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Le journal Le Quotidien a lancé le vendredi 27 janvier 2017 à Dakar la première édition d’une nouvelle activité intitulée «Les Grandes conférences du Quotidien». Les Grandes conférences se veulent un cadre ouvert de rencontres, d’échanges et de débats pluriels. Des débats libres qui portent sur des problématiques d’intérêt national ou international. L’initiative vise à participer et à contribuer à la mise sur pied d’un débat public et démocratique sur des thématiques qui suscitent de l’intérêt.  La première édition a été l’occasion de mettre en discussion la politique minière du gouvernement du Sénégal. C’était une tribune pour mettre face-à-face tous les acteurs du secteur minier avec les autorités publiques en charge de ce secteur, mais aussi avec des hommes politiques et des experts et cadres de la société civile. On peut dire qu’il n’est pas courant de voir se tenir un débat aussi large, ouvert et contradictoire sur les politiques minières au Sénégal. Tous les acteurs ont eu la latitude de s’exprimer librement et à leur convenance. Le Pr Ismaïla Madior Fall, président de la commission nationale pour l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie), par ailleurs ministre-conseiller juridique du président de la République, modérateur des discussions, a fait montre d’ouverture et de patience. Tous les acteurs sont sortis de la conférence satisfaits et en redemandent sous le même format et sur d’autres thématiques. Le ministre de l’Industrie et des mines, Aly Ngouille Ndiaye, a eu l’occasion, avec ses différents services, d’expliciter les activités de son département et surtout la philosophie qui guide l’adoption d’un nouveau Code minier par l’Assemblée  nationale en novembre dernier. Mieux, le gouvernement a pu mesurer la perception que les acteurs du secteur minier, opérateurs industriels comme artisanaux, amis ainsi que les populations autochtones des sites d’exploitation minière et leurs élus ont de la nouvelle législation minière. De fortes attentes ont été exprimées. Par ailleurs, un fort moment d’échange démocratique a été noté par exemple, quand le syndicaliste Mbaye Faye Lèye, représentant le parti Alliance pour la citoyenneté et le travail (Act) de l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye, a eu à fustiger ce qu’il a considéré comme des avatars de la gestion des ressources du sous-sol par le régime du Président Macky Sall. Mbaye Fall Lèye mettra les pieds dans le plat en se faisant l’écho des récriminations du président de son parti et a dénoncé que des concessions puissent être accordées dans le secteur du pétrole et du gaz à des sociétés au capital de 10 millions de francs Cfa. Il considère une telle situation comme aberrante. Le ministre de l’Industrie et des mines ne se fera pas prier pour mettre à profit cette tribune afin de remettre les pendules à l’heure. Aly Ngouille Ndiaye a considéré qu’il lui semblait malvenu que le parti de Abdoul Mbaye pose un débat pareil, d’autant que le leader de l’Act a été actionnaire d’une société minière exploitant de l’or et cela, jusque bien après son départ du gouvernement, alors que ladite société bénéficiait d’une concession d’exploitation aurifère avec un capital de 10 millions de francs Cfa. La «Grande conférence du Quotidien», à laquelle ont participé des cadres politiques du pouvoir comme de l’opposition, a pu servir à de pareilles joutes assez instructives. Sur un autre registre, des représentants d’organisation citoyenne et des citoyens lambda, venus de régions comme celle de Ké­dougou par exemple, ont eu l’occasion d’interpeller le gouvernement et les opérateurs miniers sur leurs attentes pour ne pas dire leurs doléances. Les populations qui se sont exprimées ont manifesté leurs préoccupations quant à la dégradation de leur environnement du fait des activités minières et surtout plaidé pour que les opérateurs miniers développent des stratégies pour embaucher des travailleurs autochtones dans les mines et pour faire profiter les commerçants locaux des achats effectués pour le compte des personnels et des activités des opérateurs miniers dans leurs zones respectives. Les élus locaux, représentant les différentes associations d’élus locaux, ont passé en revue les politiques en matière de fiscalité opérées dans les activités minières. C’était pour mieux demander que les compagnies minières participent davantage au financement des projets et autres programmes sociaux et de développement dans leurs zones d’intervention.  Un tel débat, tous les participants en demandent et en redemandent. C’est pourquoi il convient d’encourager le gouvernement à ne point se montrer frileux et à accepter de discuter de ses politiques avec les différents acteurs intéressés. Le Pr Ismaïla Madior Fall, séduit par l’expérience et surtout par la richesse des discussions, a souhaité que le format soit poursuivi. Il a témoigné que l’initiative lui semblait s’inspirer d’une expérience qui avait eu cours au Mali et dénommée les «Espaces d’interpellation citoyenne».  Les acteurs politiques et sociaux ne de­vraient pas eux non plus être en reste, car ils auront l’occasion d’échanger directement avec les protagonistes et de ces discussions jaillirait nécessairement la lu­mière.Pour ce qui les concerne, le journal Le Quotidien et ses responsables ont déjà la grande satisfaction d’avoir mis en place un cadre qui permettra d’approfondir le débat public et démocratique. Nous veillerons à la pluralité des débats, mais aussi à leur liberté pour que toutes les opinions s’expriment. Nous donnons la garantie que «qui viendra aura la latitude de se faire entendre». L’opinion jugera de la pertinence et/ou de la justesse de telle ou telle position.

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