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Pour le délit de «tentative de meurtre», la dame Coumba Bangoura risque 10 ans de prison ferme. Il est reproché à l’accusée d’avoir aspergé de l’essence à son adversaire, Cira Ndiaye. Le délibéré de l’affaire jugée hier en Chambre criminelle est fixé au 11 septembre prochain.

Envoyée en prison à l’âge de 19 ans, la dame Coumba Bangoura risque de recouvrer la liberté à 29 ans. Après avoir passé 6 ans en détention, l’accusée a été traduite hier devant la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Dakar. Dans son réquisitoire, l’avocat général a requis la peine de 10 ans de prison ferme pour «tentative de meurtre». De l’enquête préliminaire à la barre, en passant par l’interrogatoire devant le magistrat instructeur, l’accusée est restée sur sa position. Coumba Bangoura a en effet nié les faits qui lui sont reprochés.
Tout est parti d’une bagarre survenue entre la dame Ban­goura et la partie civile, Cira Ndiaye, dans la nuit du 13 au 14 juin 2011. Cette nuit-là, le quartier Scat Urbam où les faits ont eu lieu était plongé dans le noir à cause de la coupure d’électricité. C’était vers 0 heure 30 minutes.
Informés par le propriétaire de l’immeuble, Oumar Ba, les miliers du poste de police de Grand Yoff se sont transportés sur les lieux. Les faits ont été détaillés dans l’ordonnance de renvoi transmis à l’ex Cour d’assises. D’après les témoins, Coumba Bangoura avait aspergé la plaignante d’essence. Et c’est en voulant brûler vive sa protagoniste, disent-ils, qu’ils sont intervenus pour les séparer. Après le retrait de la boîte d’allumettes des mains de l’accusée, cette dernière s’est précipitée dans la cuisine pour se munir d’un couteau.
Pourtant, l’accusée a insisté dans ses déclarations. «Je n’ai rien fait», clame-t-elle devant le juge et ses assesseurs. «Les témoins ont peur de Cira Ndiaye qui est de nature belliqueuse. C’est pourquoi ils ont plaidé en sa faveur», dit-elle.
Après avoir rappelé que la mise en cause est restée fidèle dans ses «dénégations», le représentant du ministère public a fait comprendre que cela «ne saurait prospérer en l’espèce, d’autant plus que les éléments du dossier sont clairs». Et de poursuivre : «La posture de Coumba Bangoura ne saurait nullement élaguer la constance des faits. L’intention de donner la mort ne souffre d’aucune contestation. Le commencement d’exécution est constant dans ce dossier.» Suffisant alors pour l’avocat général de requérir la peine de 10 ans de prison ferme contre l’accusée.
La défense, quant à elle, est revenue d’abord sur le nœud du problème entre les deux dames. Selon les avocats de l’accusée, c’est la gestion d’un restaurant financé par le copain de Coumba Bangoura, vivant en Italie, qui est à l’origine de cette histoire. Assurant la gestion dudit restaurant, Cira Ndiaye aurait cumulé des arriérés de loyer. Elle aurait aussi détourné les bénéfices.
Dans la matinée du jour des faits, agacée par l’attitude de Cira, dit l’accusée, elle lui a adressé un message en la traitant de «menteuse, de voleuse, d’hypocrite et d’escroc». Pour Me Abdoulaye Sène, «jamais, sa cliente n’avait l’intention de brûler vif son adversaire. On ne peut pas imputer la présence de l’essence à l’accusée. Il n’y a personne dans ce dossier qui déclare que l’accusée à verser de l’essence sur la partie civile à part sa propre sœur».
Pour Me Sène et son confrère, Me Iba Mar Diop, dans cette affaire, c’est leur cliente qui est victime. Ils ont plaidé l’acquittement pur et simple de Coumba Bangoura. L’affaire a été mise en délibéré au 11 septembre.
msakine@lequotidien.sn

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