les résultats présentés par le coordonnateur de la Direction de la planification et des politiques économiques, Mayacine Camara. Pour lui, «les indicateurs proposés pour cette revue ne nous semblent pas assez exhaustifs pour prendre en charge les problèmes des collectivités locales». Il profite de cette tribune pour glisser quelques indicateurs qui, selon lui, pourraient être très pertinents pour évaluer la bonne gouvernance, la bonne gestion et la transparence dans les collectivités locales. La fiscalité locale par exemple. «C’est une promesse faite aux départements depuis 2014», rappelle-t-il. Pourtant, «nos mandats vont finir sans que cela n’aboutisse. On ne comprend pas pourquoi ça bloque. Or, tout le monde sait que les départements ne peuvent pas vivre des transferts de l’Etat. Car sur les 3 mille milliards du budget, les collectivités locales n’en reçoivent que 42,5mil­liards», se désole le président du Conseil départemental qui a parlé au nom de ses pairs. Il plaide ainsi pour un transfert de 2 à 3% indexé sur le budget de l’Etat et réclame la généralisation du Budget consolidé d’investissement (Bci).
Le représentant de la Banque africaine de développement s’est agacé des informations contenues dans la revue sur le Projet d’appui à la promotion de l’emploi des jeunes (Papej) et celui du parc de technologie numérique financé par la Bad. Le représentant de la Bad, renvoyant l’assistance à la page 25 de la revue, a souligné que les informations relayées dans cette revue ne correspondent pas à la réalité. Il trouve «facile» cette façon de faire et demande à ce que cette partie de la revue qui concerne ces deux projets soit reprise.
Le représentant de l’Orga­nisation mondiale de la santé a axé son intervention sur les objectifs qui ne sont pas atteints, notamment sur la Couverture maladie universelle, le problème d’accessibilité aux soins de santé. Pour le représentant de l’Oms, «l’Etat doit mettre d’abord le focus sur la qualité des soins. Car la Couverture maladie universelle, c’est d’abord la qualité des soins. La Cmu se fera, parce qu’il y aura des prestataires et des prestations. Donc il faut renforcer l’offre». Pour cela, note-il, il faut recruter. «Vous pensez que mille agents de santé recrutés c’est énorme. Il faut rapporter ce chiffre au gap et vous allez voir que ce n’est pas suffisant», argue-t-il. Le représentant de l’Oms en veut pour preuve la région de Tambacounda qui sur 101 postes de santé ne dispose que de 34 sages-femmes. Or, révèle-t-il, il y a un programme un infirmier, sage-femme dans les postes de santé du Sénégal. Le financement est disponible depuis le 7 mars. «Je pense qu’il faut faire vite et aller en ce sens», conseille l’Oms.
Le Conseil économique social et environnemental (Cese) relève des écarts de chiffres sur l’industrie extractive. «Entre les chiffres de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) et les chiffres contenus dans la revue, il y a des écarts», note le représentant du Cese. Il a aussi invité le ministère à s’intéresser à la question foncière qui, selon lui, constitue un enjeu stratégique.

Un taux de croissance de 6,8% projeté en 2018
Des commentaires qui ont douché un peu les ardeurs de Mayacine Camara qui, dans sa présentation, a peint un tableau macro-économique assez reluisant. Le représentant du ministre de l’Economie des finances et du plan, Cheikh Tidiane Diop, a indiqué que les remarques et commentaires seront pris en compte. D’ailleurs, note-t-il, c’est l’objet de la rencontre. Tout de même, le ministère s’est félicité des efforts et des performances du Sénégal. Le coordonnateur du Dgppe a souligné la baisse du déficit budgétaire en 2016 de 4,2% contre 4,7% en 2015. Mais aussi du taux de croissance de plus de 6% enregistré ces deux dernières années, alors «que depuis plus de 30 ans, notre pays n’a jamais dépassé la barre des 5%», soutient-il. Une performance selon lui, mais le plus dur c’est de maintenir le taux de croissance dans la barre des 6% et pour 2018, notre pays se projette à 6,8%.
ndieng@lequotidien.sn

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