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Ali Mansoor, chef de mission du Fmi.

Sur les agrégats macroéconomiques, le Fonds monétaire international (Fmi) considère que le «Sénégal se porte très bien». Mais l’institution de bretton woods demeure préoccupée par la qualité des dépenses publiques.

Les performances macroéconomiques du Sénégal «restent bonnes en 2016, avec un taux de croissance du Pib au-dessus de 6% pour la deuxième année de suite, une inflation relativement faible, en raison notamment de la faiblesse des cours mondiaux du pétrole et du bon approvisionnement des marchés en produits céréaliers…». En  2017, «les perspectives restent positives avec un taux de croissance qui devrait encore se situer au-dessus de 6%».
Malgré tout, la mission du Fonds monétaire international, dirigée par Ali Mansoor, qui a bouclé hier, la 4e revue de l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe) approuvé en juin 2015, attire l’attention des autorités sur la politique budgétaire, notamment sur la qualité des dépenses, entre autres. «L’émergence est une course de fond et non une course de vitesse. Et dans une course de fond, l’important est de pouvoir tenir la distance. Il ne faut pas courir très vite. Il faut avoir un rythme qui permet de pouvoir réaliser ce que le gouvernement veut réaliser, sans avoir un problème d’endettement, en faisant attention à la qualité des dépenses, s’assurer que tout un chacun paye sa part au niveau des impôts», a dit Boilo Loko, représentant résident du Fmi au Sénégal.

«La dette publique à fin décembre 2016, est plus élevée
que prévu»
L’équipe du Fonds a «noté que la dette publique à fin décembre 2016 est plus élevée que prévu, en raison notamment du dégonflement des soldes créditeurs des comptes de dépôts et des avances que le gouvernement apporte au groupe de la Poste depuis plusieurs années». M. Mansoor et son équipe encouragent ainsi, le gouvernement «à prendre les mesures idoines pour renforcer la gestion de la Trésorerie et éviter que les entreprises publiques pèsent lourdement sur les finances publiques et sur l’économie». Les experts attirent également «l’attention des autorités sur leur engagement, à privatiser la Sonacos et à réduire le nombre des agences publiques».
Pour atteindre les objectifs de croissance fixés dans le Plan Sénégal émergent (Pse), le Fmi considère qu’il «serait plus efficient de consacrer les dépenses publiques prioritairement à l’investissement public, y compris en capital humain, et à l’inclusion sociale». Pour ces fonctionnaires internationaux, «atteindre les objectifs du Pse requiert aussi, une accélération des réformes pour promouvoir l’investissement privé, y compris étranger». Car, soutient Ali Mansoor, «une croissance exclusivement tirée par l’investissement publique ne peut en effet être soutenable». A cet égard, la mission a noté avec «satisfaction, les progrès réalisés en la matière, notamment le vote de la loi relative à la Zone économique spéciale (Zes)». Le Fmi encourage ainsi, le gouvernement «à finaliser le plus rapidement les décrets d’application et les dernières démarches nécessaires au démarrage effectif de la Zes, tout en s’assurant que le régime fiscal permet de mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre du Pse». M. Mansoor et ses collègues demandent également, à l’Etat   «d’accélérer les réformes en cours pour la promotion des Pme, afin que ces dernières puissent jouer pleinement leur rôle à savoir contribuer à une croissance forte et inclusive et créer des emplois».
dialigue@lequotidien.sn

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