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La première phase du Projet pistes communautaires du Programme national de développement local (Ppc/Pndl) affiche des réalisations importantes en termes d’infrastructures sociaux de base et de pistes rurales. Mais une des contraintes reste la timidité de la mobilisation de la contrepartie de l’Etat

Au Sénégal, 90% de la population se déplacent grâce aux pistes rurales. Elles polarisent également 3/4 des flux de marchandises. Ce qui fait des infrastructures routières les principales préoccupations des collectivités locales de l’intérieur du pays. La première phase du Projet pistes communautaires (Ppc) du Programme national de développement local (Pndl) vise à remédier à cette situation. Selon le directeur de Cabinet du ministre de la Gouvernance locale, du développement et de l’aménagement du territoire, Alassane Mbengue, «le projet a fait la preuve de son efficacité». Le Ppc/Pndl qui a procédé hier à une revue à mi-parcours de ses résultats affiche des taux de décaissement de 84% sur le financement de la Banque africaine de développement (Bad) et de 52% pour celui du Fonds de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (Ofid). Le projet, d’un montant global de 34,9 milliards de francs Cfa, bute sur la frilosité de l’Etat du Sénégal dont la contrepartie n’a été mobilisée qu’à hauteur de 32%. Une situation que le directeur de Cabinet de Abdoulaye Diouf Sarr s’est engagé à corriger pour ne pas compromettre les 18 prochains mois de vie du projet. «Il faut assurer le défi de la pérennisation et de la durabilité», exhorte M. Alassane Mbengue qui se réjouit que le Ppc/Pndl ait permis une meilleure polarisation des infrastructures socio-économiques, une plus grande connectivité entre les zones de production et les marchés, la création d’emplois et l’amélioration de la mobilité. Cette première phase du Ppc/Pndl a aussi permis de renforcer l’intercommunalité dans la mesure où plusieurs projets de pistes sont portés par plusieurs communes, se réjouit M. Mbengue.
La première phase du Ppc/Pndl qui vient de s’achever a permis de nombreuses réalisations, selon le responsable pays par intérim de la Banque africaine de développement (Bad), M. Toussaint Houeninvot. «Les travaux de pistes ont tous débuté, dont un linéaire total de 537 km déjà achevés, dont 358 km réceptionnés. Les effets sur les populations commencent à se sentir à travers l’amélioration de la mobilité des 160 mille 440 habitants des 512 villages polarisés, répartis dans 27 communes et une progression des indices route. Il s’agit de performances à mettre en valeur, aussi bien pour le pays que pour la banque», se réjouit M. Houeninvot.
En plus de ces pistes, le Ppc a permis la réalisation d’infrastructures. En effet, le projet a signé quelque 25 conventions de financement avec des communes pour un montant global de 883 millions 349 mille 998 francs Cfa qui vont permettre la mise en place de 36 plateformes multifonctionnelles, 15 magasins de stockage, 14 périmètres maraîchers, 2 parcs à fourrière, 1 quai d’embarquement, un foirail et 11 marchés ruraux. En outre, avec la création de pistes rurales, le Ppc qui a permis la création de plus de 1 000 emplois a initié une dynamique coopérative dans les zones impactées. Ainsi, 22 coopératives dont les 14 ont fait l’objet d’immatriculation et d’un accompagnement de 70 millions de francs Cfa ont été mises en place pour impulser le développement économique. De même, plus de 1 300 jeunes regroupés dans 46 comités de gestion ont été formés sur les techniques d’entretien des pistes rurales. Pour la seconde phase 2016-2018, plus de 2 000 villages repartis en 67 communes sont ciblés. Soit une population de 782 mille 715 personnes. Au total, cette deuxième phase va concerner 500 kilomètres de pistes.
mamewoury@lequotidien.sn

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