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La revue combinée du Document stratégie-pays (Dsp) 2016-2020 et du portefeuille de la Banque africaine de développement (Bad) au Sénégal a montré que d’importants progrès ont été accomplis dans la mise en œuvre des opérations. Mais des efforts restent encore à faire sur certaines questions, notamment les décaissements, la réduction des délais de passation des marchés et de signature des contrats…

Même si la situation globale du portefeuille des projets de la Banque africaine de développement (Bad) au Sénégal s’est améliorée, des efforts restent encore à fournir sur certaines questions. Le gouvernement devrait faire plus d’efforts, par exemple, dans les décaissements, la mobilisation des ressources internes liée à la mobilisation des fonds de contrepartie, la réduction des délais de passation des marchés et la signature des contrats, mais également dans les dispositions relatives à la défaillance des entreprises chargées de l’exécution des travaux financés par la Bad.
Sur la mobilisation des ressources internes, le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des finances et du plan, en charge du Budget assure que «les régies financières sont concernées et des stratégies sont en train d’être mises en place pour relever le taux de pression fiscale». «Relever le taux de pression fiscale ne signifie pas plus d’impôt. C’est d’aller vers les niches qui sont concernées par le dispositif fiscal existant. Nous avons également noté l’impérieuse nécessité d’aller vers plus de rigueur dans le suivi-évaluation et de renforcer par tous les moyens le dynamisme que nous connaissons dans le cadre de ce partenariat entre la Bad et le gouvernement pour améliorer les performances.
C’est pourquoi, j’ai demandé à mes services de trouver des solutions aux problèmes identifiés et qui relèvent de notre responsabilité», précise Birima Mangara.
Malgré tout, indique le ministre, après deux ans de mise en œuvre, «le Dsp du Sénégal a surtout bénéficié des ressources du guichet Bad, même si une mobilisation accrue des ressources au guichet Bad s’est opérée avec notre nouveau statut de pays mixte.
Rien que sur l’année 2018, un montant record de 377,52 milliards de francs Cfa est en cours de mobilisation et le montant total de ressources mobilisées à mi-parcours s’élève à 628 milliards de francs Cfa».

Taux de décaissement jugés faibles
Fruit d’une concertation entre le gouvernement et la Bad, renseigne Mme Marie Laure Akin-Olugbade, Directrice générale du Bureau régional de développement et de prestation de services pour l’Afrique de l’Ouest, «l’actuel Dsp, qui couvre la période 2016-2020, est axé autour de deux piliers à savoir, l’appui à la transformation agricole et le renforcement des infrastructures de soutien à la production et à la compétitivité, notamment l’énergie et les transports».
Quid du portefeuille actif de la Banque au Sénégal ? M. Man­gara informe qu’il «comprend, au 30 juin 2018, 28 opérations pour un volume total net d’engagements de 640,54 milliards de francs Cfa ; dont 537, 72 milliards de francs Cfa pour le secteur public et 102,82 mil­liards de francs Cfa pour le secteur privé.
Le portefeuille du secteur public comprend les projets nationaux et les opérations régionales. Le portefeuille des projets nationaux actifs comprend 18 opérations pour un volume total net d’engagements de 478,21 milliards de francs Cfa».
Mais le taux de décaissement a été jugé faible. Il n’est que de 20,6%. Cela d’après le ministre, est lié au «fait que le portefeuille est relativement jeune avec un âge moyen de 3 ans».
La répartition sectorielle des projets nationaux, selon le ministre, «montre que 70,3% des financements octroyés par la Bad vont dans le secteur des ‘’Infra­structures’’ qui occupe une part importante de l’enveloppe allouée au Sénégal. Parmi les projets phare du secteur, on peut citer Train express régional approuvé en juin 2017 et dont le taux actuel de décaissement est de 20,9%. Les autres secteurs du portefeuille portent respectivement sur ‘’l’Eau et assainissement ‘’ avec 13,3% des financements ; le Secteur rural (11,6%) ; le Social (4%) et la Gouvernance (0,8%)».
Quant aux opérations régionales qui impactent le Sénégal, il rappelle «qu’elles portent sur 4 projets pour un montant cumulé de 59,51 milliards de francs Cfa. Les opérations financées concernent le secteur des ‘’Infra­structures’’ (70,5%) et le Secteur rural (29,5%). Le taux moyen de décaissement de ces opérations est d’environ 20%.
Ces projets multinationaux concernent le Sénégal ainsi que d’autres pays de la sous-région, notamment la Gambie, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, la République de Guinée et le Mali».
Parmi ces projets, il cite «la construction du pont trans-gambien pour l’amélioration du transport transfrontalier dont l’inauguration par les deux chefs d’Etat est programmée en décembre 2018».
S’agissant du guichet du secteur privé de la Banque au Sénégal, les engagements sont estimés à «environ 106,96 milliards de francs Cfa avec un taux de décaissement global de 96,5%.
Ces opérations portent sur les projets suivants : l’Autoroute à péage Dakar-Diamniadio (Phase1), l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd); la Centrale électrique de Sendou et le Projet rizicole de la Compagnie agricole de Saint-Louis du Sénégal (Casl)».
dialigue@lequotidien.sn

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