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Signalée la première fois à Wuhan en Chine le 31 décembre 2019, l’épidémie à coronavirus connaît une fulgurante progression à travers le monde avec plus de 92 000 cas confirmés et 3300 décès à la date du 3 mars 2020.
On pense néanmoins que les chiffres notifiés ne représentent qu’une fraction du nombre réel de cas amenant ainsi l’Oms à déclarer l’épidémie une urgence de santé publique de portée internationale le 30 janvier 2020.
C’est toute l’économie mondiale qui est aujourd’hui touchée avec un effet négatif sur la croissance en 2020.
Soixante-douze (72) pays sont désormais infectés par l’épidémie au moment où il n’existe pas de vaccin et que le traitement est symptomatique.
A l’heure actuelle, la médecine dite moderne n’a pu juguler la propagation de l’infection malgré les moyens colossaux déployés. Compte tenu des ressources humaines et matérielles limitées dont disposent les pouvoirs publics et de la rapide propagation de la maladie, il est urgent de prévoir des approches nouvelles pour enrayer la progression de cette maladie redoutée. Et l’une de ces approches nouvelles est qu’il est d’usage sur le plan individuel ou communautaire de recourir à la médecine traditionnelle. Il est judicieux sur le plan économique et acceptable du point de vue culturel de prendre en compte l’apport des Praticiens de la médecine traditionnelle (Pmt).
En Afrique, 80% des populations ont recours en première intention à la médecine traditionnelle, selon l’Oms, qui a toujours reconnu l’intérêt que représente cette dernière (médecine traditionnelle) pour développer les services de santé en attirant l’attention sur la réserve de personnel que constituent les Pmt.
Les possibilités offertes par la médecine traditionnelle mais surtout les Pmt dans la mise en œuvre des stratégies visant la prévention et des activités promotionnelles doivent être exploitées judicieusement et efficacement en vue d’arriver à des résultats de changements de comportements favorables à la santé.
Il faut éviter de faire de la gestion de cette épidémie, une affaire d’experts et de spécialistes, si on veut aller vers des résultats positifs et durables, surtout qu’on ne s’explique pas le développement et la progression saisissante du virus. Il faudra des actions concertées et coordonnées avec une forte implication des communautés. Il faut étudier et identifier les meilleurs moyens d’impliquer les Pmt dans la riposte au coronavirus comme le ministère de la Santé et de l’action sociale l’avait fait par rapport à Ebola notamment dans la mise en œuvre des initiatives à base communautaire (Ibc), avec des actions de prévention et de promotion, de services de conseil et de communication.
Les Pmt, constituent un vaste réseau d’agents de santé communautaires qui apportent un soutien aux populations. On doit en tenir compte dans la riposte en les associant aux activités d’information, d’éducation et de communication.
Pour cela, il faut les orienter, les capaciter, pour qu’ils soient motivés et mobilisés afin qu’ils puissent être un lien utile avec la majorité des populations, que la médecine moderne peut difficilement atteindre.
Ainsi, l’idée est de développer une collaboration étroite entre le système traditionnel et le système moderne de prise en charge de la maladie à coronavirus. Il s’agira pour eux, de détecter et de référer précocement tout cas présentant des signes de la maladie.
L’objectif est de faire du Pmt, un élément intégrant l’équipe de santé dans ses activités préventives et promotionnelles mais surtout de renforcer son rôle dans la communauté et d’améliorer sa position et sa pratique.
Alioune AW
Ancien Coordonnateur de la Cellule de Médecine traditionnelle

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